Guerre

Israël mène une opération sur le plus grand hôpital de Gaza

  • Publié le 18 mars 2024 à 10:03
  • Actualisé le 18 mars 2024 à 11:52

L'armée israélienne a annoncé lundi mener une opération sur l'hôpital al-Chifa, le plus grand de la bande de Gaza où se trouvent "des dizaines de milliers" de déplacés selon le Hamas, des témoins sur place confirmant à l'AFP entendre des bombardements.

Des soldats israéliens "mènent en ce moment une opération ciblée dans la zone de l'hôpital al-Chifa" à Gaza-ville (nord), rapporte lundi matin un communiqué de l'armée israélienne, ajoutant que "l'opération repose sur des informations indiquant l'utilisation de l'hôpital par des terroristes hauts gradés du Hamas".

Sur place, des témoins ont confirmé à l'AFP "des opérations aériennes" sur le quartier d'al-Rimal à Gaza-ville où se trouve l'établissement de santé dans lequel seraient tombés des "éclats d'obus".

Des habitants du quartier ont affirmé que "plus de 45 chars et véhicules blindés de transport de troupes israéliens" étaient entrés dans al-Rimal. Certains rapportent également "des combats" autour de l'hôpital.

L'armée israélienne s'adresse par hauts-parleurs aux habitants en leur demandant de rester chez eux alors que des "drones tirent sur les personnes dans les rues près de l'hôpital", selon des témoins sur place interrogés par l'AFP.

Le service de presse du gouvernement du mouvement islamiste palestinien Hamas a, lui, affirmé que l'hôpital d'al-Chifa était "bombardé", précisant que "des dizaines de milliers de personnes déplacées" se trouvaient dans le bâtiment.

"L'attaque du complexe médical al-Chifa avec des chars, des drones et des armes, et les tirs à l'intérieur de celui-ci, est un crime de guerre", a ajouté la même source.

- L'offensive à Rafah "aura lieu" -

Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée par une attaque sanglante de ce mouvement islamiste palestinien, l'armée israélienne accuse le Hamas de se servir des établissements de santé comme centres de commandement.

L'armée israélienne était entrée dans l'hôpital d'al-Chifa le 15 novembre avant de s'en retirer. Elle avait dit y avoir trouvé "des munitions, des armes et des équipements militaires" du Hamas, ce que le mouvement a démenti. Israël avait également dit avoir découvert sous l'établissement un tunnel de 55 mètres de long utilisé selon lui "pour du terrorisme".

L'hôpital ne fonctionne plus qu'a minima et avec une équipe réduite. Moins d'un tiers des hôpitaux de la bande de Gaza sont opérationnels, et ce partiellement, d'après l'ONU.

A l'échelle du territoire côtier assiégé, le bilan humain de la guerre entre Israël et le Hamas ne cesse de s'alourdir avec, selon le ministère de la Santé du Hamas, 31.645 morts depuis le 7 octobre.

Ce jour-là, des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza ont conduit une attaque sans précédent dans le sud d'Israël, durant laquelle au moins 1.160 personnes ont été tuées, la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de sources officielles.

D'après Israël, environ 250 personnes ont été enlevées et 130 d'entre elles sont toujours retenues à Gaza, parmi lesquelles 33 seraient mortes, un bilan incluant un soldat de 22 ans dont le décès a été annoncé dimanche par l'armée israélienne.

En représailles, Israël a juré de détruire le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, qu'il considère comme une organisation terroriste au même titre que les Etats-Unis et l'Union européenne.

La plupart des 1,7 million de déplacés de la guerre selon l'ONU ont trouvé refuge dans la ville de Rafah (sud) collée à la frontière fermée de l'Egypte et quotidiennement bombardée par l'armée israélienne.

Tout en réaffirmant sa détermination à lancer une offensive militaire terrestre à Rafah, "dernier bastion du Hamas" selon Israël, M. Netanyahu a assuré dimanche qu'une telle opération ne se fera pas "en laissant la population enfermée sur place".

La communauté internationale redoute la perspective d'un tel assaut. Washington, principal allié d'Israël, répète son opposition à toute offensive à Rafah qui mettrait en péril les civils qui y sont réfugiés.

"Aucune pression internationale ne nous empêchera d'atteindre tous les objectifs de notre guerre (...) Nous agirons à Rafah, cela prendra quelques semaines mais cela aura lieu", a déclaré M. Netanyahu, selon ses services.

- "Que les bombes cessent" -

Les Palestiniens "ont besoin que les bombes cessent", a déclaré quant à lui le Premier ministre irlandais Leo Varadkar, plaidant dimanche pour un cessez-le-feu à Gaza. Les habitants "ont désespérément besoin de nourriture, de médicaments et d'abris", a-t-il ajouté.

Israël contrôle l'entrée des aides terrestres à Gaza, qui restent très insuffisantes au regard des besoins immenses des 2,4 millions d'habitants, dont la grande majorité sont menacés de famine selon l'ONU.

Selon l'ONG Oxfam, Israël empêche "délibérément" l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, qu'il s'agisse de nourriture ou d'équipements médicaux, en violation du droit humanitaire international.

Dans un rapport publié lundi, l'ONG dénonce des protocoles d'inspection de l'aide "injustement inefficaces" ou encore des "attaques contre des personnels humanitaires, des structures d'aide et des convois humanitaires".

Les pays médiateurs - Etats-Unis, Qatar, Egypte - tentent de parvenir à une nouvelle trêve après celle d'une semaine fin novembre.
M. Netanyahu a indiqué qu'il n'accepterait pas un accord "qui rend Israël faible et incapable de se défendre".

Le Hamas s'est dit prêt, dans une nouvelle proposition, à une trêve de six semaines, pendant laquelle 42 otages - femmes, enfants, personnes âgées et malades - seraient libérés en échange de 20 à 50 prisonniers palestiniens contre chaque otage relâché. Il réclame aussi "le retrait de l'armée des villes et zones peuplées", le "retour des déplacés" et l'entrée de 500 camions d'aide par jour à Gaza, selon un de ses cadres.

AFP

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