IsraĂ«l a lancĂ© vendredi de nouvelles frappes sur l'Iran, que le Premier ministre Benjamin Netanyahu estime en passe d'ĂȘtre "dĂ©cimĂ©", alors que des attaques de missiles et de drones continuent Ă cibler les pays du Golfe.
"Nous gagnons et l'Iran est en train d'ĂȘtre dĂ©cimĂ©", a affirmĂ© jeudi M. Netanyahu, lors d'une confĂ©rence de presse tĂ©lĂ©visĂ©e, assurant que TĂ©hĂ©ran n'a plus "la capacitĂ© d'enrichir de l'uranium" ni "de produire des missiles balistiques".
"Je pense aussi que cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens imaginent", a-t-il ajouté, sans donner de calendrier.
Au 21e jour de guerre, ces propos perçus comme rassurants ont calmé les marchés. Wall Street a terminé en baisse modérée et les prix du pétrole sont repartis en légÚre baisse, le baril de Brent, référence internationale, tournant autour de 107 dollars.
Sur le front de ce conflit devenu rĂ©gional, les frappes se poursuivent nĂ©anmoins vendredi, jour de Norouz, le Nouvel an persan, et de l'AĂŻd el-Fitr en Arabie saoudite et dans la plupart des pays musulmans. Pays Ă majoritĂ© chiite, l'Iran a lui fixĂ© Ă samedi la fĂȘte marquant la fin du mois de jeĂ»ne du ramadan.
- Raffinerie ciblée au Koweït -
Le Golfe est lui encore ciblé par des tirs de missiles et de drones. Les Emirats arabes unis ont dit répondre à des attaques de missiles, l'Arabie saoudite avoir intercepté plusieurs drones, surtout dans l'est du pays, et le Bahreïn avoir maßtrisé l'incendie d'un entrepÎt causé par des éclats provenant d'une "agression iranienne".
Au Koweït, une raffinerie, déjà visée jeudi, a subi une nouvelle attaque de drones, provoquant un incendie et la fermeture de plusieurs de ses unités.
En reprĂ©sailles Ă l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'IsraĂ«l depuis le 28 fĂ©vrier, TĂ©hĂ©ran vise les intĂ©rĂȘts amĂ©ricains dans les pays du Golfe et les infrastructures Ă©nergĂ©tiques, alimentant les craintes de rĂ©percussions majeures sur l'Ă©conomie mondiale.
Le prix du gaz en Europe s'est emballé jeudi, poussant le cours du TTF néerlandais, référence européenne, à des niveaux jamais vus depuis 2023.
Le Qatar a estimé que sa capacité d'exportation de GNL était réduite de 17%, aprÚs les attaques récentes sur son plus important site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) à Ras Laffan. Ces frappes iraniennes ont répondu à celles d'Israël à l'encontre du site offshore de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde, partagée par Téhéran et Doha.
Donald Trump a demandé à Israël de ne plus attaquer les infrastructures énergétiques d'Iran et Benjamin Netanyahu a dit s'y "conform(er)". Mais le président américain a aussi menacé de détruire "massivement l'intégralité du gisement" si Téhéran continuait ses attaques.
L'Iran ne fera preuve d'"aucune retenue" si ses infrastructures énergétiques sont à nouveau visées, a prévenu le ministre iranien des Affaires étrangÚres, Abbas Araghchi.
"Notre réponse à l'attaque israélienne contre nos infrastructures n'a mobilisé qu'une FRACTION de notre puissance", a-t-il averti.
- Ormuz: Macron évoque un "cadre onusien" -
Inquiets des conséquences, les dirigeants européens, réunis en sommet à Bruxelles, ont appelé jeudi soir à un "moratoire" sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et hydrauliques, exhortant les parties à une "retenue maximale".
AprĂšs un appel amĂ©ricain d'abord restĂ© lettre morte, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon se sont dits "prĂȘts Ă contribuer" au moment venu, aux efforts pour sĂ©curiser la navigation dans le dĂ©troit d'Ormuz, passage maritime stratĂ©gique pour le pĂ©trole et le gaz mondiaux bloquĂ© de facto par l'Iran.
Mais pour Paris, Rome et Berlin, une implication n'est envisageable qu'aprĂšs un arrĂȘt des combats.
Le président français Emmanuel Macron a évoqué la possibilité d'un "cadre onusien" pour une telle mission.
Pour dĂ©tendre le marchĂ© pĂ©trolier, les pays membres de l'Agence internationale de l'Ă©nergie (AIE) ont commencĂ© Ă libĂ©rer des stocks de pĂ©trole comme annoncĂ© mi-mars. Un total de 426 millions de barils, en majoritĂ© du brut, doit ĂȘtre mis Ă disposition.
- Liban: pas de proposition de plan français -
Au Liban, entraĂźnĂ© dans la guerre le 2 mars par le mouvement pro-iranien Hezbollah, le prĂ©sident Joseph Aoun a de nouveau appelĂ© Ă une trĂȘve et Ă des nĂ©gociations avec IsraĂ«l, Ă l'occasion d'une visite du chef de la diplomatie française, Jean-NoĂ«l Barrot, qui doit se rendre vendredi en IsraĂ«l.
"Notre rÎle n'est absolument pas de proposer un plan pour un pays tiers", mais "d'aider à ce qu'il puisse y avoir des discussions directes entre eux et les Israéliens", a déclaré, depuis Bruxelles, Emmanuel Macron, estimant que cela dépendait d'un feu vert israélien.
AFP


