Le chef du Mouvement 5 Etoiles (antisystÚme) Luigi Di Maio a conditionné vendredi la naissance d'un gouvernement en Italie à la réalisation du programme du M5S, sous peine de rompre l'accord conclu mercredi avec le Parti démocrate (centre gauche).
"Nos points de programme sont clairs, s'ils n'entrent pas dans le programme de gouvernement, nous ne pourrons pas démarrer. Et mieux vaudra alors retourner aux urnes, le plus tÎt possible", a déclaré vendredi M. Di Maio. "Soit nous sommes d'accord pour le réaliser, soit on ne peut pas aller plus loin", a encore menacé, aprÚs avoir rencontré le chef du gouvernement désigné Giuseppe Conte.
M. Di Maio a notamment rejetĂ© une modification des "dĂ©crets sĂ©curitĂ©", promulguĂ©s par le ministre de l'IntĂ©rieur sortant et son ex-alliĂ© le chef des souverainistes Matteo Salvini. "Le problĂšme de l'immigration est sĂ©rieux, concret et il doit ĂȘtre affrontĂ© avec compĂ©tence dans le respect des sensibilitĂ©s exprimĂ©es par l'opinion publique", a-t-il dit, conscient qu'une bonne partie du M5S approuve le durcissement sĂ©curitaire promu par Salvini, pendant les 14 mois d'alliance M5S-Ligue.
Un haut dirigeant du PD Graziano Delrio a qualifié d'"inacceptables les ultimatums de Di Maio à Conte", rappelant que les sociaux-démocrates "se sont engagés à soutenir loyalement les efforts de M. Conte" pour constituer un gouvernement.
Auparavant, le patron du PD, Nicola Zingaretti, avait énuméré à M. Conte les "principales nouveautés" d'un programme commun M5S-PD: une baisse des impÎts pour les moyens et bas et salaires "afin de stimuler la consommation", un plan pour l'emploi, promouvoir l'économie numérique et la possibilité de "rendre gratuite la formation des enfants des familles modestes depuis la crÚche jusqu'à l'université".
M. Conte, dĂ©signĂ© jeudi par le prĂ©sident Sergio Mattarella pour essayer de former un gouvernement M5S-PD, a consultĂ© pendant deux jours les diffĂ©rentes forces politiques en terminant vendredi par le PD et le M5S avec lesquels il doit construire une nouvelle Ă©quipe gouvernementale. Il devrait prĂ©senter d'ici mardi ou mercredi prochain la composition du gouvernement au prĂ©sident Sergio Mattarella avant de prĂȘter serment.
Outre la répartition des portefeuilles ministériels, plusieurs inconnues demeurent dont l'attribution du poste de vice-Premier ministre, que Di Maio voudrait conserver. Selon les politologues, trÚs affaibli, "il se bat pour sa survie". Les postes stratégiques de l'Economie et de l'Intérieur sont aussi au coeur des discussions.
Les Cinq Etoiles vont en outre soumettre l'accord de coalition au vote de leurs militants sur sa plateforme participative "Rousseau". Cette consultation en ligne des 100.000 inscrits se déroulera dans les prochains jours, selon les médias. Le souverainiste Matteo Salvini avait décliné l'invitation de M. Conte et envoyé de simples représentants.
Pour les mois à venir, son plan de bataille est clair: partir en campagne pour faire tomber le gouvernement et obtenir des élections. "Dans quelques mois, une année ou deux d'opposition, nous reviendrons", a-t-il promis, en annonçant des mobilisations tous azimuts dont une "journée de la fierté italienne", le 19 octobre à Rome.
AFP
