Etats-Unis

Jeff Bezos, le patron d'Amazon, vise la Lune

  • PubliĂ© le 10 mai 2019 Ă  02:28
  • ActualisĂ© le 10 mai 2019 Ă  06:06
Jeff Bezos présente son projet "Blue Moon", le 9 mai 2019 à Washington

L'homme le plus riche du monde, Jeff Bezos, patron d'Amazon et de la sociĂ©tĂ© spatiale Blue Origin, a annoncĂ© jeudi Ă  Washington qu'il entendait participer Ă  la nouvelle conquĂȘte de la Lune, en prĂ©sentant un projet d'alunisseur.

"Voici Blue Moon", a-t-il déclaré lors d'une présentation à la presse. DerriÚre lui, des rideaux ont dévoilé une maquette de grand atterrisseur pesant plus de trois tonnes à vide, capable de transporter 3,6 tonnes de matériel sur la surface lunaire, et 6,5 tonnes dans une version plus lourde. "C'est un véhicule incroyable, et il ira sur la Lune", a déclaré Jeff Bezos.

L'alunisseur est mis au point depuis trois ans, a-t-il dit. Il pourra emmener des instruments scientifiques, quatre petits rovers, mais aussi un futur vĂ©hicule pressurisĂ© pour humains, selon lui. Le but est d'alunir au pĂŽle sud de la Lune, oĂč se trouve de l'eau. L'eau peut ĂȘtre exploitĂ©e pour produire de l'hydrogĂšne, qui servirait ensuite de carburant pour explorer le systĂšme solaire.

Il n'a pas donnĂ© de date pour le premier lancement de cet alunisseur, et Blue Origin n'a fourni aucun dĂ©tail. Le patron n'a pas parlĂ© aux journalistes. Mais dans sa prĂ©sentation, sur une scĂšne soigneusement dĂ©corĂ©e et illuminĂ©e de bleu, il a souscrit Ă  l'objectif du gouvernement de Donald Trump de renvoyer des humains sur la Lune d'ici 2024. Il a dĂ©clarĂ© que son alunisseur serait prĂȘt pour accompagner cette mission.

"Nous pouvons aider à tenir ce délai, mais seulement parce que nous avons commencé il y a trois ans", a déclaré Jeff Bezos. "Il est temps de retourner sur la Lune, mais cette fois pour y rester". Et il a montré une vidéo de simulation d'un véhicule capable de remonter des astronautes depuis la surface jusqu'en orbite.

- Colonies de l'espace -

Le retour sur la Lune en 2024, annoncĂ© par la Maison Blanche, a plongĂ© la Nasa dans une frĂ©nĂ©sie d'activitĂ© depuis fin mars, car cette mission Ă©tait initialement prĂ©vue pour 2028. Rien n'est prĂȘt: ni la puissante fusĂ©e (SLS) qui doit transporter les vĂ©hicules et astronautes. Ni les Ă©lĂ©ments de la future mini-station en orbite lunaire qui servira de point-relai entre la Terre et la Lune. Ni l'alunisseur ou les rovers dont auront besoin les astronautes, dont la premiĂšre femme Ă  poser le pied sur le satellite naturel de la Terre.

Mais Jeff Bezos, qui s'est rarement exprimé sur les développements de sa société Blue Origin, fondée en 2000 et qu'il finance à hauteur de plus d'un milliard de dollars par an, a clairement laissé entendre qu'il souhaitait aider la Nasa. Le dévoilement de l'alunisseur a été précédé d'un long monologue de l'homme le plus riche de la planÚte sur sa passion pour l'espace.

Il a décrit les futuristes colonies spatiales imaginées par feu le physicien Gerard O'Neill, des mondes artificiels qui pourraient assurer à l'humanité une échappatoire face à une Terre aux ressources limitées. "Le travail de ma génération est de construire l'infrastructure", a dit Jeff Bezos. "Nous allons construire une route de l'espace".

Il a confirmĂ© que la grosse fusĂ©e de Blue Origin, la New Glenn, serait prĂȘte en 2021. Elle offrira "une rĂ©duction radicale des coĂ»ts de lancement", a-t-il promis.
L'autre projet de Blue Origin est la petite fusée New Shepard, destinée à de courts voyages d'une dizaine de minutes juste au-dessus de la frontiÚre de l'espace (100 km d'altitude), pour des "touristes". Cette fusée, qui a réussi onze tests à vide depuis le Texas, emmÚnera des humains pour la premiÚre fois cette année, a-t-il confirmé jeudi.

AFP

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