France

Jeune femme frappée en plein Paris: le suspect devant la justice jeudi

  • PubliĂ© le 29 aoĂ»t 2018 Ă  21:09
  • ActualisĂ© le 30 aoĂ»t 2018 Ă  09:18
Marie Laguerre à Paris, le 1er août 2018

Les images de l'agression avaient suscité l'indignation générale: l'homme qui avait violemment giflé une jeune femme mi-juillet en plein Paris a été identifié par sa victime et comparaßtra jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris. L'affaire qui a ravivé le débat sur le harcÚlement de rue et les violences sexistes avait éclaté le 25 juillet avec le témoignage posté sur Facebook par Marie Laguerre. Cette étudiante de 22 ans racontait la violente agression qu'elle avait subie la veille en plein jour alors qu'elle rentrait chez elle, dans le nord-est de la capitale.

Un inconnu qui venait de croiser sa route lui avait adressé des "bruits/commentaires/sifflements/coup de langue sales, de maniÚre humiliante et provocante", racontait-elle. "J'ai donc lùché un +ta gueule+ en traçant ma route. Car je ne tolÚre pas ce genre de comportement. Je ne peux pas me taire et nous ne devons plus nous taire", décrivait-elle.

Mais "ça n'a pas plu à cet homme" qui lui a d'abord "jeté un cendrier dessus" avant de la suivre et de la "frapper au visage en pleine rue, en pleine journée, devant des dizaines de témoins" qui étaient attablés à la terrasse d'un bar, avait-elle ajouté.

Les images de l'agression, captées par une caméra de vidéosurveillance, avaient tourné en boucle sur les chaßnes d'information et les réseaux sociaux, suscitant un vaste mouvement de réprobation dans le sillage des mouvements #Balancetonporc et #MeToo.
L'affaire rebondit maintenant sur le terrain judiciaire. InterpellĂ© lundi, un suspect ĂągĂ© de 25 ans a reconnu ĂȘtre l'homme apparaissant sur la vidĂ©o, a-t-on appris mercredi de source proche de l'enquĂȘte, confirmant les dĂ©clarations de la victime elle-mĂȘme.
"Je l'ai reconnu sur des photos que l'on m'a montrĂ©es", a indiquĂ© l'AFP Marie Laguerre, qui s'est rendue mercredi matin dans le commissariat du XIXe arrondissement parisien oĂč le suspect avait Ă©tĂ© placĂ© en garde Ă  vue.

- Troubles psychiatriques -

Il n'y a toutefois pas eu de confrontation. "Je ne l'ai pas souhaité, et cela n'était pas nécessaire", les photos comme les premiÚres déclarations du suspect montrant clairement qu'il s'agissait de son agresseur, a-t-elle ajouté.
Le suspect devait ĂȘtre dĂ©fĂ©rĂ© au parquet de Paris en vue d'une comparution immĂ©diate jeudi devant le tribunal correctionnel, a-t-on appris de source judiciaire.

Il avait Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© dans le cadre d'une enquĂȘte ouverte fin juillet pour des faits qualifiĂ©s de "harcĂšlement sexuel" et "violences avec arme" - en l'occurrence un cendrier - ayant entraĂźnĂ© une incapacitĂ© totale de travail (ITT) infĂ©rieure Ă  8 jours.
Son interpellation avait eu lieu Ă  la sortie d'un hĂŽpital parisien oĂč il avait Ă©tĂ© placĂ© en service psychiatrique le 4 aoĂ»t aprĂšs avoir jetĂ© des cailloux sur une voiture prĂšs des Champs-ÉlysĂ©es en tenant des propos incohĂ©rents, selon une source proche du dossier.

AprĂšs enquĂȘte, les policiers ont remontĂ© sa piste, a ajoutĂ© cette source, prĂ©cisant que l'homme Ă©tait connu pour des faits de violence au sein de sa famille.
Avec le soutien de militantes féministes telles que l'association Les Effrontées, Mme Laguerre a, elle, depuis, lancé une nouvelle plateforme en ligne - "Nous Toutes HarcÚlement" - pour partager les témoignages similaires de femmes agressées dans la rue.
emd-grd-bl-bat/jt/cbn
 

© 2018 AFP

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