Etats-Unis

Joe Biden lance sa campagne dans un vieux bastion ouvrier de Pennsylvanie

  • PubliĂ© le 29 avril 2019 Ă  10:36
  • ActualisĂ© le 29 avril 2019 Ă  11:52
Joe Biden, le 18 avril 2019 Ă  Dorchester, dans le Massachusetts

L'ancien vice-président américain Joe Biden, l'un des favoris démocrates dans la course à la Maison Blanche, se rend lundi à la rencontre de travailleurs et de syndicalistes, premier acte de terrain de la longue campagne pour l'investiture de son parti.

Joe Biden a choisi pour cet événement la Pennsylvanie, l'Etat de la cÎte est qui l'a vu naßtre il y a 76 ans. Il se rend dans la ville de Pittsburgh, berceau de l'industrie sidérurgique américaine aujourd'hui en partie reconverti dans la hi-tech. L'ex-numéro deux de Barack Obama, qui a officiellement annoncé sa candidature jeudi, a opté pour une stratégie frontale d'opposition à Donald Trump, qu'il accuse de dénaturer les valeurs de l'Amérique.

La Pennsylvanie a votĂ© pour Donald Trump en 2016 et symbolise avec d'autres ces rĂ©gions industrielles oĂč rĂšgne un fort sentiment de dĂ©classement social et qui se sont donnĂ©es au milliardaire rĂ©publicain. Homme populaire aux origines modestes, Joe Biden se targue d'avoir gardĂ© le contact avec la base ouvriĂšre du parti dĂ©mocrate. "Les banquiers de Wall Street et les PDG n'ont pas construit les Etats-Unis. C'est vous qui avez construit les Etats-Unis (...), les gens ordinaires de la classe moyenne", avait-il lancĂ© il y a quelques jours dans le Massachusetts devant des employĂ©s de supermarchĂ©s en grĂšve.

Cette fois-ci, c'est à l'invitation de militants syndicaux qu'il s'exprimera lundi aprÚs-midi sur le thÚme de la reconstruction de la classe moyenne américaine.
Joe Biden se lance ainsi pour la troisiÚme fois dans la course à la Maison Blanche aprÚs deux échecs aux primaires. Dans un parti démocrate qui penche de plus en plus fortement à gauche, il pense pouvoir incarner victorieusement une ligne centrale et modérée.

- L'Ăąge du candidat -

Les sondages lui donnent pour l'instant raison. Le dernier en date, dimanche, pour ABC News et le Washington Post, lui prĂȘte 17% des intentions de vote, contre 11% Ă  son premier rival Bernie Sanders.
Fort d'une notoriété forgée par des décennies au CongrÚs et huit années aux cÎtés de Barack Obama, Joe Biden a récolté 6,3 millions de dollars de dons dans les 24 heures qui ont suivi son annonce de candidature, le maximum enregistré dans le camp démocrate jusqu'ici. Un autre baromÚtre crucial aux Etats-Unis.

Mais les critiques et les rĂ©serves qui l'avaient fait hĂ©siter de longues semaines Ă  se prĂ©senter n'ont pas disparu. Loin s'en faut. Son Ăąge d'abord, et la nĂ©cessaire Ă©nergie qu'il faut dĂ©ployer pour tenir sur la durĂ©e d'une campagne de 18 mois. Le premier scrutin des primaires n'est prĂ©vu qu'en fĂ©vrier 2020. Donald Trump, pourtant ĂągĂ© lui-mĂȘme de 72 ans, s'est engouffrĂ© le premier dans cette brĂšche.
"Je suis le plus jeune. Je suis un homme jeune, plein de vie", a-t-il lancé vendredi. "Quand je regarde Joe, je ne sais pas... Je ne dirais jamais que qui que ce soit est trop vieux", a-t-il ajouté, affublant son rival du cruel surnom de "Joe l'endormi".

"Je ne sais pas ce qui a bien pu arriver à Biden, je ne l'ai jamais vu comme ça auparavant", a insisté le président dimanche dans un entretien à Fox News. "Est-ce que c'est vraiment Joe Biden? Il me semble différent". Bernie Sanders, l'autre favori de la primaire démocrate, parmi une vingtaine de candidats, a lui 77 ans. Joe Biden se débat aussi avec de vieilles accusations sur des gestes un peu trop rapprochés à l'égard des femmes ou sur des décisions et des votes lors de sa longue carriÚre de sénateur du Delaware.
AFP

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