Jour J pour un conclave historique au Vatican

  • PubliĂ© le 7 mai 2025 Ă  07:06
  • ActualisĂ© le 7 mai 2025 Ă  07:31
Cette photo prise et diffusée le 6 mai 2025 par Vatican Media montre la chapelle Sixtine à la veille du conclave au Vatican

Jour J au Vatican: les cardinaux chargés d'élire le pape s'enferment à partir de mercredi aprÚs-midi dans la chapelle Sixtine pour un conclave historique chargé de désigner, dans le plus grand secret, le successeur de François.

Plus de deux semaines aprĂšs la mort de Jorge Bergoglio, les 133 cardinaux Ă©lecteurs venant de 70 pays - un record - lanceront ce cĂ©rĂ©monial extrĂȘmement codifiĂ© et suivi avec attention par quelque 1,4 milliard de catholiques, via les mĂ©dias du monde entier.

Prélude à ce rituel ancestral, les cardinaux participeront à 10H00 (08H00 GMT) à une messe solennelle dans la basilique Saint-Pierre, présidée par le doyen du collÚge cardinalice, l'Italien Giovanni Battista Re.

S'ensuivra l'aprĂšs-midi une priĂšre dans la chapelle Pauline, qui jouxte la Sixtine, Ă  16H30 (14H30 GMT).

Le compte à rebours s'enclenchera vraiment vers 17H00 (15H00 GMT), avec l'entrée en procession des cardinaux dans une chapelle Sixtine à l'isolement drastique: aucun téléphone portable ne sera autorisé, et les réseaux de télécommunications seront coupés entre les murs de la Cité du Vatican.

Ayant prĂȘtĂ© serment de ne rien rĂ©vĂ©ler des Ă©changes - sous peine d'excommunication - ils s'enfermeront alors face Ă  la fresque majestueuse mais aussi intimidante du Jugement dernier de Michel-Ange.

Une vidéo diffusée mardi par le Vatican permet de mesurer la solennité du cadre: double rangée de tables recouvertes de lourd tissu, aiguille pour percer les bulletins, places nominatives indiquées par un chevalet et sous-mains à rabats rouge frappé des armes du Saint-SiÚge.

- IntĂ©rĂȘt massif -

Mercredi soir aura lieu un premier vote, dont le résultat ne sera sans doute pas connu avant 19H00 (17H00 GMT). Ce premier tour permettant de jauger les forces en présence, il est peu probable que la majorité des deux tiers, c'est-à-dire 89 voix, soit déjà atteinte.

L'élection devrait ainsi se poursuivre jeudi, avec deux tours prévus lors de la session du matin et deux autres l'aprÚs-midi.

Le monde aura les yeux rivés sur la mince cheminée métallique fixée sur le toit de la chapelle Sixtine qui libérera, à la fin de chaque session, sa fumée annonciatrice: noire en l'absence de choix, et blanche si le pape est élu.

Couvert par quelque 5.000 journalistes, ce conclave suscite un intĂ©rĂȘt massif dans le monde, bien au-delĂ  des sphĂšres religieuses, Ă  l'image des millions d'euros de paris sur l'identitĂ© du prochain pape, du succĂšs des jeux en ligne ou des records du film "Conclave", sorti en 2024.

Qui, parmi les 133 cardinaux, se présentera habillé de blanc au balcon de la basilique Saint-Pierre ?

Des Italiens Pietro Parolin et Pierbattista Pizzaballa au Maltais Mario Grech en passant par l'archevĂȘque de Marseille, le Français Jean-Marc Aveline, ou le Philippin Luis Antonio Tagle, plusieurs noms ont Ă©mergĂ© parmi les "papabili", considĂ©rĂ©s comme favoris.

"Je pense qu'il doit reprĂ©senter tous les continents oĂč le catholicisme est prĂ©sent", a confiĂ© mardi Ă  l'AFP Enzo Orsingher, retraitĂ© romain de 78 ans.

- "Clivage" -

"Un pape qui est en faveur de l'avortement est impensable", mais "je trouve trÚs positif que le pape aille visiter les détenus en prison (...). Il faut rester proche de ceux qui souffrent".

Mais ce conclave s'annonce particuliÚrement ouvert avec une représentation inédite des "périphéries" chÚres au pape François, qui a nommé 81% des cardinaux électeurs. Quinze pays sont ainsi représentés pour la premiÚre fois, dont Haïti, le Cap-Vert et le Soudan du Sud.

"Il y a sans doute une opposition à la fois culturelle, et presque de ressentiment politique, de certaines Eglises du Sud à l'égard des Occidentaux et notamment des Européens", affirme à l'AFP François Mabille, directeur de l'Observatoire géopolitique du religieux.

Il existe aussi, selon lui, "un clivage qu'on a bien vu pendant tout le pontificat de François" entre "ceux qui estiment qu'il faut rappeler en permanence la doctrine, et les profils plus pastoraux, dans une logique d'accompagnement" des fidÚles.

Pour apprendre à se connaßtre et confronter leurs points de vue sur les défis de l'Eglise, les cardinaux ont tenu ces derniers jours 12 "congrégations générales" permettant de dessiner le profil du prochain pape.

Mais dans cette élection trÚs ouverte, le contexte géopolitique pourrait également peser, entre montée des populismes, retour de Donald Trump à la Maison Blanche et durcissement de la guerre entre Israël et le Hamas.

"On peut tout Ă  fait imaginer que les cardinaux sensibles au contexte international qu'on connaĂźt depuis le retour de Trump se disent qu'il faut une personne expĂ©rimentĂ©e Ă  la tĂȘte de l'Eglise catholique, et notamment quelqu'un qui connaĂźt parfaitement les relations internationales", ajoute François Mabille.

AFP

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1 Commentaires
Gimi974
Gimi974
1 an

Pietro PAROLIN