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Journée cruciale samedi pour les primaires pour la Maison Blanche

  • PubliĂ© le 20 fĂ©vrier 2016 Ă  03:52
Le candidat à la primaire républicaine Donald Trump à Kiawah, en Caroline du Sud, le 17 février 2016

Samedi sera la troisiĂšme Ă©tape des primaires prĂ©sidentielles amĂ©ricaines: les rĂ©publicains voteront en Caroline du Sud, oĂč Donald Trump reste hĂ©gĂ©monique, et les dĂ©mocrates dans le Nevada, oĂč Hillary Clinton joue gros.


Cette fois, dĂ©mocrates et rĂ©publicains sont dĂ©calĂ©s. La Caroline du Sud organise une primaire rĂ©publicaine, tandis qu'au Nevada, premier Etat de l'Ouest Ă  s'exprimer, seul le parti dĂ©mocrate convoque des "caucus" samedi matin, ces consultations oĂč il n'y a pas de bulletin de vote et oĂč les Ă©lecteurs se regrouperont par candidat.
L'enjeu, pour le milliardaire, est d'engranger une victoire symbolique qui le renforcera avant les primaires du "super mardi", le 1er mars, quand 11 Etats voteront, avec le quart des délégués en jeu.
Donald Trump a fini deuxiÚme dans l'Iowa, le 1er février, et premier dans le New Hampshire le 9 février. Il a pour le moment récupéré 17 délégués, et Ted Cruz 11. Il leur en faudra 1.237 pour l'emporter.
Mais Donald Trump a un objectif en vue: le 15 mars. A partir de cette date, de nombreuses primaires républicaines accorderont l'intégralité de leurs délégués en bloc au candidat arrivé premier. Si les cinq autres candidats restaient en course jusque-là, ils continueraient à diviser le vote anti-Trump, ce qui pourrait lui assurer la victoire finale.
"Si on veut arrĂȘter Trump, il faut qu'il y ait une consolidation parmi les candidats", dit Dan Brisker, retraitĂ© de 69 ans, venu Ă©couter Ted Cruz vendredi. De Jeb Bush, John Kasich et Ben Carson, les plus mal placĂ©s dans les sondages, il dit: "il faut qu'ils laissent la place".
En Caroline du Sud, Ă  la veille du scrutin, Donald Trump dominait toujours les sondages, avec 28% des intentions de vote des rĂ©publicains, selon une enquĂȘte NBC/Wall Street Journal vendredi.
Il est suivi par le deuxiÚme homme des primaires: le sénateur ultra-conservateur Ted Cruz (23%), devant Marco Rubio (15%) et Jeb Bush (13%), avec 3,6 points de marge d'erreur.
La semaine a été particuliÚrement violente entre Donald Trump et Ted Cruz. L'homme d'affaires a traité son challenger de menteur, le sommant par avocat interposé de retirer une publicité utilisant une interview de Donald Trump en 1999, dans laquelle il se déclarait favorable au droit à l'avortement.
Mais Ted Cruz, qui fait campagne à droite de Donald Trump et compte sur la mobilisation des chrétiens évangéliques et des militaires de Caroline du Sud, ne rechigne pas au combat.
"Il est facile de dire qu'on veut rendre Ă  l'AmĂ©rique sa grandeur. On peut mĂȘme l'Ă©crire sur une casquette. Mais la bonne question Ă  poser est: comprenez-vous ce qui a donnĂ© sa grandeur Ă  l'AmĂ©rique?" a lancĂ© le sĂ©nateur du Texas vendredi.
- Clinton joue sur l'immigration -
Le dĂ©cor ne pourrait ĂȘtre plus diffĂ©rent chez les dĂ©mocrates, qui ont filĂ© au soleil, dans le dĂ©sert du Nevada, avant les consultations de samedi matin.
Ici, ce sont les minorités qui sont courtisées: les électeurs noirs, hispaniques et d'origine asiatique qui constituent la moitié de la population.
Hillary Clinton, qui a perdu la primaire du New Hampshire, mise sur la mobilisation des Hispaniques, et notamment des employés d'hÎtels et de casinos de Las Vegas.
Son message: elle est la candidate du "vrai changement", quand le sénateur Bernie Sanders ne fait que "des promesses impossibles à tenir".
L'ex-secrétaire d'Etat de Barack Obama se présente comme l'alliée la plus fidÚle des familles hispaniques sur l'immigration, en promettant des régularisations rapides en cas d'élection. Elle et ses alliés attaquent sans retenue Bernie Sanders pour avoir voté en 2007 contre une réforme migratoire.
"Si le passé permet d'anticiper l'avenir, le sénateur Sanders continuera à nous décevoir tandis qu'Hillary Clinton se battra pour les immigrés et la communauté latino", a dit à des journalistes le secrétaire au Logement Julian Castro, membre du cabinet de Barack Obama et l'un des possibles vice-présidents de la candidate.
Le sénateur du Vermont a pour sa part expliqué pour sa défense que la loi n'était pas assez protectrice des travailleurs saisonniers et qu'il avait voté pour la réforme avortée de 2013 au Sénat, promettant d'en faire une priorité en cas d'élection.
Ses partisans sont persuadĂ©s que les jeunes issus de minoritĂ©s voteront pour lui dans les mĂȘmes proportions que les Blancs l'ont fait aux deux premiĂšres Ă©tapes des primaires.

Par Brigitte DUSSEAU - © 2016 AFP
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