Musique

Juliette Armanet conquiert le Printemps de Bourges, avant Ringer et Sanson

  • PubliĂ© le 24 avril 2018 Ă  23:53
  • ActualisĂ© le 25 avril 2018 Ă  06:48
Juliette Armanet au 42e Printemps de Bourges, Ă  Bourges le 24 avril 2018

Ouvrir les concerts de Catherine Ringer et Véronique Sanson "l'intimidait", pourtant la pétillante Juliette Armanet a parfaitement tenu son rÎle de chauffeuse de salle et lancé sur d'excellentes bases le Printemps de Bourges, mardi soir pour la journée inaugurale.


Ringer et Sanson "sont des piliers de la chanson française. Je les admire pour des raisons trĂšs diffĂ©rentes. Mais ce qu'il y a Ă  piocher en elles c'est le feu. Elles ont ça en commun d'ĂȘtre flamboyantes, trĂšs libres dans leur art", dĂ©clarait Armanet en confĂ©rence de presse dans l'aprĂšs-midi.
Et "flamboyante", elle l'a été aussi Juliette.

Elle a dĂ©boulĂ© sur scĂšne comme un petit bolide, sautillant dans son costume argentĂ© brillant. La nuit n'est pas encore couchĂ©e sur les bords de l'Auron, mais c'est dĂ©jĂ  soir de fĂȘte pour les spectateurs venus en nombre devant la scĂšne du W, sans pour autant la remplir.

AprÚs avoir débuté, assise au piano, par "Manque d'amour", Juliette Armanet ne résiste pas à semer un peu de désordre en demandant "à ceux que ça intéresse" de se lever de leurs chaises. "Ca fera des histoires, mais un peu de vie, c?est bien aussi", suggÚre-t-elle.

"L'indien", son hit groovy et dansant lui donne raison. Sa voix, ses sourires, ses clins d??il font le reste. Il en sera ainsi durant les 45 minutes de son concert, avec en point d'orgue "L'amour en solitaire" qu'elle fait partager à tous avec une forte émotion.

Devaient succéder à cette "petite amie", la diva punk Catherine Ringer et la pasionaria Véronique Sanson. Preuve que le talent se conjugue au féminin pour cette journée inaugurale du Printemps, qui mise sur la parité pour sa 42e édition.

- Ringer chante Higelin -

L'ex-moitiĂ© des Rita Mitsouko est une habituĂ©e du Printemps pour y avoir jouĂ© plusieurs fois avec Fred Chichin. Mais cette fois, elle vient dĂ©fendre son deuxiĂšme album solo, le bien nommĂ© "Chroniques et fantaisies" dans lequel elle s'amuse de son Ăąge, 60 ans, et du fait d'ĂȘtre "senior".

Ce qui ne l'empĂȘche nullement de conserver son tempĂ©rament fougueux sur scĂšne, ni de rouler des "rrrrr" quand il s'agit de reprendre les tubes des Rita.

"J'interprÚterai aussi une chanson de Jacques Higelin", a confié à l'AFP Catherine Ringer, qui avait pris part au vibrant hommage rendu au poÚte-rock disparu le 6 avril. Au Cirque d'hiver, elle avait repris "L comme beauté" a capella. Qu'en sera-t-il à Bourges?
Enfin, la soirĂ©e devait ĂȘtre clĂŽturĂ©e par VĂ©ronique Sanson, qui n'en finit pas de se produire un an et demi aprĂšs la parution de son dernier opus "Dignes, dingues, donc...".

La chanteuse sera elle aussi au piano, pour jouer ses récents morceaux, dont le trÚs émouvant "Et je l'appelle encore" dédié à sa mÚre, mais évidemment ses nombreux hits ("Amoureuse", "Chanson sur une drÎle de vie", "Vancouver", "Ma révérence"...) qui couvrent une brillante carriÚre longue de 46 ans.

Dans le sillage de cette soirée inaugurale cent pour cent féminine, le Printemps de Bourges continuera de mettre les femmes en vedette toute la semaine, afin de respecter la parité chez les artistes programmés.

Un pari lancé par les organisateurs, auquel a été sensible la ministre de la Culture Françoise Nyssen, qui sera présente à Bourges mercredi et participera notamment à une conférence sur le thÚme de la place des femmes dans la culture.

Mercredi, les autres femmes derriÚre le micro se nommeront Jeanne Added, désormais en solo mais avec toujours autant d'énergie, la jeune violoncelliste et chanteuse brésilienne Dom La Nena ou encore la délicate chanteuse belge Mélanie De Biasio.

Les hommes seront un peu en retrait, mais Rag'n'Bone fera tout de mĂȘme entendre sa forte voix blues et le prometteur Tamino, sur lequel plane l'ombre de Jeff Buckley, pourrait bien ĂȘtre un des chocs du festival.

AFP

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