Kenya : huit élèves d’un pensionnat arrêtées pour "incendie volontaire" après l’embrasement mortel d’un dortoir

  • Publié le 30 mai 2026 à 12:26
  • Actualisé le 30 mai 2026 à 12:27
Des parents et tuteurs devant l'école pour filles Utumishi où est survenu un incendie meurtrier, le 28 mai 2026 à Gilgil, au Kenya

Huit élèves d’un pensionnat de filles du Kenya, soupçonnées "d’incendie volontaire", ont été arrêtées après l’embrasement dans la nuit de mercredi à jeudi d’un dortoir qui a tué 16 de leurs camarades, a annoncé vendredi la police.

L’établissement, d’après l’enquête préliminaire, ne respectait pas les normes de sécurité, indique un communiqué du ministre de l’Éducation kényan, Julius Migos Ogamba. "En particulier, le dortoir était surpeuplé et une porte de sortie était verrouillée, contrairement aux consignes de sécurité", a-t-il déploré.

Seize élèves ont péri et 79 ont été blessées dans l’incendie qui s’est déclaré peu après minuit jeudi dans un dortoir de l’école de filles Utumishi de Gilgil, à une centaine de kilomètres au nord de Nairobi. Sept blessées étaient toujours hospitalisées vendredi.

Selon la police, les 16 corps ont été retrouvés dans le dortoir incendié, situé à l’étage supérieur d’un bâtiment de deux niveaux et qui pouvait accueillir 270 élèves, sur 135 lits superposés. Le nombre de pensionnaires présentes dans le dortoir au moment de l’incendie n’a pas été indiqué jusqu’ici.

"Les enquêteurs continuent d’enregistrer des dépositions et d’analyser tous les indices disponibles pour reconstruire le déroulement des événements, établir toutes les circonstances des événements et déterminer le mobile", a indiqué la police kényane dans un communiqué vendredi matin.

"Les premiers éléments de l’enquête ont permis d’identifier huit élèves comme suspectes potentielles en lien avec la préparation et l’exécution de l’incendie volontaire présumé", lesquelles "ont été arrêtées et sont actuellement en garde à vue", ont indiqué les forces de l’ordre.

Les enquêteurs continuent de travailler à "déterminer le point de départ de l’incendie, à analyser les traces de combustion, à identifier les potentielles sources de déclenchement, la présence d’un quelconque accélérant, et évaluer les installations électriques (...) pour établir la cause et le déroulement exacts des événements", ont-elles assuré.

- Mesures disciplinaires -

Des enseignants auraient aussi été informés d’un "projet de trouble" par un groupe d’élèves de troisième, mais n’ont pas pris de mesures, a précisé le ministre Ogamba.

Selon lui, les manquements aux normes de sécurité constatés ont conduit à la dissolution du conseil d’administration de l’école et à des "mesures disciplinaires immédiates" à l’encontre de la directrice.

"Les enseignants qui n’ont pas agi malgré leur connaissance du projet de trouble feront également l’objet de poursuites disciplinaires", a-t-il ajouté.

De nombreux élèves sont en pension au Kenya, héritage des missionnaires et de la colonisation britannique.

Le pays d’Afrique de l’Est a déjà connu de très nombreux incendies meurtriers dans les dortoirs de ses établissements scolaires - plus d’une douzaine recensés depuis 2024. Le phénomène, causé tantôt par la vétusté des installations, tantôt par les élèves eux-mêmes, avait atteint des records en 2016, quand 117 incendies volontaires avaient frappé des établissements d’enseignement secondaire en à peine trois mois.

AFP

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