Relations internationales

Kim Jong Un en Chine, une semaine aprĂšs son sommet avec Trump

  • PubliĂ© le 19 juin 2018 Ă  09:38
  • ActualisĂ© le 19 juin 2018 Ă  10:46
Photo fournie le 13 juin 2018 par l'agence nord-coréenne Kcna du leader nord-coréen Kim Jong Un à son arrivée à l'aéroport de Pyongyang aprÚs le sommet avec le président américain Donald Trump à Singapour

Le dirigeant nord-corĂ©en Kim Jong Un entame mardi une visite de deux jours en Chine, une semaine aprĂšs sa rencontre historique avec le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump, au moment oĂč PĂ©kin entend bien jouer un rĂŽle dans l'Ă©volution de son petit voisin.


"Kim Jong Un, prĂ©sident du Parti des travailleurs de CorĂ©e et prĂ©sident de la Commission des affaires d'Etat de la RĂ©publique populaire dĂ©mocratique de CorĂ©e, visite la Chine du 19 au 20 juin", a annoncĂ© l'agence de presse Chine nouvelle dans une trĂšs brĂšve dĂ©pĂȘche qui ne fournit aucun dĂ©tail sur le programme de la visite.

Cette annonce confirme des informations de plusieurs médias japonais qui avaient rapporté la venue possible de M. Kim à Pékin mardi. Il s'agit de la troisiÚme visite en Chine du dirigeant nord-coréen en moins de trois mois. Fin mars, il avait effectué dans la capitale chinoise son premier déplacement à l'étranger depuis son arrivée au pouvoir fin 2011, avant un second voyage en mai dans la ville portuaire de Dalian, dans le nord-est de la Chine.

Il s'était à cette occasion entretenu avec le président chinois Xi Jinping. Les deux hommes ne s'étaient auparavant jamais rencontrés depuis leurs arrivées au pouvoir respectives au début de la décennie. Pyongyang reprochait à son allié d'appliquer les sanctions internationales destinées à convaincre la Corée du Nord d'abandonner son programme nucléaire.

C'est en tout cas la premiÚre fois que les médias chinois font état d'une visite du jeune dictateur alors qu'il se trouve sur le sol du pays. Les deux fois précédentes, les médias officiels avaient attendu qu'il soit de retour en Corée du Nord pour faire état de sa venue.
L'homme fort de Pyongyang cherche à obtenir un assouplissement des sanctions économiques en échange de ses promesses de dénucléarisation et espÚre le soutien de la Chine dans cette démarche.

La diplomatie chinoise, à l'instar de la Russie, avait suggéré la semaine derniÚre que les Nations unies pourraient envisager d'alléger les sanctions si Pyongyang se conformait à ses obligations. La Chine, principale alliée de la Corée du Nord depuis la guerre de Corée (1950-53), a fait clairement savoir qu'elle voulait un rÎle prépondérant dans les négociations, présentant avec insistance ses offres de services diplomatiques.

- AllĂšgement des sanctions ? -

La semaine derniÚre, le sommet historique de Singapour entre Donald Trump et Kim Jong Un a débouché sur une déclaration dans laquelle le dirigeant nord-coréen réaffirmait "son engagement ferme et inébranlable envers la dénucléarisation de la péninsule" coréenne. Cette formule vague, sujette à différentes interprétations, a été critiquée par certains experts car elle reprend une promesse déjà faite et jamais tenue.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a exclu cependant que les sanctions économiques drastiques imposées au Nord au fil de ses essais nucléaires et balistiques soient levées avant la dénucléarisation complÚte. Reçu jeudi à Pékin par son homologue chinois Wang Yi, Mike Pompeo a assuré que la Chine avait "réaffirmé son attachement envers les résolutions du conseil de sécurité de l'ONU", c'est-à-dire aux sanctions.

Comme en Ă©cho aux arguments de PĂ©kin, il a toutefois reconnu que ces rĂ©solutions disposaient "de mĂ©canismes d'allĂšgement" qui pourront ĂȘtre "envisagĂ©s le moment venu". Mais, a ajoutĂ© le chef de la diplomatie amĂ©ricaine devant M. Wang, "nous avons soulignĂ© trĂšs clairement que l'allĂšgement (des sanctions) que recevra la CorĂ©e du Nord ne pourrait intervenir qu'aprĂšs sa dĂ©nuclĂ©arisation totale, sa dĂ©nuclĂ©arisation complĂšte".

PĂ©kin avait saluĂ© dĂšs le 12 juin, jour du sommet de Singapour entre MM. Trump et Kim, "le dĂ©but d'une nouvelle histoire". Si la Chine a constamment appelĂ© son petit voisin Ă  abandonner ses projets nuclĂ©aires et balistiques, elle a aussi appelĂ© au dialogue Ă  l'Ă©poque oĂč Nord-CorĂ©ens et AmĂ©ricains Ă©changeaient des menaces d'anĂ©antissement mutuelles.

PĂ©kin avait proposĂ© l'an dernier la suspension du programme nuclĂ©aire nord-corĂ©en en Ă©change de la fin des manoeuvres militaires conjointes amĂ©ricano-sud-corĂ©ennes, une concession que Donald Trump a finalement accordĂ©e la semaine derniĂšre, ajoutant mĂȘme que les troupes amĂ©ricaines prĂ©sentes en CorĂ©e du Sud pourraient Ă  terme quitter le pays.

Autant de victoires stratégiques pour Pékin, selon Bonnie Glaser, analyste au Center for Strategic and International Studies de Washington.
"Les Chinois pensent depuis longtemps que s'ils pouvaient déloger les troupes américaines de la région, cela serait la clé de la diminution de l'influence américaine et de l'accélération de la création d'une région plus centrée sur la Chine", estime-t-elle.
AFP

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