L'Australie expulse l'ambassadeur d'Iran en raison d'attaques antisémites

  • PubliĂ© le 26 aoĂ»t 2025 Ă  10:48
  • ActualisĂ© le 26 aoĂ»t 2025 Ă  11:21
L'ambassade d'Iran à Canberra, le 26 août 2025 en Australie

Le gouvernement australien a annoncĂ© mardi expulser l'ambassadeur d'Iran Ă  Canberra, accusant le pays d'ĂȘtre impliquĂ© dans des attaques antisĂ©mites Ă  Melbourne et Ă  Sydney, une premiĂšre en Australie depuis la Seconde Guerre mondiale.

Canberra a également suspendu les activités de son ambassade à Téhéran, et rappelé son propre ambassadeur.

Les services de renseignement du pays sont parvenus à la "conclusion profondément troublante" selon laquelle l'Iran aurait orchestré au moins deux attaques antisémites fin 2024, a déclaré le Premier ministre australien Anthony Albanese, lors d'une conférence de presse.

Les autorités australiennes ont déclaré "persona non grata" l'ambassadeur Ahmad Sadeghi, et lui ont donné, ainsi qu'à trois autres diplomates iraniens, sept jours pour quitter le pays, a précisé de son cÎté la ministre des Affaires étrangÚres Penny Wong.

En dĂ©pit de la suspension des activitĂ©s de son ambassade Ă  TĂ©hĂ©ran, l'Australie n'entend pas cesser complĂštement ses relations diplomatiques avec l'Iran, afin de dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts de ses citoyens, a assurĂ© Mme Wong.

Mais la ministre a indiquĂ© que la capacitĂ© de Canberra Ă  fournir une assistance consulaire Ă©tait dĂ©sormais "extrĂȘmement limitĂ©e".

"Je sais que de nombreux Australiens ont des liens familiaux en Iran, mais j'exhorte tous ceux qui envisageraient de s'y rendre à ne pas le faire", a-t-elle expliqué.

- Aucun blessé -

L'Australie dispose d'une ambassade à Téhéran depuis 1968. Elle déconseille à ses ressortissants de se rendre en Iran depuis 2020.

M. Albanese a affirmé que l'Iran était à l'origine de l'incendie d'un café casher dans le quartier de Bondi, prÚs de Sydney, en octobre 2024, et de la synagogue Adass Israel de Melbourne en décembre 2024, disant s'appuyer sur les conclusions des services de renseignement.

Aucun blessé n'avait été signalé lors de ces deux incendies.

Le directeur de l'Australian Security Intelligence Organisation (ASIO), Mike Burgess, a dĂ©clarĂ© qu'une enquĂȘte "minutieuse" des services de renseignement avait mis au jour des liens entre les attaques antisĂ©mites et les Gardiens de la rĂ©volution.

Il soutient que l'armée idéologique de la République islamique a utilisé un réseau complexe d'intermédiaires pour dissimuler son rÎle.

Mais l'ambassade et ses diplomates ne seraient pas impliqués, d'aprÚs le directeur de l'ASIO.

- Organisation terroriste -

Les services australiens n'excluent pas que l'Iran soit à l'origine d'autres attaques antisémites perpétrées dans le pays.

Lors d'une conférence de presse plus tÎt cet été, M. Burgess avait mentionné l'Iran comme un pays qui tenterait activement de voler des informations classifiées.

La communautĂ© juive pourrait trouver un certain rĂ©confort dans l'avancĂ©e de cette enquĂȘte, selon Daniel Aghion, prĂ©sident du Conseil exĂ©cutif des Juifs australiens.

"Cependant, nous resterons trÚs inquiets d'avoir été pris pour cible de maniÚre aussi cruelle et calculée (...), simplement en raison de notre identité", a-t-il confié.

L'Australie va légiférer pour inscrire les Gardiens de la révolution sur sa liste des organisations terroristes, selon Anthony Albanese.

Une décision saluée par l'ambassade d'Israël à Canberra. "C'est une mesure que nous préconisons depuis longtemps", a-t-elle réagi dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

"Le régime iranien ne menace pas seulement les Juifs ou Israël, il met en danger l'ensemble du monde libre, y compris l'Australie. Il s'agit d'une mesure forte et importante" a-t-elle ajouté.

L'ambassade d'Iran à Canberra n'a pas répondu dans l'immédiat aux sollicitations de l'AFP.

AFP

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