L'Espagne entame trois jours de deuil aprĂšs la catastrophe ferroviaire en Andalousie

  • PubliĂ© le 20 janvier 2026 Ă  08:45
  • ActualisĂ© le 20 janvier 2026 Ă  10:08
Un wagon d'un des deux trains qui ont déraillé à Adamuz, en Espagne, le 19 janvier 2026

L'Espagne observe Ă  partir de mardi trois jours de deuil national aprĂšs l'accident ferroviaire qui a fait au moins 40 morts en fin de week-end dans le sud du pays, le Premier ministre Pedro Sanchez ayant promis une "transparence absolue" sur cette catastrophe.

Le bilan de la collision, survenue dimanche soir en Andalousie, s'établit à ce stade à 40 morts et 41 personnes hospitalisées, dont 12 en soins intensifs, selon les derniers chiffres communiqués à la presse par les autorités locales.

Mais ce bilan, qui inclut quatre enfants hospitalisés, pourrait s'alourdir à mesure que les recherches continuent dans les carcasses des deux trains qui se sont entrechoqués prÚs d'Adamuz, à environ 35 kilomÚtres de Cordoue. Les secouristes sur place tentent notamment d'extraire d'éventuels corps restés coincés dans la ferraille.

L'entité publique chargée du suivi de la catastrophe (CID) a précisé dans un communiqué dans la soirée que les autorités avaient reçu 43 signalements pour disparition de la part de proches de victimes. Cinq personnes mortes ont déjà été identifiées au cours d'autopsies, a ajouté cette source.

Le président régional andalou, Juan Manuel Moreno, a estimé lundi soir que les autorités pourront déterminer "avec certitude" le nombre de victimes dans les "prochaines 24 à 48 heures".

- Un déraillement puis un choc violent -

Dimanche à 19H45 (18H45 GMT), les deux trains à grande vitesse circulant sur deux voies parallÚles dans des directions opposées sont entrés en collision, avec à leur bord prÚs de 500 passagers au total.

En cause: un train Iryo - un opérateur de train privé, filiale à 51% du groupe public italien Ferrovie dello Stato (Trenitalia) -, dont des voitures ont déraillé et se sont déportées sur l'autre voie, heurtant une rame de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, qui circulait dans l'autre sens en direction de Huelva (sud).

ComplĂštement sorties des rails, les quatre voitures du train de la Renfe se sont retournĂ©es, et deux d'entre elles semblent mĂȘme avoir Ă©tĂ© Ă©crasĂ©s par l'impact, selon des images aĂ©riennes diffusĂ©es par la Garde civile espagnole.

Plusieurs centaines de mÚtres plus loin se trouve le train Iryo rouge, la plupart de ses voitures encore sur les rails et les deux derniÚres couchées sur le flanc.

- "Transparence absolue" -

A Adamuz, le Premier ministre socialiste Pedro SĂĄnchez a promis face aux journalistes que les conclusions de l'enquĂȘte sur les circonstances de l'accident seraient diffusĂ©es avec une "transparence absolue" pour Ă©tablir "la vĂ©ritĂ©".

A ce stade, le ministre des Transports Oscar Puente a Ă©voquĂ© un accident "extrĂȘmement Ă©trange", survenu dans une ligne droite, sur une portion de voie rĂ©novĂ©e.

"L'erreur humaine est pratiquement écartée", a balayé le président de la Renfe, Álvaro Fernåndez Heredia, sur la radio publique RNE.

"Cela doit ĂȘtre liĂ© au matĂ©riel roulant d'Iryo ou Ă  un problĂšme d'infrastructure".

Sur cette portion de voie ferrée limitée à 250 km/h, la vitesse n'était pas en cause dans l'accident, a-t-il aussi assuré, soulignant qu'un des trains circulait à 205 km/h, et l'autre à 210 km/h.

Le pays tout entier a passĂ© la journĂ©e de lundi sous le choc, Ă  commencer par la petite ville d'Adamuz, oĂč un Ă©lan de solidaritĂ© s'est rapidement mis en place.

Manuel Muñoz, un de ses habitants ùgé de 60 ans, s'est empressé d'apporter "de l'eau, des couvertures, tout ce que nous avons pu" au centre municipal d'accueil.

"On n'arrive pas Ă  y croire...", souffle pour sa part Sonia, 49 ans.

Dans la commune, l'AFP a notamment vu en fin de journĂ©e un homme en larmes au tĂ©lĂ©phone, avant d'ĂȘtre serrĂ© dans ses bras par plusieurs personnes. La Garde civile Ă©tait prĂ©sente Ă©galement non loin, prĂšs des arĂšnes, pour accueillir les familles des victimes.

La famille royale espagnole doit se rendre mardi midi à proximité des lieux de l'accident.

La reprise des liaisons ferroviaires entre Madrid et les grandes villes d'Andalousie pourrait n'ĂȘtre effective qu'"autour du 2 fĂ©vrier" au vu des dĂ©gĂąts sur les rails, selon le ministre des Transports Oscar Puente.

AFP

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