SĂ©bastien Lecornu peut-il Ă©viter une nouvelle journĂ©e de manifestations? Le Premier ministre, toujours sans gouvernement et en quĂȘte de moyens pour boucler un budget, reçoit mercredi l'intersyndicale, qui lui demande des signes forts de rupture.
A midi (heure de La Réunion), CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires seront reçus ensemble à Matignon, cinq jours aprÚs avoir fixé leur "ultimatum" à Sébastien Lecornu à la suite d'une journée de mobilisation bien suivie contre l'austérité et pour la justice fiscale.
Depuis son arrivĂ©e Ă Matignon, oĂč il avait d'emblĂ©e promis "des ruptures", "sur le fond" et "pas que sur la forme", le Premier ministre a dĂ©jĂ nouĂ© contact avec les partenaires sociaux en recevant d'abord les organisations reprĂ©sentatives une Ă une. Il a cette fois, c'est plus inhabituel, invitĂ© l'ensemble des composantes de l'intersyndicale.
"Si nous n'avons pas une rĂ©ponse favorable Ă l'ensemble de nos revendications, nous appellerons immĂ©diatement Ă une nouvelle journĂ©e de grĂšve et de manifestations", a averti mardi, au micro d'Ici Limousin, la numĂ©ro un de la CGT Sophie Binet Ă Limoges, oĂč elle cĂ©lĂ©brait les 130 ans de son syndicat.
- "Mettre la barre haut" -
Abandon du recul de l'ùge de départ à la retraite à 64 ans, du doublement des franchises médicales, du gel des prestations, d'une nouvelle réforme de l'assurance chÎmage, mais aussi "conditionnalité sociale et environnementale des aides publiques aux entreprises privées"... La liste des exigences syndicales est longue et la suspension - a minima - de la réforme des retraites de 2023 y occupe une place centrale.
"Nous voulons l'abrogation de cette réforme des retraites puisque c'est la source de tous les problÚmes", a redit Sophie Binet, voyant dans le "passage en force" d'Emmanuel Macron sur ce dossier l'origine de la "crise démocratique" en cours.
Chez Solidaires, on assume aussi de "mettre la barre haut" pour cette rencontre avec le Premier ministre "parce qu'il y a urgence à une rupture pour les plus précaires", explique l'une des deux co-déléguées générales, Murielle Guilbert.
Sur les retraites, "des mesurettes sur la pĂ©nibilitĂ© ou le droit de femmes, mĂȘme si elles sont aussi nĂ©cessaires, ne seront pas Ă mĂȘme de calmer le jeu", prĂ©vient-elle.
Face à eux, le Premier ministre n'a que peu laissé filtrer ses intentions.
La CFDT "attend des ruptures sur le contenu, les objectifs, le cadre", souligne son numéro 2, Yvan Ricordeau. "Mais là -dessus, on n'a rien" depuis son arrivée à Matignon, constate-t-il.
- Le Medef reçu aussi -
Comme "les négociations avec les différents partis politiques pour une coalition ou plutÎt une coalition de non-censure" continuent, Cyril Chabanier de la CFTC ne s'attend pas, pour sa part, à des réponses sur tous les sujets qui fùchent dÚs mercredi.
Il espÚre toutefois des "gestes d'ouverture forts", telle que la non-application de l'année blanche - le gel des prestations - "a minima" aux retraités et aux salariés les plus modestes ou l'annulation de la lettre de cadrage sur l'assurance chÎmage.
De la CGT à la CFTC, on souligne l'ampleur de la colÚre qui s'est exprimée dans la rue le 18 septembre.
"Il y a un million de personnes qui ont exprimé leur colÚre, elles ne vont pas rentrer chez elles comme ça", prévient Denis Gravouil de la CGT, qui accompagnera Sophie Binet à Matignon.
A l'issue de la rencontre, l'intersyndicale se réunira rapidement pour décider de la suite. Marylise Léon, la cheffe de file de la CFDT, sera aussi l'invitée du 20h de France 2 22h à La Réunion)
Sans annonce forte, une nouvelle manifestation pour maintenir la pression sur le Premier ministre avant son discours de politique générale, semble probable.
Le Premier ministre recevra aussi les organisations patronales mercredi aprĂšs-midi.
Le patron du Medef, Patrick Martin, dénonce les "théories dangereuses pour nos entreprises" qui alimentent le débat, comme la taxe Zucman. Il a annoncé mardi un "énorme meeting" de toutes les organisations patronales "dans quelques jours".
AFP



