Intelligence artificielle

L'ombre de Musk plane sur le sommet IA de Paris

  • PubliĂ© le 11 fĂ©vrier 2025 Ă  07:34
  • ActualisĂ© le 11 fĂ©vrier 2025 Ă  08:13
Sundar Pichai, PDG de Google, prononce un discours lors de l'événement de clÎture du premier jour du Sommet d'action sur l'intelligence artificielle (IA), au Grand Palais, à Paris, le 10 février 2025

Vers une intelligence artificielle plus Ă©thique? Le sommet de Paris sur l'IA va tenter mardi d'aboutir Ă  une position commune des Etats participants mais risque d'ĂȘtre Ă©clipsĂ© par les vues d'Elon Musk sur un acteur-clĂ© du secteur, OpenAI.

Chefs d'Etat et dirigeants de la tech se rĂ©unissent au dernier jour du sommet Ă  Paris, au moment oĂč l'homme le plus riche du monde cherche Ă  prendre le contrĂŽle de la start-up californienne qui a popularisĂ© l'IA gĂ©nĂ©rative avec ChatGPT fin 2022.

Selon des informations du Wall Street Journal lundi, Elon Musk veut, avec un groupe d'investisseurs, racheter l'organisation Ă  but non lucratif qui contrĂŽle OpenAI pour la somme de 97,4 milliards de dollars.

Si le milliardaire proche de Donald Trump n'a pas rĂ©pondu Ă  l'invitation au sommet IA lancĂ©e par le prĂ©sident français Emmanuel Macron, il risque d'ĂȘtre prĂ©sent dans les discussions mardi et d'alimenter le dĂ©bat sur la course Ă  l'intelligence artificielle, Ă©tant lui-mĂȘme partie prenante avec sa start-up d'IA gĂ©nĂ©rative, xAI, lancĂ©e en 2023.

"Non merci (...)", lui a sÚchement répondu sur X le patron d'OpenAI, Sam Altman, qui sera un des participants-phare de la derniÚre journée du sommet IA, marquée par un volet "business".

Mardi, la session de clĂŽture du sommet IA de Paris, prĂ©voit de dĂ©rouler le tapis rouge aux chefs d'État et patrons de la tech pour une sĂ©rie de discours impliquant treize personnalitĂ©s.

Le Premier ministre indien Narendra Modi, dont le pays co-préside l'événement, le vice-président américain J.D. Vance, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres prendront la parole.

Le PDG de Google Sundar Pichai, la directrice générale du groupe sud-coréen Naver, Choi Soo-yeon, et le chanteur et créateur de mode Pharrell Williams figurent également parmi les intervenants.

L'événement se doublera d'un "Business day", réunion des entreprises de la tech européenne et internationale, à Station F, l'incubateur de start-up fondé par le milliardaire français Xavier Niel.

Le président français Emmanuel Macron s'exprimera, quant à lui, deux fois, avant le point d'orgue de sa journée: un déjeuner avec J.D. Vance à l'Elysée.

Le numéro deux de l'exécutif américain, qui a fait carriÚre dans la Silicon Valley, effectue son premier déplacement à l'international depuis la prise de fonction de Donald Trump fin janvier et l'annonce de "Stargate", un plan d'investissements dans l'IA américaine à hauteur de 500 milliards de dollars.

- "Choisir la France" -

Pour son ouverture lundi, le sommet IA a vu le président Macron promettre une "stratégie" comparable à celle mise en avant pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris.

Son objectif: accélérer la construction d'infrastructures en France dédiées à cette technologie, avec un plan d'investissements privés à hauteur de 109 milliards d'euros.

Il faut "choisir l'Europe et choisir" la France, a martelé lundi M. Macron, avec pour arguments l'électricité bas carbone, les talents et la promesse d'une accélération des procédures.

Le chef de l'État devrait rĂ©itĂ©rer ce message mardi aprĂšs-midi dans les allĂ©es de Station F, au milieu des 3.000 Ă  4.000 entrepreneurs internationaux rĂ©unis.

En parallÚle, alors que la réglementation de l'IA, l'importance des modÚles en source ouverte (qui permettent l'accÚs à leur code informatique et autorisent d'autres à les utiliser) et le respect de la vie privée ont été largement abordés lundi, les attentes portent sur la déclaration commune prévue mardi.

Les participants au sommet devraient publier un texte non-engageant, rassemblant des principes partagés de régulation.

Mais lundi, Max Tegmark, prĂ©sident du Future of Life Institute, un organisme non lucratif basĂ© aux États-Unis qui met rĂ©guliĂšrement en garde contre les mĂ©faits de cette technologie, a appelĂ© les participants Ă  "ne pas signer" cette dĂ©claration.

AprÚs la circulation d'un brouillon de cet accord, M. Tegmark s'est élevé contre une "occasion manquée". En cause, notamment, l'absence supposée de mention relative aux "risques" associés à l'IA.

L'envoyĂ©e spĂ©ciale de l'ÉlysĂ©e pour le sommet, Anne Bouverot, avait indiquĂ© en amont que le texte final serait "trĂšs court", sans en prĂ©ciser le contenu.

Pour la premiÚre fois organisé au sein de l'Union européenne, le sommet de Paris, auquel participent quelque 1.500 personnes, fait suite à deux autres en Corée du Sud et au Royaume-Uni.

AFP

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