Gaz radioactifs

La Chine admet un incident mineur dans sa centrale nucléaire de Taishan

  • PubliĂ© le 16 juin 2021 Ă  11:38
  • ActualisĂ© le 16 juin 2021 Ă  12:14
La centrale nucléaire de Taishan, en Chine, en construction le 8 décembre 2013

Un petit nombre de barres de combustible endommagées est à l'origine d'une accumulation de gaz radioactifs dans la centrale nucléaire de Taishan, ont indiqué mercredi les autorités chinoises, qui ont écarté tout danger.

La chaĂźne de tĂ©lĂ©vision amĂ©ricaine CNN a rapportĂ© lundi une possible "fuite" dans cette centrale situĂ©e dans le sud de la Chine, qui dispose des seuls rĂ©acteurs EPR Ă  ĂȘtre entrĂ©s en service dans le monde.

Cette technologie, conçue pour offrir une puissance et une sûreté améliorées, est présentée comme le fleuron de la filiÚre nucléaire française et une vitrine pour EDF.

Pékin avait jusque-là relativisé les risques et expliqué que les niveaux de radioactivité autour de la centrale étaient normaux. Mercredi, le ministÚre chinois de l'Environnement et l'Autorité de sûreté du nucléaire ont donné les premiÚres explications techniques.

Dans un communiqué commun, ils ont admis une hausse de la radioactivité à l'intérieur d'un des réacteurs causée "par environ cinq barres de combustibles endommagées".

Un phénomÚne qualifié de "courant" par les autorités, du fait de "facteurs incontrÎlables" lors du processus de fabrication, de transport ou d'installation dans la centrale.

Les barres de combustibles (ou "crayons") contiennent des pastilles d'uranium et fournissent l'énergie dans le coeur d'un réacteur nucléaire. L'augmentation de la radioactivité dans la centrale se situe "dans la fourchette réglementaire" mais "il n'y a pas de fuite radioactive dans l'environnement", précise le communiqué.

EDF, qui est actionnaire à 30% de la centrale de Taishan aux cÎtés du groupe chinois CGN, a fait état lundi de la présence de "gaz rares" dans le circuit primaire du premier réacteur.

La procĂ©dure prĂ©voit que ces gaz soient collectĂ©s et traitĂ©s afin d'en retirer la radioactivitĂ©, avant d'ĂȘtre rejetĂ©s dans l'air. La technologie EPR subit ces derniĂšres annĂ©es de nombreuses dĂ©convenues. Les contretemps et dĂ©rapages budgĂ©taires se sont accumulĂ©s sur le premier chantier EPR, lancĂ© en 2005 Ă  Olkiluoto (Finlande) pour le compte de l'Ă©lectricien TVO. Et c'est avec plus de dix ans de retard que la production d'Ă©lectricitĂ© devrait finalement dĂ©marrer dĂ©but 2022.

Le deuxiĂšme EPR, en chantier depuis 2007 Ă  Flamanville (Manche) en France, a Ă©galement accumulĂ© les dĂ©boires, Ă  cause notamment d'anomalies dĂ©couvertes sur la composition de l'acier du couvercle et du fond de la cuve. Le problĂšme rĂ©vĂ©lĂ© Ă  Taishan intervient au moment oĂč EDF espĂšre de nouveaux chantiers Ă  l'Ă©tranger pour son rĂ©acteur.

AFP

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