Personne n'est Ă  bord

La Chine envoie un nouveau vaisseau dans l'espace

  • PubliĂ© le 5 mai 2020 Ă  22:01
  • ActualisĂ© le 5 mai 2020 Ă  22:09
Une fusée Longue-Marche 5B décolle du site de lancement de Wenchang sur l'ßle de Hainan, dans le sud de la Chine, le 5 mai 2020

C'est une étape cruciale vers une prochaine grande station spatiale chinoise sur le modÚle de l'ISS et un passeport pour des vols habités vers la Lune: la Chine a lancé mardi un nouveau vaisseau spatial.

L'engin a été propulsé depuis la base de Wenchang, sur l'ßle de Hainan (sud) à l'aide d'une fusée Longue-Marche 5B, la plus puissante du pays et dont c'était aussi le vol inaugural, a annoncé l'agence de presse Chine nouvelle.

Par sécurité, personne n'avait pris place à bord du vaisseau en raison de son caractÚre expérimental. Sa principale utilité: acheminer des astronautes vers la future station spatiale et réaliser des vols habités vers la Lune. Le vaisseau s'est placé sur l'orbite voulue aprÚs huit minutes de vol, selon Chine nouvelle.

Son retour sur Terre est prévu vendredi aprÚs une série de tests, a indiqué lors d'une conférence de presse Ji Qiming, de l'agence spatiale chinoise. Le chef du centre de contrÎle de la mission, Zhang Xueyu, a assuré que le lancement avait "renforcé la confiance et la détermination" pour les prochaines étapes du programme spatial chinois.

"Ce vol est une étape importante", souligne Chen Lan, analyste indépendant pour le site internet GoTaikonauts.com, spécialisé dans le programme spatial chinois. "Ce nouveau vaisseau va donner un avantage à la Chine sur le Japon et l'Europe en termes de voyage habité dans l'espace".

PĂ©kin a lancĂ© depuis 1999 plusieurs vĂ©hicules spatiaux "Shenzhou", construits sur le modĂšle des fameux "Soyouz" russes. RĂ©putĂ© plus sĂ»r, le vaisseau lancĂ© mardi est plus rapide, plus rĂ©sistant Ă  la chaleur, plus long (8,8 mĂštres) et plus lourd (21,6 tonnes). L'engin pourra Ă©galement transporter davantage d'astronautes (jusqu'Ă  six au lieu de trois) et devrait ĂȘtre partiellement rĂ©utilisable.

- Palais céleste -

Des caractéristiques qui ouvrent à la Chine de nouveaux horizons. "Tout dépend des ambitions du programme spatial chinois, mais des missions au-delà de la Lune seront possibles", souligne Carter Palmer, spécialiste des questions spatiales au cabinet américain Forecast International.

Aller loin dans l'espace nĂ©cessite deux choses principales: une vitesse trĂšs rapide pour s'arracher aux forces de gravitation, et une meilleure protection face aux tempĂ©ratures extrĂȘmes - des caractĂ©ristiques dont bĂ©nĂ©ficie a priori ce nouveau vaisseau chinois.

L'actuelle mission d'essai testera notamment son bouclier thermique et sa capacité à rentrer dans l'atmosphÚre. La future station spatiale chinoise (CSS), appelée en mandarin Tiangong ("Palais céleste") comprendra trois parties: un module principal long de prÚs de 17 mÚtres (lieu de vie et de travail) et deux modules annexes (pour les expériences scientifiques).

Son assemblage dans l'espace devrait dĂ©buter cette annĂ©e et s'achever en 2022. Elle pourrait un temps devenir la seule station opĂ©rationnelle aprĂšs l'arrĂȘt de la station spatiale internationale (ISS).

Autre nouveauté de la mission de mardi: la fusée Longue-Marche 5B. D'un diamÚtre de 5 mÚtres, d'un poids de 849 tonnes et d'une longueur de 54 mÚtres, elle peut envoyer dans l'espace des charges de 22 tonnes. C'est elle qui sera utilisée pour lancer les différentes parties de la future station spatiale.

- L'Amérique toujours premiÚre -

Cette réussite de mardi rassure sur le programme spatial chinois, aprÚs les échecs cette année du lancement d'un satellite indonésien (en avril) et de celui d'une fusée Longue-Marche 7 (en mars).

La Chine investit des milliards d'euros dans l'espace. Elle place de nombreux satellites en orbite, pour son compte (observation de la Terre, télécommunications, systÚme de géolocalisation Beidou) ou pour d'autres pays.

Début 2019, elle est devenue la premiÚre nation au monde à faire atterrir une sonde sur la face cachée de la Lune. Elle espÚre envoyer un homme sur l'astre lunaire dans une dizaine d'années et y avoir une base.

La Chine prévoit également de lancer une sonde vers Mars courant 2020. L'objectif est de faire atterrir l'engin sur la planÚte rouge et d'y faire évoluer un petit robot téléguidé.

Pour autant, est-elle au niveau des Américains ? "La Chine a rattrapé les Etats-Unis dans certains domaines spatiaux comme l'observation de la Terre et la navigation", note Chen Lan.

"Mais il y a toujours de grands écarts en matiÚre d'exploration de l'espace lointain et des vols habités", souligne l'analyste, pour qui l'Amérique reste "la principale puissance spatiale".

AFP

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