Relance économique

La Chine renoue avec la croissance aprĂšs la page Covid-19

  • PubliĂ© le 16 juillet 2020 Ă  11:05
  • ActualisĂ© le 16 juillet 2020 Ă  12:17
Un port de chargement pour les cargos, le 2 juillet 2020 Ă  Qingdao (est de la Chine)

Un coup d'accĂ©lĂ©rateur pour la croissance chinoise: le PIB a bondi de 3,2% au deuxiĂšme trimestre, aprĂšs avoir enregistrĂ© son plus mauvais rĂ©sultat historique en dĂ©but d'annĂ©e, au moment oĂč l'Ă©pidĂ©mie de Covid-19 paralysait le pays.

Bien que sujet à caution, le chiffre officiel du PIB chinois, annoncé jeudi par le Bureau national des statistiques (BNS), est toujours scruté de prÚs compte tenu du poids du pays dans l'économie mondiale. Sa hausse d'avril à juin est plus prononcée que les prévisions d'un groupe d'analystes sondés par l'AFP (+1,3%).

La Chine, oĂč le virus est apparu en dĂ©cembre avant de se propager dans le reste du monde, est le premier pays Ă  avoir relancĂ© son activitĂ© et apparaĂźt Ă  ce titre comme un baromĂštre pour la reprise espĂ©rĂ©e de l'Ă©conomie mondiale.

Son rythme de croissance trimestriel reste toutefois éloigné du niveau atteint sur l'ensemble de 2019 (+6,1%), qui était déjà un plus bas historique. Mais il est bien meilleur qu'au premier trimestre (-6,8%), quand l'épidémie de Covid-19 paralysait le pays.

Les Bourses chinoises Ă©taient cependant dans le rouge Ă  la mi-journĂ©e, Shanghai cĂ©dant 1,41% et Hong Kong 1,17%. "Le marchĂ© ne croit probablement pas" aux chiffres du PIB au deuxiĂšme trimestre, juge l'Ă©conomiste Iris Pang, de la banque ING qui juge aussi les statistiques officielles "trop belles pour ĂȘtre vraies".

Sur l'ensemble du premier semestre, l'économie chinoise a "fait face à de graves défis posés par le Covid-19" tant dans le pays qu'à l'étranger, a admis devant la presse une porte-parole du BNS, Liu Aihua, jugeant l'activité toujours "sous pression".

- L'emploi sous pression -

Les ventes de détail, principal indicateur de la consommation, ont ainsi encore connu en juin un repli sur un an (-1,8%). Cette baisse est inférieure à celle du mois précédent (-2,8%) mais le chiffre est moins bon que les prévisions des analystes, qui tablaient en moyenne sur +0,5%.

En revanche, la production manufacturiĂšre a rĂ©alisĂ© le mois dernier sa meilleure performance depuis le dĂ©but de l'annĂ©e, avec une progression de 4,8% sur un an. Mais le secteur de l'exportation, un pilier de l'Ă©conomie chinoise, reste particuliĂšrement vulnĂ©rable au moment oĂč les principaux partenaires commerciaux de PĂ©kin affrontent toujours le virus.

Quant à l'investissement en capital fixe, il s'affichait sur les six premiers mois de l'année en contraction de 3,1%. Le rebond de l'économie est dû à la fois au "succÚs (du pays) dans la gestion du virus" et à une politique de soutien du gouvernement, estime l'agence de notation financiÚre Fitch.

Malgré l'apparition d'un nouveau foyer à Pékin le mois dernier, un seul nouveau cas de contamination a été enregistré jeudi dans tout le pays. Et pour soutenir une économie fragilisée, le pays va laisser filer son déficit cette année à 3,6% du PIB (contre 2,8% l'an dernier).

Plusieurs provinces ou communes ont lancé des opérations commerciales à coup de bons d'achat ou de réductions pour encourager la consommation et in fine soutenir l'emploi. Car si la Chine se remet progressivement de l'épidémie, c'est au prix d'énormes répercussions économiques: des millions de personnes ont perdu leur travail, un facteur qui pÚse lourdement sur la consommation intérieure. En juin, le taux de chÎmage s'est établi à 5,7%, contre 5,9% en mai et un record absolu de 6,2% en février.

- Pauvreté et inondations -

Ce chiffre ne reflÚte toutefois que la situation des citadins et exclut de facto les centaines de millions de travailleurs migrants originaires des campagnes et qui sont aussi les plus fragilisés par la crise. Pour joindre les deux bouts, les plus vulnérables n'ont d'autre choix que de s'improviser vendeurs de rue malgré la vindicte de la police.

Selon le Premier ministre chinois Li Keqiang, 600 millions de personnes, soit prĂšs de la moitiĂ© de la population, gagnent moins de 1.000 yuans par mois (124 euros). A ce contexte s'ajoutent les pluies record qui s'abattent autour du bassin du YangtsĂ©, oĂč vit prĂšs d'un tiers de la population chinoise. "Les dommages Ă©conomiques causĂ©s par les inondations risquent d'ĂȘtre Ă©levĂ©s alors que des milliers de bĂątiments ont Ă©tĂ© dĂ©truits", prĂ©vient Fitch.

Ce contexte, de nature Ă  menacer la sacro-sainte "stabilitĂ© sociale", met aussi en pĂ©ril l'ambitieuse promesse du prĂ©sident Xi Jinping d'Ă©radiquer l'extrĂȘme pauvretĂ© en 2020. Le mois dernier, le Fonds monĂ©taire international (FMI) a revu Ă  la baisse son estimation de croissance pour la Chine cette annĂ©e Ă  1%.

AFP

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