Il a tué deux jeunes filles

La famille du tueur de Marseille ne peut croire Ă  une radicalisation religieuse

  • PubliĂ© le 4 octobre 2017 Ă  16:44
  • ActualisĂ© le 4 octobre 2017 Ă  16:51
La maison Ă  Zarzouna, en Tunisie, oĂč habite la famille d'Ahmed Hanachi, dĂ©signĂ© comme le meurtrier de deux jeunes cousines Ă  Marseille, le 4 octobre 2017

La famille d'Ahmed Hanachi, un Tunisien désigné comme le meurtrier de deux jeunes cousines dimanche à Marseille, peine à comprendre ce qui a pu pousser à l'acte cet homme selon eux paumé mais pas radicalisé.


"Cette histoire de Daech (acronyme arabe de l'organisation jihadiste Etat islamique, NDLR), pour moi c'est impossible, je ne veux pas l'entendre", a déclaré à l'AFP le pÚre d'Ahmed, Noureddine Hanachi, un retraité ayant travaillé comme maßtre d'hÎtel à Vienne en Autriche.
"Peut-ĂȘtre qu'il Ă©tait sous l'effet de la drogue", quand il a agressĂ© Ă  coups de couteaux les jeunes filles devant la gare Saint-Charles, assure le pĂšre, un sexagĂ©naire Ă  l'allure sportive, en jean-basket.
La maison familiale, une vaste bùtisse récente, se trouve dans un quartier de classe moyenne de la localité de Laayoun, prÚs de Zarzouna dans la région de Bizerte, à quelque 70 km au nord de Tunis.
Pour l'oncle d'Ahmed, c'était un "beau gosse", "bon vivant", qui aimait s'habiller bien, mais n'avait "rien à voir" avec l'EI qui a revendiqué le double homicide.
Les jihadistes "ont menti", assure le pĂšre.
Pour une source de sécurité s'exprimant sous couvert de l'anonymat, Ahmed et son frÚre Anouar seraient néanmoins classés "extrémistes".
Les parents peinent à réaliser ce qui s'est passé, d'autant qu'ils n'ont pas été convoqués par les autorités, disent-ils.


Un officier de la police locale a cependant confirmé à l'AFP que l'agresseur abattu à Marseille était bien leur fils.
Ahmed a passĂ© la majoritĂ© de sa vie adulte en Europe, selon ses proches, mais quelques amis d'enfance se rappellent d'un fĂȘtard, avec qui ils disent avoir essayĂ© "toutes les drogues" fumĂ©es ou injectĂ©es, cocaĂŻne, Subutex, etc.
"Nous sommes sous le choc. Cette histoire de Daech, c'est impossible", assure Anouar, 29 ans, tatouages au bras. "On allait en discothÚque avec lui l'été, je ne l'ai jamais entendu dire +Allah Akbar+", 'Dieu est le plus grand', injonction proférée lors du meurtre à Marseille selon des témoins.
Selon lui, Ahmed avait essayé avec l'aide de son frÚre Anouar de se défaire de ses addictions à l'été 2016, lors d'un séjour de plusieurs mois en Tunisie.
Ses proches indiquent qu'il aurait divorcé récemment de son épouse italienne, et se serait retrouvé dans la foulée sans papiers.

Par Marina LAPENKOVA - © 2017 AFP

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