A quelques heures de son entrée en Bourse jeudi, La Française des Jeux fait le décompte mercredi des investisseurs - petits comme grands - ayant souscrit ses actions, une opération d'ores et déjà présentée comme un succÚs par le gouvernement.
La période de souscription pour le grand public s'est achevée mardi soir. Les investisseurs institutionnels - fonds, entreprises, banques, assurances, etc. - ont encore jusqu'à mercredi midi pour réserver leurs actions.
L'engouement s'est rapidement fait sentir pour les 99 millions de titres cédés par l'Etat: dÚs le 8 novembre, au lendemain de l'ouverture de la période de réservation des actions, la part réservée aux grands investisseurs avait déjà été entiÚrement souscrite.
Et dimanche, Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances, a annoncé que les souscriptions en provenance des petits épargnants avaient dépassé le milliard d'euros - alors que l'enveloppe théorique visée à l'origine par le gouvernement était fixée à 600 millions.
"C'est un immense succÚs populaire (...) C'est considérable. Les Français sont au rendez-vous, les souscripteurs sont au rendez-vous", avait salué M. Le Maire.
Le prix dĂ©finitif auquel les actions Française des Jeux vont ĂȘtre cĂ©dĂ©es sera dĂ©voilĂ© mercredi, avant l'entrĂ©e Ă la Bourse de Paris jeudi matin du groupe.
Au vu du succÚs rencontré par l'opération, le prix du titre devrait se situer en haut de la fourchette initiale comprise entre 16,50 et 19,90 euros.
Afin de contenter le maximum de porteurs, les souscriptions inférieures à 5.000 euros seront prioritaires, et ceux qui auront demandé plus ne verront qu'une partie de leur demande satisfaite.
- l'Etat triplement gagnant -
Pour convaincre les petits épargnants d'investir, l'Etat leur a accordé une décote de 2% sur le prix des titres, ainsi qu'une action gratuite pour 10 achetées à condition qu'elles soient détenues pendant 18 mois.
L'opĂ©ration constitue en effet un test grandeur nature pour tenter de rĂ©concilier le grand public avec la Bourse: les petits porteurs ont Ă©tĂ© mis Ă mal par la crise de 2008, et gardent en tĂȘte les exemples des entrĂ©es en Bourse d'EDF (2005) et France TĂ©lĂ©com (1997), dont les cours restent aujourd'hui en dessous de leur niveau d'introduction.
La privatisation s'annonce d'ores et déjà une opération gagnante pour l'Etat: en abaissant sa participation de 72% à quelque 20% dans la FdJ, il devrait empocher prÚs de 2 milliards d'euros, une somme qui permettra d'abonder le fonds pour l'innovation et l'industrie.
Il va Ă©galement continuer d'empocher les quelque 3,5 milliards d'euros de recettes fiscales et sociales versĂ©es chaque annĂ©e par l'opĂ©rateur de jeux, mĂȘme aprĂšs la privatisation.
Sans oublier les 380 millions d'euros de l'entreprise qu'il va recevoir en échange du monopole pour exploiter pendant 25 ans jeux de loterie et paris sportifs dans son réseau physique.
HéritiÚre de la loterie nationale créée en 1933, la Française des Jeux est une des rares entreprises publiques françaises en bonne santé financiÚre. Son nom est aussi trÚs familier pour les Français, qui ont encore misé l'an dernier prÚs de 16 milliards d'euros dans ses jeux d'argent et de hasard.
AFP


