La France "n'accueillera pas de migrants" venus de l'ßle italienne de Lampedusa, sujette depuis plusieurs jours à un afflux migratoire important, a déclaré mardi le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, affichant la "fermeté" du gouvernement en la matiÚre.
"La France veut une position de fermeté", a martelé le ministre, invité sur le plateau de TF1. Le cas des demandeurs d'asile, par exemple pour des raisons politiques, est bien sûr différent, a concédé M. Darmanin, qui a cependant minimisé leur présence parmi les migrants débarqués à Lampedusa.
FermetĂ© face Ă lâimmigration irrĂ©guliĂšre : retrouvez mon interview au 20h de @TF1 Ă la suite de mon dĂ©placement Ă Rome. pic.twitter.com/7ShQQqeC7J
â GĂ©rald DARMANIN (@GDarmanin) September 19, 2023
"Ce n'est pas en accueillant plus de personnes que l'on va tarir un flux qui évidemment touche nos capacités d'intégration", a-t-il poursuivi.
"En revanche, nous avons dit Ă nos amis italiens que nous Ă©tions prĂȘts Ă les aider pour reconduire des personnes dans les pays avec qui nous avons de bonnes relations diplomatiques", a ajoutĂ© M. Darmanin, citant la CĂŽte d'Ivoire et le SĂ©nĂ©gal.
Le ministre s'exprimait au lendemain d'une visite à Rome à son homologue transalpin, alors que l'Italie fait face à une accélération importante de l'arrivée de migrants sur l'ßle de Lampedusa, située entre la Tunisie et la Sicile.
Entre lundi et mercredi derniers, environ 8.500 personnes, soit plus que l'ensemble de la population de Lampedusa, sont arrivées à bord de 199 bateaux, selon l'agence des Nations unies pour les migrations.
Cette situation a mis les capacités d'accueil de l'ßle sous forte tension, généré une onde de choc politique en Italie et relancé l'épineuse question de la solidarité européenne en matiÚre d'accueil et de répartition des demandeurs d'asile, pour soutenir les pays en premiÚre ligne de ces arrivées.
Au sujet des demandeurs d'asile, M. Darmanin a admis qu'il fallait "distinguer" leur situation de celle de la majorité des migrants, tout en renvoyant cette responsabilité aux autorités italiennes.
"Si les personnes sont éligibles à l'asile, (si) elles sont persécutées sexuellement, politiquement, religieusement, évidemment c'est le devoir de la France comme d'autres pays européens de les accueillir", a-t-il reconnu.
Mais il a minimisé la présence de demandeurs d'asile parmi les migrants de Lampedusa, affirmant que la majorité de ces derniers ne fuyaient pas des persécutions.
"Ce ne sont pas des Afghans, ce ne sont pas des Syriens", a-t-il insisté.
Le ministre a par ailleurs annoncé qu'il avait décidé de "renforcer" les contrÎles à la frontiÚre franco-italienne: les effectifs de police et de gendarmerie dédiés à cette tùche passeront de 500 à 700, a-t-il précisé.
AFP

Mais donner des leçons aux italiens, ça, il sait faire!