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La France va tester la recharge de voitures électriques en roulant sur autoroute

  • PubliĂ© le 15 juillet 2023 Ă  09:48
  • ActualisĂ© le 15 juillet 2023 Ă  09:56
La France va tester la recharge de voitures et camions électriques sur l'autoroute A10 prÚs de Paris, en mettant à l'épreuve deux technologies qui permettront aux véhicules de rouler plus longtemps avec des batteries de taille réduite

La France va tester la recharge de voitures et camions électriques sur l'autoroute A10 prÚs de Paris, en mettant à l'épreuve deux technologies qui permettront aux véhicules de rouler plus longtemps avec des batteries de taille réduite donc moins gourmandes en métaux rares

D'un cĂŽtĂ©, des bobines magnĂ©tiques glissĂ©es sous le bitume rechargeront les batteries par induction, comme des tĂ©lĂ©phones portables. De l’autre, un rail insĂ©rĂ© au ras du bitume permettra aux vĂ©hicules Ă©quipĂ©s de se brancher au sol.

Ces systĂšmes de "routes Ă©lectriques" pourraient accĂ©lĂ©rer la rĂ©volution en cours dans l'industrie automobile: ils permettent aux vĂ©hicules Ă©lectriques de rouler plus longtemps, sans s'arrĂȘter pour recharger et sans traĂźner des batteries trop lourdes et gourmandes en matĂ©riaux rares.

Ces "routes électriques" permettraient de réduire de 62 à 71% l'autonomie nécessaire pour un usage normal des voitures et donc la taille de leurs batteries, selon une étude de l'université de Göteborg (SuÚde). Par ailleurs, les économies faites sur les batteries permettraient largement de les financer, selon cette étude.

Sur l'A10, l'idée est de tester ces solutions à haute vitesse. Il s'agit de "lever les derniÚres questions qui restent, avant de déployer ces technologies à grande échelle, sur des centaines ou des milliers de kilomÚtres", explique Louis du Pasquier, en charge du projet chez Vinci.

Les premiers tests seront effectués en septembre 2023 à Rouen sur une piste fermée du Cerema, un établissement public sous la tutelle du ministÚre de la Transition écologique.

Ces systÚmes de recharge dynamique seront ensuite installés sur quatre kilomÚtres de la voie de droite de l'A10 dans le sens Paris-Orléans, en amont de la barriÚre de péage de Saint-Arnoult-en-Yvelines. Les chargeurs ne s'activeront qu'avec les véhicules compatibles.

L'autoroute du Mont-Blanc (Haute-Savoie) testera Ă©galement bientĂŽt une solution de "frotteur", dĂ©veloppĂ©e Ă  l'origine par Alstom pour les tramways. Les vĂ©hicules Ă©quipĂ©s d’un dispositif rĂ©tractable viennent collecter l’électricitĂ© depuis une piste d’alimentation insĂ©rĂ©e dans la couche de roulement de la chaussĂ©e.

La "route électrique" sera essentielle pour électrifier rapidement les poids lourds, qui roulent encore massivement au diesel, selon des rapports rendus au ministÚre des Transports à l'été 2021.

- BarriĂšres technologiques -

Enthousiaste, Patrick Pelata, ancien dirigeant de Renault, explique que la "route Ă©lectrique" permet "une dĂ©carbonation forte du transport routier de longue distance au fur et Ă  mesure que l’électricitĂ© se dĂ©carbone en Europe".

Elle prĂ©sente aussi, assure-t-il, "un excellent rendement Ă©nergĂ©tique, une alimentation continue qui ne dĂ©grade pas les conditions d’exploitation des camions et une diminution significative de la taille des batteries des poids-lourds faisant de longs trajets", tout en rĂ©duisant "trĂšs fortement" les besoin en bornes de recharge.

Des barriÚres technologiques restent cependant à lever: selon les rapports rendus au ministÚre, l'induction est peu puissante et coûteuse, tandis que le rail peut s'encrasser et poser des problÚmes aux deux-roues, notamment.

Outre l'induction et le rail conductif, une troisiÚme solution est en cours de test en Allemagne, faisant appel à une caténaire, comme pour les tramways: elle est "la plus avancée techniquement" mais elle n'alimente que les camions, et les pylÎnes nécessaires en bord de route posent des problÚmes de sécurité routiÚre, selon un rapport rendu au ministÚre des Transports.

La startup Electreon, qui fournit le systĂšme par induction, a dĂ©jĂ  des projets en IsraĂ«l, en SuĂšde, aux Etats-Unis ou en Italie, oĂč Fiat teste la recharge d'une petite 500. Le consortium Elonroad, qui fournit le rail, le teste depuis 2019 dans le sud de la SuĂšde.

L'expĂ©rience sur l'A10 s’étalera sur trois ans pour un budget de 26 millions d’euros, avec le soutien du plan public France 2030 via la Banque publique d'investissement (BPI).

AFP

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