Inflation

La hausse des prix alimentaires ralentit, mais la facture reste salée

  • PubliĂ© le 28 aoĂ»t 2023 Ă  19:49
  • ActualisĂ© le 28 aoĂ»t 2023 Ă  19:57
Chaque année, les supermarchés négocient avec leurs fournisseurs les conditions auxquelles ils leur achÚteront, pour l'année à venir, leur production qui garnira les rayons des magasins

Quelques mois aprÚs la promesse du gouvernement d'une "baisse visible des prix" alimentaires à la rentrée, l'addition reste douloureuse pour les consommateurs, si bien que distributeurs et industriels sont à nouveau convoqués à Bercy cette semaine pour trouver des solutions.

"Je peux, avec une certaine certitude, vous assurer qu'à la rentrée nous aurons une baisse visible des prix dans les rayons" alimentaires, assurait fin avril la ministre déléguée au Commerce Olivia Grégoire.

Mais le constat dressé par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire est plus nuancé. "J'avais indiqué que l'inflation commencerait à ralentir à l'été 2023. Nous y sommes", a-t-il assuré en fin de semaine derniÚre.

Selon l'Insee, les prix dans l'alimentaire étaient en juillet 12,7% plus élevés qu'un an plus tÎt, soit un léger ralentissement par rapport à juin (+13,7%).

Une réduction du niveau d'inflation ne correspond toutefois pas à une baisse de prix dans les rayons, mais à une hausse moins rapide.

En outre, les prix avaient déjà commencé à grimper il y a un an, dans la foulée de l'invasion russe de l'Ukraine. Au total sur deux ans, l'inflation dans les grandes surfaces est supérieure à 21%, rappelait récemment le média spécialisé LSA associé au panéliste Circana.

- Inflation "durable" -

"L'inflation sera durable, et c'est un paramÚtre nouveau qu'il va falloir prendre en compte", a observé Dominique Schelcher, PDG du 4e acteur de la distribution française, SystÚme U, dans une tribune publiée lundi sur LinkedIn.

Fin avril, Olivia Grégoire espérait que les prix pourraient baisser à l'issue de renégociations entre distributeurs et industriels agroalimentaires. Chaque année, les supermarchés et leurs fournisseurs de l'agro-industrie négocient de décembre jusqu'au 1er mars les conditions de vente d'une large partie des produits vendus tout le reste de l'année en grandes surfaces.

Lors du dernier épisode conclu en mars dernier, le prix moyen payé par les supermarchés aux industriels s'est apprécié de 9%. Mais le prix d'un certain nombre de matiÚres premiÚres a décru depuis et le gouvernement a appelé les différentes parties à se remettre autour de la table des négociations.

"TrÚs peu d'industriels ont joué le jeu, quasiment aucun n'a voulu renégocier et 15 à 20 d'entre eux ont consenti des baisses de prix temporaires sur un nombre limité de produits, ce qui est trÚs clairement insuffisant", a estimé lundi auprÚs de l'AFP Jacques Creyssel, délégué général de l'organisation patronale représentant le secteur, la FCD.

- Rendez-vous Ă  Bercy -

Les industriels expliquaient avant l'Ă©tĂ© s'ĂȘtre engagĂ©s Ă  un "effort", gĂ©nĂ©ralement sous forme de promotions temporaires, sur le prix d'"Ă  peu prĂšs 1.000 produits" de grandes marques, comme Coca-Cola par exemple. Dans le cas du cĂ©lĂšbre soda, des remises de 10% sont accordĂ©es depuis le 1er aoĂ»t et pour trois mois, mais uniquement sur certaines rĂ©fĂ©rences, sans sucres et en grandes bouteilles.

Le nombre de produits concernés est en outre à mettre en regard avec le nombre de références en magasins: 3.000 à 5.000 dans un supermarché, et entre 20.000 et 35.000 dans les hypermarchés.

Avant les industriels, les supermarchés s'étaient de leur cÎté engagés mi-mars, dans le cadre d'une opération commerciale peu contraignante nommée "trimestre anti-inflation" - depuis prolongée -, à vendre une sélection de produits laissée à leur discrétion, au "prix le plus bas possible".

Lundi, le troisiÚme acteur du secteur de la distribution alimentaire, Intermarché, a annoncé renforcer "significativement son combat pour la défense du pouvoir d'achat en proposant +1.000 produits pouvoir d'achat+ jusqu'à la fin de l'année", alors qu'il vendait depuis mars "500 produits anti-inflation".

Le leader du secteur est E.Leclerc, son dauphin le géant Carrefour.

"Je réunirai industriels et distributeurs avec Olivia Grégoire cette semaine pour leur demander de prolonger leurs opérations, qui ont fonctionné", a expliqué Bruno Le Maire lundi sur France Inter.

Son cabinet précise que les distributeurs ont rendez-vous mercredi matin au ministÚre de l'Economie, les industriels jeudi.

Le gouvernement prévoit de demander d'"élargir à un plus grand nombre de produits" les opérations promotionnelles, et espÚre convaincre davantage d'industriels de s'engager sur une "baisse des prix".

Dans le cas contraire, "on entre dans la période du budget", attendu fin septembre, "nous avons des instruments à notre disposition pour que chacun joue le jeu", a précisé Bruno Le Maire.

AFP

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