Le tribunal administratif de Nantes a rejetĂ© vendredi des recours d'occupants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, qui visaient Ă contraindre l?Ătat Ă communiquer des documents administratifs en lien avec leurs Ă©ventuelles expulsions, a annoncĂ© Ă l'AFP l'avocat des requĂ©rants.
"Les rĂ©fĂ©rĂ©s (procĂ©dures d'urgence) sont rejetĂ©s. Le tribunal administratif se dit incompĂ©tent pour statuer sur notre demande", a dĂ©clarĂ© Ă l'AFP Pierre Huriet, qui avait dĂ©posĂ© en fin de semaine derniĂšre, Ă la veille de la fin de la trĂȘve hivernale des expulsions, neuf rĂ©fĂ©rĂ©s "mesures utiles" au nom d'occupants de la ZAD.
Ces derniers enjoignaient la préfecture de Loire-Atlantique de leur communiquer une éventuelle décision d'expulsion ou tout acte administratif y afférent, pouvant justifier leur expulsion par la force publique.
La dĂ©cision du juge des rĂ©fĂ©rĂ©s intervient alors qu'une intervention des forces de l'ordre semble imminente Ă Notre-Dame-des-Landes, pour en expulser ses occupants illĂ©gaux. L'ultimatum fixĂ© par le gouvernement pour qu'ils partent d'eux-mĂȘmes, prĂšs de trois mois aprĂšs l'abandon du projet d'aĂ©roport, a en effet expirĂ©.
"Ăa ne change en rien Ă la lĂ©galitĂ© ou non des expulsions Ă venir", a estimĂ© Me Huriet. Il s'est dit par ailleurs "Ă©tonnĂ© du dĂ©lai qui se compte en dizaines de minutes", entre la communication des arguments en dĂ©fense de la prĂ©fecture et la dĂ©cision du tribunal.
"Le mĂ©moire en dĂ©fense de la prĂ©fecture laisse entendre qu'il y a eu des ordonnances sur requĂȘte (sans procĂ©dure contradictoire, ni publique, NDLR), c'est-Ă -dire des procĂ©dures anonymes qui ne nous laissent pas l'occasion de nous dĂ©fendre, pour presque tous les lieux" de la ZAD, a indiquĂ© Ă l'AFP un occupant.
"Leur argumentaire, c'est qu'ils ne pouvaient pas faire autrement, car ils étaient dans l'impossibilité d'identifier les personnes concernées. (...) Ce sont des arguments fallacieux, car on est plusieurs à avoir depuis des années envoyé des courriers en donnant notre nom et en disant qu'on habitait telle ou telle parcelle", a-t-il ajouté.
Des occupants de la ZAD et certaines composantes du mouvement anti-aéroport ont par ailleurs formellement envoyé à la préfecture - par courriel jeudi et par lettre recommandée vendredi matin - une proposition de convention collective d'occupation précaire pour une partie des 1.650 hectares de la ZAD.
A travers cette proposition, qu'ils prĂ©sentent comme "une forme de rĂ©gularisation globale" qui permettrait de "rouvrir le dialogue" avec l?Ătat et d'Ă©viter une opĂ©ration d'expulsion, ils souhaitent signer un bail prĂ©caire et collectif pour 278 ha de terres agricoles sur lesquelles ils ont lancĂ© des projets agricoles ou artisanaux. La convention couvrirait Ă©galement 220 hectares d'espaces boisĂ©s et une vingtaine d'hectares d'habitats et bĂątis divers, selon les occupants.
L'Ătat a indiquĂ© Ă plusieurs reprises qu'il privilĂ©giait des solutions individuelles quant Ă l'usage des terres, dans le cadre du futur projet agricole de la ZAD.
2018 AFP


