Selon rapport publié ce mardi 14 juin

La malnutrition devient la "nouvelle norme"

  • PubliĂ© le 14 juin 2016 Ă  13:38
La malnutrition devient la "nouvelle norme" dans le monde, l'obésité, selon une étude

La malnutrition devient la "nouvelle norme" dans le monde, l'obésité progressant pratiquement partout tandis que la dénutrition persiste dans les pays les plus pauvres, relÚve une étude dévoilée mardi.

La communauté internationale ne réussira pas à mettre fin à la malnutrition d'ici à 2030 si elle n'agit pas plus vigoureusement, estiment les auteurs du Global Nutrition Report, document établi par un groupe d'experts internationaux financé par des fondations philanthropiques et des organisations publiques.

Au moins 57 des 129 pays étudiés présentent des niveaux élevés tant de sous-nutrition - en particulier le retard de croissance et l'anémie - que d'obésité et de surpoids chez l'adulte, note ce rapport.

"Une personne sur trois souffre de malnutrition", relÚve Lawrence Haddad, coprésident du groupe auteur de ce rapport et chercheur associé à l'International Food Policy Research Institute, citée dans un communiqué de presse.
"Nous vivons dans un monde oĂč ĂȘtre mal nourri est la nouvelle norme. Nous devons tous dire que c'est inacceptable."
La malnutrition est responsable de prÚs de la moitié des décÚs des enfants de moins de cinq ans et, conjuguée à des régimes alimentaires inadaptés, elle constitue le premier risque de santé publique, selon le rapport.

L'étude souligne que l'obésité et le surpoids progressent dans chaque région du monde et pratiquement chaque pays, représentant "un défi colossal".
Le nombre d'enfants de moins de 5 ans en surpoids approche désormais le nombre de ceux qui affichent un trop faible poids par rapport à leur taille.
"Nous sommes mal partis pour atteindre les objectifs en matiÚre de nutrition", estime ce rapport. L'ONU a fixé dans ses objectifs de développement durable en 2015 de "mettre fin à toute forme de malnutrition" d'ici à 2030.
Exemple du retard pris, la baisse de l'anémie est si lente que l'objectif ne sera atteint qu'en 2130 au lieu de 2030. Les membres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) visent une baisse de 50% de l'anémie chez les femmes d'ici à 2025.
Des progrÚs sont cependant enregistrés, par exemple le nombre d'enfants de moins de cinq ans en retard de croissance recule partout, sauf en Afrique et Océanie.

Des changements modestes pourraient mettre de nombreux pays sur les bons rails pour atteindre les objectifs en matiÚre de nutrition, ajoute ce rapport. "L'élément clé du succÚs est l'engagement politique", relÚve Lawrence Haddad.
En termes budgétaire, l'effort à faire reste "significatif" puisqu'il faudrait consacrer 70 milliards de dollars pour atteindre les objectifs de réduction en matiÚre de retard de croissance, de malnutrition sévÚre, d'allaitement et de baisse de l'anémie.
Le Global Nutrition Report fait un état des lieux annuel des objectifs de nutrition pris en 2013 par les membres de l'OMS à l'horizon 2025.

- © 2016 AFP

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