Une semaine seulement aprĂšs une courte vague de chaleur, une nouvelle canicule plus longue et plus difficile pour les organismes a commencĂ© jeudi en France oĂč 45 dĂ©partements sont placĂ©s en vigilance orange.
Cet Ă©pisode qui devrait durer jusqu'au milieu de la semaine prochaine devrait ĂȘtre un peu moins "intense" que les trois jours de fin juillet-dĂ©but aoĂ»t oĂč la barre des 40°C a Ă©tĂ© allĂšgrement franchie dans de nombreuses stations de la moitiĂ© sud du pays, avec des pics Ă prĂšs de 42°C.
Mais l'accumulation des tempĂ©ratures au dessus du seuil de canicule pendant plusieurs jours, avec des tempĂ©ratures parfois "caniculaires" la nuit, risque d'ĂȘtre plus difficile Ă supporter, notamment pour les personnes les plus vulnĂ©rables (personnes ĂągĂ©es, femmes enceintes, jeunes enfants...).
Alors les autoritĂ©s rappellent les consignes de prudence: buvez de l'eau, restez au frais, Ă©vitez l'alcool, fermez les volets et les fenĂȘtres le jour, aĂ©rez la nuit, et prenez des nouvelles de vos proches. Mais le ventilateur ne peut plus en revanche ĂȘtre utilisĂ© en collectivitĂ©, en raison du risque de transmission du Covid-19.
Pour répondre à toutes les questions, une plate-forme téléphonique sera disponible à partir de vendredi au 0800 06 66 66. Jeudi aprÚs-midi, les températures dépassaient déjà 35°C en région parisienne et sur le quart sud-ouest.
Mais le mercure va encore grimper nettement vendredi, avec des maximales atteignant "37 à 40°C, trÚs localement 41°C à 42°C, des Pays de la Loire au Poitou-Charentes à l'Aquitaine et une grande partie de l'Occitanie, approchant probablement des records par endroits", a annoncé Météo-France en plaçant jeudi 45 départements en alerte orange, du Sud-Ouest aux Hauts-de-France, en passant par la région parisienne.
La barre symbolique des 40°C, encore trĂšs rarement atteinte dans le pays il y a moins d'un demi-siĂšcle, devrait ainsi Ă nouveau ĂȘtre dĂ©passĂ©e. Les tempĂ©ratures devraient baisser un peu samedi sur la façade ouest, mais pas sur le reste de l'Hexagone, oĂč la canicule devrait se poursuivre au moins jusqu'Ă mardi.
Toutefois, cet épisode ne devrait pas atteindre l'intensité des canicules exceptionnelles de 2019, marquées par un record absolu à 46°C, ni la durée de celle de 2003 qui avait fait 15.000 morts, selon Météo-France.
"C'est un véritable signe du changement climatique. Cette tendance lourde arrive et malheureusement, elle ne va pas nous lùcher", a indiqué à l'AFP le climatologue Robert Vautard, du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement.
- Sécheresse et pollution de l'air -
La multiplication et l'intensification des Ă©pisodes de fortes chaleurs sont un des marqueurs les plus clairs du rĂ©chauffement climatique. La planĂšte a dĂ©jĂ gagnĂ© au moins +1°C depuis l'Ăšre prĂ©-industrielle, et mĂȘme si les Etats respectent leurs engagements de rĂ©duction d'Ă©missions de gaz Ă effet de serre, le rĂ©chauffement pourrait atteindre plus de 3°C, bien au-delĂ de l'objectif de +2°C figurant dans l'accord de Paris de 2015.
Ce nouvel épisode qui frappe la France risque en outre de s'accompagner par une pollution à l'ozone, polluant classique des canicules. Paris a déjà mis en place la circulation différenciée à partir de jeudi, en prévision d'une persistance pendant plusieurs jours du dépassement des seuils d'information pour ce polluant qui pénÚtre facilement les voies respiratoires et peut provoquer une inflammation des poumons.
Ce nouvel Ă©pisode de canicule survient alors que la France a enregistrĂ© son dĂ©but d'annĂ©e le plus chaud. La pĂ©riode janvier-juillet 2020 a ainsi Ă©tĂ© la plus chaude jamais observĂ©e depuis 1900, devant la mĂȘme pĂ©riode de 2007, selon MĂ©tĂ©o-France.
Juillet 2020 a également été le plus sec depuis au moins 1959, avec un trÚs important déficit de précipitation, entraßnant la poursuite du dessÚchement des sols et de la végétation.
"On a actuellement des sols parmi les cinq plus secs des 60 derniÚres années. On s'approche des records de 1976 et 2003, sans vraiment les atteindre", a commenté le prévisionniste Etienne Kapikian sur le compte Twitter de Météo-France.
Une sécheresse problématique pour les agriculteurs et qui augmente également les risques d'incendies. Face à cette situation, des restrictions d'usage de l'eau ont été prises dans 72 départements touchés à des degrés divers, selon le site officiel Propluvia.
AFP

