Le laser le plus avancé jamais placé en orbite

La Nasa envoie un laser dans l'espace pour mesurer la glace sur Terre

  • PubliĂ© le 13 septembre 2018 Ă  06:43
  • ActualisĂ© le 13 septembre 2018 Ă  06:50
Un avion P-3 de la Nasa mesure l'épaisseur d'un iceberg dans l'Arctique, le 10 mai 2017

L'agence spatiale américaine Nasa a prévu de lancer samedi son laser le plus avancé jamais placé en orbite, l'ICESat-2, une mission d'un milliard de dollars destinée à révéler l'ampleur de la fonte des glaces sur une Terre qui se réchauffe.

Le satellite d'une demie-tonne doit ĂȘtre propulsĂ© par une fusĂ©e Delta II depuis la base Vandenberg de l'US Air Force en Californie. La fenĂȘtre de tir, de quarante minutes, doit s'ouvrir Ă  5H46 locales (12H46 GMT). Cette mission est "extraordinairement importante pour la science", a relevĂ© Richard Slonaker, responsable du programme ICESat-2 Ă  la Nasa, Ă  des journalistes.

Car depuis prÚs de dix ans l'agence ne disposait plus d'un instrument en orbite pour mesurer l'épaisseur des superficies recouvertes de glace à travers la planÚte.
La mission précédente, ICESat, a été lancée en 2003 et s'est achevée en 2009. Grùce à elle, les scientifiques ont appris que la banquise s'affinait et que les surfaces recouvertes de glace disparaissaient des régions cÎtiÚres du Groenland et de l'Antarctique.

Depuis, des relevés ont été effectués grùce à un avion dans le cadre d'une mission baptisée Operation IceBridge qui a survolé l'Arctique et l'Antarctique. Des "mesures de hauteur et des données sur l'évolution de la glace" ont été récoltées, a expliqué la Nasa.

Mais une mise à jour est nécessaire de toute urgence. L'utilisation croissante des sources d'énergie fossile par l'humanité entraßne une hausse constante des émissions de gaz à effet de serre, considérés comme les principaux responsables du changement climatique. La température mondiale moyenne augmente année aprÚs année, les quatre années les plus chaudes des temps modernes ayant été enregistrées entre 2014 et 2017.

La couche de glace s'amenuise dans l'Arctique et le Groenland, accentuant le phénomÚne de hausse du niveau des océans qui menace des centaines de millions d'habitants des régions cÎtiÚres du monde entier Le tout nouveau ICESat-2 devrait aider les scientifiques à comprendre l'ampleur de la contribution de la fonte des glaces à la montée des océans.

- Laser de rechange -

"Nous allons ĂȘtre capables de regarder spĂ©cifiquement la façon dont la glace Ă©volue sur une seule annĂ©e", a relevĂ© Tom Wagner, un chercheur du programme cryosphĂšre (glace terrestre) de la Nasa. Combiner ces relevĂ©s prĂ©cis avec ceux rassemblĂ©s au fil des ans devrait donner un coup de fouet Ă  la comprĂ©hension du changement climatique et amĂ©liorer les prĂ©visions sur la hausse du niveau des mers, a-t-il ajoutĂ©.

L'ICESat-2 est Ă©quipĂ© de deux lasers --dont l'un de rechange au cas oĂč-- beaucoup plus perfectionnĂ©s que le modĂšle Ă  bord de la mission prĂ©cĂ©dente.
Malgré sa puissance, le rayon ne sera pas chaud au point de faire fondre la glace depuis le poste d'observation orbital déployé à quelque 500 kilomÚtres au-dessus de la Terre, a relevé la Nasa.

Il tirera 10.000 fois par seconde, contre quarante fois pour son prĂ©dĂ©cesseur, ce qui fournira des donnĂ©es beaucoup plus dĂ©taillĂ©es. Des mesures seront prises tous les 70 centimĂštres sur la trajectoire du satellite. "La mission va rĂ©colter suffisamment de donnĂ©es pour quantifier les changements annuels d'Ă©paisseur de la couche de glace au Groenland et dans l'Antarctique, mĂȘme si ce n'est que de quatre millimĂštres Ă  peine", a indiquĂ© l'agence spatiale amĂ©ricaine.

Outre l'Ă©paisseur et la superficie de la couche de glace, le laser va aussi mesurer la pente sur laquelle elle est posĂ©e. "L'une des choses que nous essayons de faire est de dĂ©crypter les changements qui s'opĂšrent Ă  l'intĂ©rieur de la glace, et cela va Ă©normĂ©ment amĂ©liorer notre comprĂ©hension en la matiĂšre, en particulier dans les rĂ©gions oĂč nous ne savons pas bien encore comment ils Ă©voluent", a expliquĂ© M. Wagner, citant les grandes profondeurs de l'Antarctique comme l'une de ces zones mystĂ©rieuses.

La mission est censée durer trois ans mais le satellite dispose d'assez de carburant pour perdurer pendant une décennie, si ses responsables décidaient de prolonger sa durée de vie.
AFP

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