Bolivie

La nouvelle présidente tente de pacifier le pays

  • PubliĂ© le 14 novembre 2019 Ă  20:28
  • ActualisĂ© le 15 novembre 2019 Ă  05:00
Des partisans de l'ex-président bolivien Evo Morales manifestent à La Paz le 14 novembre 2019

La nouvelle présidente bolivienne par intérim, Jeanine Añez, tentait jeudi de pacifier le pays deux jours aprÚs son accession au pouvoir à la suite de la démission forcée d'Evo Morales et de son départ vers le Mexique.

"Nous venons pacifier le pays", a déclaré jeudi matin le ministre de la Défense, Fernando Lopez Julio, au cours d'une cérémonie militaire, quelques heures aprÚs la nomination mercredi soir du gouvernement. "Avant tout, nous allons devoir avoir la foi en Dieu", a-t-il aussitÎt ajouté, mettant en évidence l'influence religieuse de la nouvelle équipe dirigeante.

C'est avec deux exemplaires de la Bible Ă  la main et sous les "Gloire Ă  Dieu!" que la sĂ©natrice de droite Jeanine Añez, 52 ans, a pris mardi ses fonctions Ă  la tĂȘte du pays, Ă  la faveur d'une vacance de pouvoir provoquĂ©e par les dĂ©missions successives de M. Morales et de ses successeurs constitutionnels.

Pour la deuxiÚme journée consécutive, La Paz tentait de retrouver jeudi des airs de normalité, les commerces rouvrant leurs portes et les bus et les cabines de téléphérique fonctionnant à nouveau.

Les cours restaient toutefois suspendus et les abords de la place Murillo, oĂč se trouve le siĂšge du gouvernement, gardĂ©s par un imposant dispositif des forces de l'ordre, a constatĂ© l'AFP.

Mercredi, au premier jour de fonction de Mme Añez, des affrontements ont éclaté dans l'aprÚs-midi entre des manifestants partisans d'Evo Morales et les forces de l'ordre à La Paz et ailleurs dans le pays.

Portant des Whiapalas, le drapeau andin indigÚne multicolore qu'Evo Morales a introduit comme symbole national en 2009, et scandant "maintenait, oui, une guerre civile!", quelque 3.000 personnes favorables à Evo Morales étaient arrivées dans le centre-ville en provenance de la ville voisine d'El Alto.

Les incidents se sont prolongĂ©s jusque tard dans la soirĂ©e, Ă  quelques pĂątĂ©s de maisons du siĂšge du gouvernement. Une vingtaine de personnes ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es, selon les mĂ©dias locaux, qui diffusaient les images d'une nouvelle manifestation en prĂ©paration Ă  El Alto.

- Barricades levées -

Depuis Mexico, oĂč il est arrivĂ© mardi pour y bĂ©nĂ©ficier de l'asile politique, Evo Morales s'est dit prĂȘt Ă  rentrer en Bolivie pour "apaiser" la situation. "Si mon peuple le demande, nous sommes disposĂ©s Ă  retourner (en Bolivie) pour apaiser la situation", a dĂ©clarĂ© M. Morales lors d'une confĂ©rence de presse mercredi Ă  Mexico. "Nous reviendrons tĂŽt ou tard", a-t-il assurĂ©, appelant Ă  un "dialogue national" afin de rĂ©soudre la crise qui agite son pays.

Une vague de protestation contre la réélection contestée de M. Morales pour un quatriÚme mandat lors du scrutin du 20 octobre a fait en trois semaines dix morts et quelque 400 blessés.

Au sud de la capitale administrative, les barricades qui bloquaient la route depuis trois semaines pour protester contre l'ancien chef de l'Etat, ont été levées. La premiÚre décision de politique étrangÚre de Mme Añez a été de reconnaßtre jeudi le dirigeant de l'opposition vénézuélienne Juan Guaido en tant que président du Venezuela, faisant volte-face par rapport à l'alliance entre Evo Morales et le président socialiste Nicolas Maduro.

Juan Guaido a été reconnu en tant que président par intérim du Venezuela par une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis, qui jugent illégitime le pouvoir exercé par Nicolas Maduro. De son cÎté, le président vénézuélien a qualifié de "coup d'Etat" les événements qui ont conduit à la démission d'Evo Morales.

Le Venezuela est confronté à une grave crise que Nicolas Maduro attribue aux sanctions imposées par les Etats-Unis, fervents soutiens de l'opposant Juan Guaido, pour faire pression sur lui et, in fine, l'évincer.

Mercredi soir, la Chambre des députés bolivienne a de nouveau siégé et élu son président, le socialiste Sergio Choque, membre du parti d'Evo Morales. Le Sénat en revanche n'a pas repris ses activités.

AprÚs les Etats-Unis mercredi, qui ont reconnu Mme Añez comme présidente de la Bolivie, la Russie à reconnu de facto la nouvelle dirigeante, tout en continuant de dénoncer un "coup d'Etat" dans ce pays.

AFP

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