Londres et Bruxelles se sont quittés jeudi sur un nouveau constat d'échec à l'issue d'une session de négociations sur leur relation post-Brexit, faute d'avancées sur les principales pommes de discorde, tout en gardant l'espoir d'un accord.
Depuis que le Royaume-Uni a quitté l'Union européenne le 31 janvier, aprÚs 47 ans d'un mariage houleux, les deux parties ont engagé d'intenses discussions pour définir le cadre de leur nouvelle relation et nouer un accord de libre-échange à l'issue de la période de transition, qui se termine le 31 décembre. AprÚs trois jours de discussions à Londres, le négociateur européen Michel Barnier a jugé jeudi "peu probable" en l'état de trouver un accord, lors d'une conférence de presse.
Les discussions doivent se poursuivre la semaine prochaine, avant une prochaine session de nĂ©gociations Ă partir du 17 aoĂ»t. "Peu de progrĂšs" ont Ă©tĂ© effectuĂ©s sur les conditions de concurrence Ă©quitable et la pĂȘche. Avant d'autoriser Ă Londres un accĂšs au marchĂ© europĂ©en sans droits de douane ni quotas, les 27 veulent absolument Ă©viter l'Ă©mergence d'un concurrent dĂ©loyal Ă leurs portes. De son cĂŽtĂ©, le Royaume-Uni veut reprendre le contrĂŽle de ses eaux poissonneuses et en limiter l'accĂšs aux pĂȘcheurs de l'Union.
"Par son refus actuel de s'engager sur les conditions d'une concurrence Ă©quitable et d'un accord Ă©quilibrĂ© sur la pĂȘche, le Royaume-Uni rend un accord commercial Ă ce stade peu probable", a dĂ©clarĂ© Michel Barnier. "Le Royaume-Uni cherche une exclusion quasi-totale" des bateaux de pĂȘche europĂ©ens des eaux britanniques, a-t-il relevĂ©, "c'est tout simplement inacceptable".
- Pas question "d'abandonner" -
Son homologue britannique David Frost a de son cĂŽtĂ© dĂ©plorĂ© qu'aucun accord ne puisse ĂȘtre trouvĂ© avant la fin du mois de juillet comme l'avait espĂ©rĂ© le Premier ministre Boris Johnson, ardent promoteur du Brexit. Le chef du gouvernement conservateur avait estimĂ© inutile de poursuivre les discussions jusqu'Ă l'automne.
"Malheureusement, il est clair que nous ne conclurons pas en juillet l'accord prĂ©liminaire sur les principes sous-tendant un accord que nous avions posĂ© comme objectif" dans les discussions, a regrettĂ© David Frost dans un communiquĂ©. "Des divergences considĂ©rables subsistent dans les domaines les plus difficiles, soit des conditions de concurrence Ă©gales et la pĂȘche", a confirmĂ© le nĂ©gociateur britannique.
Néanmoins, "malgré les difficultés, les progrÚs sont véritables", a fait valoir un haut responsable britannique. "Quand le processus cesse d'avoir une utilité et qu'il n'y a aucun moyen de parvenir à un accord, ça ne sert plus à rien de discuter. Nous n'en sommes pas là ", a déclaré cette source proche des négociations.
"Il n'a jamais Ă©tĂ© question de la part de David Frost ou de la mienne d'abandonner les nĂ©gociations. Loin de lĂ ", a renchĂ©ri Michel Barnier. "MalgrĂ© toutes les difficultĂ©s, sur la base du travail que nous avons accompli en juillet, j'estime qu'un accord peut toujours ĂȘtre trouvĂ© en septembre", a affirmĂ© David Frost.
Faute d'accord avant le 31 décembre, Britanniques et Européens se quitteraient en appliquant dans leurs échanges commerciaux les rÚgles de l'Organisation mondiale du commerce et leurs droits de douane élevés dÚs le 1er janvier.
La semaine derniÚre, Londres avait dévoilé le détail de ses premiÚres propositions concernant la gestion de ses frontiÚres aprÚs le Brexit, insistant sur le fait qu'elles seraient mises en application indépendamment de la conclusion d'un accord avec Bruxelles. Le projet prévoit une application graduelle de la loi aux frontiÚres au cours des six premiers mois de 2021.
AFP


