Sur les rails, dans le ciel, ou encore dans les amphis d'universités occupés, la semaine sociale qui sera marquée par l'examen du projet de loi SNCF à l'Assemblée lundi, s'annonce intense et tendue.
Sur le dossier SNCF, la CGT est encore montée d'un cran vendredi en expliquant que faute de véritable négociation possible avec le gouvernement, la grÚve par épisode de deux jours sur cinq pourrait se prolonger "au-delà du mois de juin".
Les syndicats sont ressortis cette semaine furieux de leurs deux premiĂšres sĂ©ances de concertation au ministĂšre des Transports, oĂč Elisabeth Borne menait les dĂ©bats sur statut, dette, recrutement...
Le deuxiÚme épisode de la grÚve débute samedi soir à partir de 20H00 et se poursuivra dimanche et lundi aprÚs deux premiÚres journées les 3 et 4 marquées par un trafic fortement perturbé.
Le conflit du rail se télescope ce samedi avec la cinquiÚme journée de grÚve chez Air France depuis le 22 février: la direction a annoncé l'annulation de 30% des vols samedi (25% des long-courriers au départ de Paris, 35% des moyen-courriers depuis et vers Roissy, 30% des court-courriers à Orly et en région).
Tout cela le premier week-end de dĂ©part en vacances de la zone A qui comprend notamment Bordeaux, Lyon, Besançon et Grenoble. Le Premier ministre Ădouard Philippe a d'ailleurs dĂ©cidĂ© de reporter le dĂ©placement qu'il avait initialement prĂ©vu au Mali.
AprÚs un nouvel échec des négociations jeudi, les salariés d'Air France poursuivent en effet leur bras de fer pour obtenir 6% d'augmentation générale de salaire qu'ils réclament en contrepartie des efforts qu'ils considÚrent avoir fourni ces derniÚres années. Le conflit semble dans l'impasse.
- Débat ferroviaire à l'Assemblée -
Dans le sud-est de la France ce sont les contrÎleurs aériens qui sont appelés à la grÚve pour le week-end par deux syndicats, mais selon l'Aviation civile cela ne se traduira pas par des annulations de vols. Ils protestent pour des questions d'effectifs et pour leurs conditions de travail.
Chez Air France, deux autres journées de grÚve sont d'ores et déjà programmées mardi et mercredi.
Entre-temps, aprĂšs l'examen en commission, le dĂ©bat sur la rĂ©forme ferroviaire va entrer pleinement dans l'HĂ©micycle lundi soir. Il promet, lĂ aussi, d'ĂȘtre tendu avec une partie de la gauche mobilisĂ©e pour dĂ©fendre les cheminots. CGT-cheminots et Sud-Rail ont appelĂ© Ă un rassemblement en dĂ©but d'aprĂšs-midi aux abords du Palais Bourbon.
L'examen du projet de loi doit se tenir jusqu'à jeudi soir, avec au menu la transformation de la SNCF en société anonyme, le calendrier de l'ouverture à la concurrence prévue au niveau européen, et la suppression de l'embauche au statut.
Et au bout de la nuit parlementaire... un troisiÚme épisode de grÚve à la SNCF vendredi 13 et samedi 14 avril, qui va coïncider cette fois avec le début des vacances de la zone C, Montpellier, Paris, Toulouse, Versailles.
Autre terrain de conflit, encore plus imprévisible: les universités. Trois universités sont complÚtement bloquées Jean-JaurÚs (Toulouse), Paul-Valéry (Montpellier) et Paris-8, et d'autres facs connaissent des blocages, du fait d'une grogne contre les modalités d'accÚs à la fac, assimilées à de la "sélection".
La semaine n'est décidément pas avare en dossiers chauds, puisque lundi démarre la concertation dans la fonction publique, que l'exécutif prévoit de réformer, suivie d'une intersyndicale mardi, qui pourrait déboucher sur l'annonce d'une nouvelle journée d'action, aprÚs celle du 22 mars.
AFP


