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La Turquie cible le PKK sur son sol et l'EI en Syrie

  • PubliĂ© le 4 septembre 2016 Ă  18:31
Des soldats turcs dans la ville syrienne de Jarablous Ă  la frontiĂšre avec la Turquie, le 2 septembre 2016

L'armĂ©e turque a intensifiĂ© ce week-end ses opĂ©rations contre les rebelles kurdes en bombardant dix positions du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans l'est de la Turquie, au moment oĂč Ankara poursuivait ses opĂ©rations en Syrie voisine.


Ces nouvelles frappes interviennent quelques heures aprĂšs la mort de 22 soldats turcs et d'un vigile dans des affrontements avec le mouvement indĂ©pendantiste kurde dans la mĂȘme rĂ©gion orientale.
Les avions turcs ont détruit quatre positions du PKK prÚs de Cukurca, dans la province de Hakkari (sud-est) prÚs de la frontiÚre irakienne, a indiqué l'agence progouvernementale Anatolie, citant des sources de sécurité.
Six autres positions du PKK ont été bombardées dans la nuit de samedi à dimanche dans la région du Mont Tendurek, entre les provinces de Agri et Van (est), a-t-elle ajouté.
Dans un communiquĂ©, l'armĂ©e a indiquĂ© avoir "neutralisĂ©" 100 militants du PKK lors d'affrontements avec ses forces samedi, sans prĂ©ciser combien de ces hommes avaient Ă©tĂ© tuĂ©s ou blessĂ©s. Selon l'agence Dogan, la plupart des rebelles kurdes se sont retranchĂ©s dans le nord de l'Irak, oĂč sont situĂ©es les bases arriĂšres du PKK.
Le PKK, considéré comme une organisation "terroriste" par la Turquie, les Etats-Unis et l'Union européenne, mÚne réguliÚrement des attaques contre les forces de sécurité turques qui ont fait des dizaines de morts depuis qu'un cessez-le-feu entre rebelles et forces turques a pris fin en 2015.
Plus de 40.000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit en 1984.
Lors d'un discours à Diyarbakir (sud) dimanche, le Premier ministre Binali Yildirim a annoncé un investissement de 12 milliards de livres turques (3,6 milliards d'euros) pour les régions du sud du pays endommagées par les récentes vagues de violences, dont 1,9 milliard pour le quartier de Sur à Diyarbakir, particuliÚrement touché.
- Appel à la 'solidarité' -
La Turquie a récemment intensifié sa lutte contre les combattants kurdes, en lançant le 24 août l'opération militaire "Bouclier de l'Euphrate" dans le nord de la Syrie, visant à la fois le groupe jihadiste Etat islamique (EI) et les milices liées au PYD (Parti de l'union démocratique), considéré par Ankara comme la branche syrienne du PKK.
Dimanche, en marge du sommet du G20 en Chine, le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé les pays de l'Otan - dont la Turquie est membre - à partager une position commune sur toutes les organisations "terroristes".
"Il n'y a pas de bon ou de mauvais terroriste. Toutes les formes de terrorisme sont mauvaises, toutes sont un fléau et nous devons nous dresser contre elles", a-t-il déclaré aprÚs une rencontre avec son homologue américain Barack Obama.
M. Erdogan a également souligné la nécessité d'éviter la formation d'une zone autonome continue le long de la frontiÚre turco-syrienne par les milices kurdes.
"Pour éviter ce couloir de la terreur, les forces de la coalition doivent se montrer solidaires de la Turquie dans cette lutte. Je crois que nous remporterons ce combat", a affirmé le président turc, ajoutant que la lutte d'Ankara contre l'EI, le PKK et les YPG (Unités de protection du peuple kurde, branche armée du PYD) en Syrie se poursuivrait.
- Opérations anti-EI -
Toutefois, aucun affrontement entre forces turques et pro-kurdes n'a été signalé sur le sol syrien depuis au moins 48 heures, l'armée turque concentrant ses efforts sur l'EI.
AprÚs avoir ouvert samedi un nouveau front chez son voisin en envoyant des chars dans le village syrien d'Al-Raï, l'armée turque a bombardé dans la nuit de samedi à dimanche quatre cibles de l'EI, selon un communiqué diffusé par des agences progouvernementales.
Une cible du groupe ultraradical sunnite a été détruite prÚs du village d'Al-Raï, tandis que trois autres positions ont été bombardées prÚs de la localité de Jarablos, récemment reprise à l'EI par des rebelles pro-Ankara.
Dimanche, les combats contre l'EI se poursuivaient au sud d'Al-Raï, selon la télévision turque NTV.
Le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, a affirmé à l'AFP que l'EI continuait de reculer.
AprÚs l'avancée des rebelles pro-turcs, "il reste désormais 16 km à l'EI dans la zone frontaliÚre. Quand ils (les jihadistes) les perdront, ils perdront leur seul lien entre les zones qu'ils contrÎlent et le monde extérieur".

Par Eric RANDOLPH - © 2016 AFP
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