Sécurité alimentaire

Lactalis: les pistes de la commission parlementaire pour éviter une nouvelle affaire

  • PubliĂ© le 18 juillet 2018 Ă  09:41
  • ActualisĂ© le 18 juillet 2018 Ă  10:59
Le Pdg du groupe Lactalis devait s'expliquer devant une commission d'enquĂȘte parlementaire sur l'affaire du lait infantile contaminĂ©

La commission d'enquĂȘte parlementaire chargĂ©e de tirer les leçons de l'affaire de la contamination de laits infantiles Lactalis prĂ©sente mercredi les pistes dĂ©gagĂ©es pour Ă©viter que ne se reproduisent les cafouillages auxquels avaient donnĂ© lieu ces retraits/rappels fin 2017 et dĂ©but 2018.

Au cours des quatre mois d'enquĂȘte, les parlementaires ont auditionnĂ© des acteurs de l'administration, de la grande distribution, de l'agroalimentaire, du monde agricole ainsi que plusieurs ministres pour tenter de trouver quels Ă©taient les points faibles Ă  amĂ©liorer dans ces procĂ©dures complexes.

Pour l'association des familles de victimes du lait contaminé aux salmonelles, "ces auditions auront eu le mérite de donner de nombreuses informations quant au déroulement de la crise: crÚches et certains distributeurs non informés officiellement de procédures de retraits/rappels, et pas de contrÎles des autorités sur de possibles contaminations bactériologiques de produits infantiles depuis 2005".

Mais les familles des victimes seront surtout "vigilantes quant à l'application concrÚte" des recommandations de la commission, assure l'association dans un communiqué.

Fin 2017, 36 nourrissons ont Ă©tĂ© atteints de salmonellose aprĂšs avoir consommĂ© un produit pour enfant fabriquĂ© par Lactalis. Le processus de retrait a Ă©tĂ© chaotique et de nombreux dysfonctionnements ayant menĂ© Ă  la contamination ont Ă©tĂ© mis au jour, ce qui a donnĂ© lieu Ă  l'ouverture d'une enquĂȘte judiciaire.

L'affaire avait également poussé le gouvernement à s'engager à renforcer les contrÎles sanitaires des entreprises agroalimentaires et à améliorer la procédure de retrait/rappel de produits.

Mardi, un rapport du Conseil national de la consommation (CNC), qui regroupe les associations de consommateurs, organisations professionnelles et services de la concurrence, a préconisé de combiner plusieurs mesures pour améliorer la mise hors circuit des produits défectueux.

- Site internet unique -

Une des dispositions phare est la mise en place d'un site internet unique de l'Etat oĂč les producteurs et tous les distributeurs auront l'obligation de poster l'intĂ©gralitĂ© des informations nĂ©cessaires pour le consommateur. Mais cela nĂ©cessitera des "dispositions lĂ©gislatives", qui pourraient ĂȘtre intĂ©grĂ©es au projet de loi "Pacte" sur la croissance des entreprises, dont l'examen doit dĂ©buter "Ă  partir du mois de septembre Ă  l'AssemblĂ©e nationale", selon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

La possibilitĂ© de recourir aux donnĂ©es bancaires des clients ayant achetĂ© un produit faisant l'objet d'un retrait/rappel pour les alerter directement "pourrait ĂȘtre un instrument extraordinairement efficace", a aussi estimĂ© le ministre. Il a toutefois soulignĂ© "qu'il y a une sensibilitĂ© parfaitement lĂ©gitime sur la protection du secret bancaire, donc nous allons poursuivre l'instruction de cette proposition, voire quelles limites nous devons y mettre".

La grande distribution a également pris des engagements comme la généralisation du contrÎle en caisse de tous les produits éventuellement défectueux, de façon à garantir qu'aucun article ne puisse sortir d'un magasin de la grande distribution en cas de crise sanitaire.

M. Le Maire a aussi annoncé le développement dans les semaines qui viennent de la possibilité pour des lanceurs d'alertes de signaler, par le biais d'une application mobile de la Répression des fraudes (DGCCRF), "l'ensemble des produits suspects qu'ils auront pu voir au cours de leurs actes de consommation".

AFP

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