Atteinte grave Ă  l'environnement

L'Amazonie, un paradis presque perdu

  • PubliĂ© le 11 novembre 2021 Ă  02:57
  • ActualisĂ© le 11 novembre 2021 Ă  09:56
Un bateau sur la riviĂšre Jurura, en plein coeur de l'Amazonie, le 15 mars 2020

Vue du ciel, l'Amazonie est une immensitĂ© infinie d'un vert profond, seulement veinĂ©e des riviĂšres bleues qui y serpentent. Une immensitĂ© infinie... pour l'instant. Car si l'on poursuit le survol vers les confins de la plus grande forĂȘt tropicale du monde, on dĂ©couvre de gigantesques cicatrices brunes, lĂ  oĂč la jungle a Ă©tĂ© rasĂ©e puis brĂ»lĂ©e pour faire place Ă  des routes, des carriĂšres de mines d'or, des rĂ©coltes et surtout des ranchs pour l'Ă©levage du bĂ©tail.

C'est le fameux "arc de la déforestation" qui marque une saignée en travers de l'Amérique du Sud - une catastrophe en marche pour notre planÚte. Jusqu'à récemment, grùce à sa végétation luxuriante et au miracle de la photosynthÚse, le bassin amazonien a absorbé une bonne part des émissions de carbone dans l'atmosphÚre, repoussant le cauchemar d'un changement climatique qui deviendrait incontrÎlable.

Mais des études montrent que l'Amazonie se rapproche d'un "point de basculement" climatique, ce seuil critique au-delà duquel le changement d'un écosystÚme est irréversible, qui la verra se dessécher et devenir savane, tandis que ses 390 milliards d'arbres mourront les uns aprÚs les autres.

Aujourd'hui, la destruction s'accĂ©lĂšre, surtout depuis que le prĂ©sident d'extrĂȘme droite et climato-sceptique Jair Bolsonaro est arrivĂ© au pouvoir au BrĂ©sil en janvier 2019. Il veut ouvrir les terres protĂ©gĂ©es Ă  l'agronĂ©goce et Ă  l'extraction miniĂšre sur les 61% de l'Amazonie situĂ©e en territoire brĂ©silien.

La destruction est en marche aussi pour le vivier extrĂȘmement riche d'espĂšces interdĂ©pendantes -- plus de trois millions rĂ©pertoriĂ©es -- dont l'emblĂ©matique aigle harpie fĂ©roce et le majestueux jaguar.

Les peuples indigĂšnes, gardiens de la forĂȘt grĂące Ă  leurs traditions millĂ©naires, souffrent des incursions violentes d'orpailleurs sur leurs territoires. Mais la catastrophe ne va pas s'arrĂȘter lĂ . Si l'Amazonie atteint le "point de basculement", au lieu de limiter le rĂ©chauffement climatique, elle l'accĂ©lĂ©rera tout Ă  coup, recrachant dans l'atmosphĂšre une dĂ©cennie d'Ă©missions de carbone.

"On est en train de tuer l'Amazonie", se désole Luciana Gatti, scientifique spécialiste de la chimie atmosphérique. "Aussi terribles que soient les prédictions (sur le réchauffement climatique), en fait elles sont optimistes (....) Nous allons arriver à un scénario de film d'horreur bien plus tÎt que prévu."

Par bien des aspects, c'est une histoire maléfique: des types violents avec des chapeaux de cow-boy exploitant une région sans loi, profitant de la corruption politique et des inégalités massives pour s'enrichir. "Le grand problÚme de l'Amazonie, c'est l'absence de loi", résume Jordan Timo Carvalho, éleveur dans l'Etat septentrionnal du Para.

Mais c'est aussi toute l'histoire de l'humanitĂ©: notre relation avec la nature, nos appĂ©tits insatiables, notre incapacitĂ© Ă  nous arrĂȘter avant qu'il ne soit trop tard. Car l'or, le bois, le soja, le bƓuf qui dĂ©truisent l'Amazonie ont Ă  voir avec l'offre et la demande mondiales. On trouve les produits qui asphyxient l'Amazonie dans des maisons Ă  travers le monde.

AFP

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1 Commentaires
Romuald
Romuald
4 ans

"Socialisme ou barbarie", c'Ă©tait l'alternative devant laquelle l'humanitĂ© Ă©tait placĂ©e, avaient averti les militant(e)s communistes rĂ©volutionnaires du dĂ©but du 20Ăšme siĂšcle (LĂ©nine, Trotzky, Rosa Luxemburg).Le fait que le capitalisme ait rĂ©ussi Ă  se maintenir au pouvoir partout dans le monde, qu'il nous impose sa loi, celle de la recherche dĂ©bridĂ©e du profit Ă  tout prix a pour corrolaire, pour consĂ©quence effectivement aujourd'hui - cela se passe sous nos yeux - le glissement gĂ©nĂ©ral de la sociĂ©tĂ© vers la barbarie. Il n'est qu'Ă  voir ce qui se passe au Moyen Orient, en Afrique, en AmĂ©riques centrale et latine, mais aussi en Europe avec la montĂ©e de l'extrĂȘme-droite et des idĂ©es racistes et xĂ©nophobes.Seule la classe ouvriĂšre est en position et est capable, si elle renoue avec la lutte pour une sociĂ©tĂ© dĂ©barassĂ©e du capitalisme, d'ouvrir d'autres perspectives et de redonner espoir Ă  toute l'humanitĂ© !Pour en finir avec la barbarie capitaliste, une seule solution : une sociĂ©tĂ© dirigĂ©e par les travailleurs, partout dans le monde !