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L'amour au temps des lacrymos: le coeur bat dans les manifs de Hong Kong

  • PubliĂ© le 31 aoĂ»t 2019 Ă  06:21
Etudiants, Abby, 19 ans, et Nick, 20 ans, se tiennent par la main, tissant leur histoire d'amour née dans les manifestations d'un long été hongkongais.

DrĂŽle d'endroit pour une idylle.

.. Entre deux barricades, dans la brume des gaz lacrymogÚnes, Abby et Nick se tiennent par la main, tissant leur histoire d'amour née dans les manifestations d'un long été hongkongais.
Comme de nombreux étudiants du territoire semi-autonome chinois, le jeune couple a passé ses vacances à battre le pavé, bravant les charges de police, les arrestations et les balles en caoutchouc.
Abby et Nick -- qui prĂ©fĂšrent utiliser des noms d'emprunt -- se sont rencontrĂ©s Ă  la fac en juin, alors mĂȘme que s'Ă©branlaient les premiĂšres manifestations contre l'exĂ©cutif pro-PĂ©kin. Leur amour a fleuri Ă  mesure que grossissait la contestation, devenue le plus grave dĂ©fi au rĂ©gime chinois depuis la rĂ©trocession du territoire par la Grande-Bretagne en 1997.
Nick, 20 ans, et Abby, 19 ans, ont passé des heures sur les barricades, une relation charpentée par l'adrénaline et le sentiment de combattre pour défendre les libertés de l'ancienne colonie britannique.
"Nous avons été à beaucoup de manifestations depuis juin, pratiquement tous les weekends", témoigne Abby. "Ce n'était pas pour s'amuser. Mais c'est super de partager ça avec quelqu'un. C'est unique."
Devenus des quasi-professionnels de l'agitation, les jeunes gens se rendent aux dĂ©filĂ©s ensemble. Dans les toilettes d'un centre commercial, ils enfilent leur panoplie de rebelles: vĂȘtements noirs, masque Ă  gaz et lunettes de plongĂ©e, pour se protĂ©ger des lacrymos.
- Briques et lunettes -
A l'approche de la police anti-émeute, ils se tiennent un peu en retrait, derriÚre les manifestants radicaux qui jettent des briques en direction des policiers.
"Si je vis assez vieux, ce sera une sacrée histoire à raconter à mes enfants et petits-enfants", commente Nick, un étudiant en lettres qui n'a rien d'une armoire à glace.
Lors d'une récente manif dans le district de Tsuen Wan, Nick tient un parapluie au dessus d'Abby pendant qu'elle lui ajuste son masque à gaz. Derniers moments de tendresse avant une pluie de lacrymos et une fuite éperdue, chacun de son cÎté dans le chaos.
Malgré les gaz, Nick retire ses lunettes en plastique pour tenter d'envoyer frénétiquement un message à sa copine à l'aide de son téléphone portable.
"J'étais inquiet", raconte-t-il plus tard à l'AFP. "Normalement, je ne vais pas avec elle à l'avant de la manifestation. Nous nous sommes perdus quand la police a tiré les premiers gaz. Je l'ai retrouvée une heure plus tard dans un centre commercial".
- "Maintenant ou jamais" -
Les deux Ă©tudiants rĂ©clament le retrait dĂ©finitif du projet de loi qui aurait autorisĂ© les extraditions vers la Chine continentale et a mis le feu aux poudres dĂ©but juin avant d'ĂȘtre simplement suspendu.
"Je fais partie des gens qui rĂ©clament la dĂ©mocratie. Si le projet de loi Ă©tait adoptĂ©, je risquerais d'ĂȘtre extradĂ©", redoute Nick.
"Notre mouvement a attiré l'attention du gouvernement chinois. C'est maintenant ou jamais pour Hong Kong", affirme-t-il.
Le jeune couple se dit prĂȘt Ă  aller jusqu'au bout, alors mĂȘme que le gouvernement du prĂ©sident Xi Jinping laisse planer la menace d'une intervention armĂ©e dans le territoire pour rĂ©tablir l'ordre.
"Si l'on me tue, tant que c'est pour le bien de Hong Kong, alors pas de problĂšme", assure Abby.
Mais l'étrangeté de ces drÎles de vacances 2019 n'échappe pas à Nick.
"Nous sommes épuisés. Se battre avec la police, recevoir des tirs de balles en caoutchouc... ça ne devrait pas se passer comme ça."
burs-apj/aph/bar/ehl/cn

Par Aidan JONES et Jasmine LEUNG - © 2019 AFP
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