Double championne olympique Ă l'Ă©pĂ©e, Laura Flessel a touchĂ© Ă tout depuis sa retraite sportive en 2012 avant un virage surprise avec sa nomination Ă la tĂȘte du ministĂšre des Sports oĂč elle aura une feuille de route claire: porter haut la candidature de Paris pour les JO-2024.
Celle qui Ă©tait surnommĂ©e "la GuĂȘpe" du temps de sa splendeur, donne, Ă 45 ans, une nouvelle orientation Ă sa reconversion aprĂšs avoir naviguĂ© entre activitĂ©s mĂ©diatiques, implication dans la vie associative et le mouvement sportif. Signataire, avec une soixantaine de sportifs, d'un appel en faveur d'Emmanuel Macron entre les deux tours de l'Ă©lection prĂ©sidentielle, voilĂ la GuadeloupĂ©enne dĂ©sormais pleinement immergĂ©e dans le grand bain de la politique comme l'une des reprĂ©sentantes de la sociĂ©tĂ© civile dans le gouvernement d'Edouard Philippe.
Son chantier prioritaire sera évidemment de mener à bout le dossier de la capitale française à l'organisation des jeux Olympiques dont le verdict sera rendu le 13 septembre à Lima. Alors que le chef de l'Etat a décidé de s'impliquer personnellement dans cette candidature en se rendant au Pérou, Laura Flessel a elle joué les ambassadrices en posant pour la campagne d'affichage de promotion de Paris-2024 en parallÚle à la visite de la commission d'évaluation du Comité international olympique (CIO) de dimanche à mardi.
Le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) s'est d'ailleurs "réjoui" mercredi "de voir une championne olympique, porte-drapeau de l'équipe de France olympique aux jeux Olympiques de Londres, accéder ainsi à un ministÚre de plein exercice".
-Proche du mouvement sportif-
Au-delà des JO, la nouvelle ministre des Sports aura pour mission de mener à bien les dossiers présentés comme essentiels par Emmanuel Macron au cours de sa campagne électorale: retour à l'exercice physique et sportif, avec l'objectif d'augmenter de 3 millions le nombre de pratiquants, le sport en entreprise, le développement des infrastructures, l'adaptation accrue des lieux favorables à l'accueil d'athlÚtes handisport, la revalorisation des bénévoles, la valorisation des sportifs de haut-niveau et l'aide à la reconversion.
Sa renommĂ©e et sa place comme figure du sport français, Flessel, arrivĂ©e en mĂ©tropole Ă l'Ăąge de 18 ans, les doit Ă sa performance aux JO-1996 Ă Atlanta. Championne olympique individuel et par Ă©quipes Ă l'Ă©pĂ©e, qui faisait tout juste son entrĂ©e dans le programme olympique, elle crĂšve l'Ă©cran par sa fougue et sa combativitĂ©, y gagnant le surnom de "GuĂȘpe" pour sa capacitĂ© Ă toucher les pieds de ses adversaires.
Sextuple championne du monde, elle ne parviendra cependant jamais Ă rééditer son exploit d'Atlanta sur la scĂšne olympique malgrĂ© trois autres mĂ©dailles, mĂȘme si sa popularitĂ© et son aura lui offrent le rĂŽle de porte-drapeau de la dĂ©lĂ©gation tricolore aux JO-2012 Ă Londres pour ses 5e Jeux.
Seul point noir d'une carriÚre à la longévité exceptionnelle: un contrÎle positif à la nicéthamide (stimulant) en 2002, qui lui vaudra trois mois de suspension.
Elle met un terme à sa vie de sportive de haut niveau, en 2012 à l'ùge de 41 ans, occupant alors son temps entre des interventions en tant que consultante dans les médias et un rÎle de manager pour l'épéiste brésilienne Nathalie Moellhausen. Elle reste néanmoins trÚs proche du mouvement sportif, siégeant au Conseil national du sport ou au Conseil économique social et environnemental dÚs 2010 tout en présidant le comité de lutte contre les discriminations dans le sport (homophobie, sexisme, racisme). Elle est également marraine des Gay Games qui auront lieu en 2018 à Paris.
AFP
