Ligue des champions

Le Bayern trop fort en Allemagne, pas assez en Europe

  • PubliĂ© le 26 avril 2018 Ă  14:35
  • ActualisĂ© le 26 avril 2018 Ă  15:09
Le capitaine du Bayern Thomas MĂŒller lors du match face au Real Madrid en demi-finales aller de C1, le 25 avril 2018 Ă  Munich

"Trop bons pour le football allemand, mais de nouveau pas assez pour le Real Madrid". Le Bayern Munich, qui contrairement aux Merengue, n'a pas de rival dans son championnat et avait bĂ©nĂ©ficiĂ© de tirages favorables en Ligue des champions, a peut-ĂȘtre payĂ© son manque de matches de haute intensitĂ© depuis le dĂ©but de saison.


En premiÚre analyse, les commentateurs allemands relevaient bien sûr les trois causes directes de la défaite 1-2 face au tenant du titre en demi-finale aller mercredi soir: les absences de Vidal et Alaba et les sorties sur blessures de Robben et Boateng en début de match, les erreurs défensives fatales, et surtout un incroyable manque de réalisme devant le but.
Mais Thomas MĂŒller, le capitaine bavarois, trĂšs affectĂ© aprĂšs ce match dominĂ© par son Ă©quipe, regardait lui au delĂ  de ces raisons Ă©videntes: "Nous nous sommes créé de trĂšs trĂšs bonnes occasions. En Bundesliga, nous les mettons au fond. Peut-ĂȘtre que l'enjeu de ce match a jouĂ© un rĂŽle", a-t-il dit.
Ce que le quotidien Fussball Bild résumait en premiÚre page par un constat amer: "Trop bons pour le football allemand, mais de nouveau pas assez pour le Real Madrid. Telle est la réponse à la question sur la qualité réelle du FC Bayern".

- Six défaites consécutives -

Contre la "Maison Blanche", le bilan récent est en effet sans appel: Munich reste sur six défaites consécutives depuis 2012, dont trois à l'Allianz Arena.
Sur la vue du match aller, une victoire allemande à Madrid n'est pas à exclure. Mais le Real aura pour atout une habitude supérieure des rencontres de trÚs haut niveau.
Chaque saison, l'équipe de Zinédine Zidane joue contre Barcelone au moins deux Clasicos, et affronte l'Atletico dans des derbies entre équipes habituées au sommet européens. En Ligue des champions, le sort a en outre offert aux MadrilÚnes cette année le Paris SG puis la Juventus. Autant de rencontres qui permettent à une équipe de rÎder les réflexes indispensables au plus haut niveau.
Le Bayern, lui, Ă©crase la Bundesliga. Il a passĂ© six buts fin mars Ă  Dortmund, censĂ© ĂȘtre son premier opposant sur la scĂšne nationale, et encore six la semaine derniĂšre en demi-finale de Coupe sur la pelouse de Leverkusen, une Ă©quipe pourtant en passe de se qualifier pour la prochaine Ligue des champions.
En C1, son premier adversaire en élimination directe a été Besiktas, balayé 5-0 dÚs le match aller. En quart, les champions d'Allemagne ont gagné à Séville (2-1) puis concédé le nul 0-0 au retour. Les occasions manquées de ce match ne les avaient pas vraiment traumatisés. A tort. On a vu mercredi que le manque de réalisme se paye cash.

- Un seul défi, le PSG -

Finalement, seul le Paris SG en phase de poule avait rĂ©ellement mis Munich au dĂ©fi cette saison. La dĂ©faite 3-0 au Parc des Princes en septembre avait mĂȘme provoquĂ© le limogeage de l'entraĂźneur Carlo Ancelotti. Avec son successeur Jupp Heynckes, les Allemands avaient pris leur revanche 3-1 au retour. Mais l'enjeu n'Ă©tait pas celui d'une demi-finale.
Sur le plan du jeu, Munich a pourtant prouvé qu'il était à la hauteur du Real, voire supérieur. Mais les matches de ce calibre se jouent sur des détails et ne tolÚrent aucune erreur. Or, tacle jeudi le magazine du football Kicker, "ces 94 minutes ont montré que les Bavarois commettent de grosses fautes dans les moments décisifs, comme celle de Rafinha qui amÚne le but du 2-1, et qu'ils sont trop inoffensifs devant le but adverse".
Le problÚme de l'environnement moins compétitif du Bayern n'est pas nouveau. Lors des quatre derniÚres saisons (depuis son titre de 2013), le "Rekordmeister" a été éliminé quatre fois par des équipes espagnoles, le Real deux fois, Barcelone et l'Atletico une fois.
 

2018 AFP

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