Commerce international

Le bras de fer commercial perdure, alerte du G20 pour la croissance

  • PubliĂ© le 22 juillet 2018 Ă  23:59
  • ActualisĂ© le 23 juillet 2018 Ă  05:58
Le ministre argentin de l'Economie Nicolas Dujovne (g) et la directrice du FMI Christine Lagarde lors d'une conférence de presse, lors du sommet du G20 à Buenos Aires, le 21 juillet 2018 en Argentine

La guerre commerciale entre grandes puissances perdure et le G20 a rĂ©affirmĂ© dimanche Ă  Buenos Aires sa crainte qu'elle n'affecte la croissance mondiale et appelĂ© au dialogue, alors que les États-Unis restent inflexibles quant Ă  leurs surtaxes ou menaces de sanctions.

Les 20 pays les plus industrialisés de la planÚte ont estimé dimanche que la croissance mondiale était "robuste" mais menacée "à court et moyen terme (...) par l'augmentation des tensions commerciales et géopolitiques".

Le communiqué final du G20 Finances, réuni samedi et dimanche à Buenos Aires, met également en avant "la nécessité de renforcer le dialogue et les actions pour limiter les risque et renforcer la confiance".

AprÚs avoir imposé des taxes douaniÚres sur l'acier et l'aluminium visant avant tout la Chine, qui ont mis le feu aux poudres, les Etats-Unis menacent de surtaxer les importations automobiles européennes, de sanctionner les pays qui commercent avec l'Iran, tout en promettant de limiter de maniÚre drastique leurs achats de produits chinois.

A Buenos Aires, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a ratifié cette politique controversée. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker doit se rendre mercredi à Washington avec la commissaire au Commerce Cecilia Malmstrom pour des pourparlers, espérant obtenir une exemption européenne.

- Europe, alliée malmenée -

Le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a souligné dimanche que les pays européens "voulaient occuper un statut d'allié, pas d'ennemi mais d'allié", reprenant à dessein le mot utilisé par le président Donald Trump, qui avait qualifié vendredi les Européens d'"ennemis" en critiquant leur politique monétaire et aprÚs les avoir menacés de surtaxer des produits européens.

"L'Union européenne n'est certainement pas responsable des principaux déséquilibres commerciaux. Nous cibler est certainement inapproprié", a estimé le commissaire européen, alors qu'un journaliste lui demandait si l'Europe était victime de dégùts collatéraux dans la guerre commerciale entre Etats-Unis et Chine. "Nous essayons de construire des ponts", a-t-il assuré.

Dans le tĂȘte Ă  tĂȘte avec Washington, la France se pose en leader d'une Europe unie sur la question commerciale et fait preuve de fermetĂ© face Ă  "la brutalitĂ© et la loi de la jungle" que Washington impose, a dit le ministre français de l?Économie et des Finances, Bruno Le Maire. "Nous refusons de nĂ©gocier avec un pistolet sur la tempe. C'est aux États-Unis de faire un pas pour enclencher une dĂ©sescalade, et arranger tout ça", a-t-il dit.

Selon une source européenne qui a requis l'anonymat, Steven Mnuchin a donné à Buenos Aires "l'impression que les Américains cherchent une voie de sortie à la guerre commerciale" voyant que la situation ne peut pas durer. La directrice du FMI, Christine Lagarde, a estimé que la guerre commerciale qui sévit depuis quelques mois pourrait réduire la croissance mondiale "de 0,5 point" par an. A la fin du G20, elle a appelé à "la résolution des conflits commerciaux par le biais de l coopération internationale".

- Cavalier seul -

Représentant de la premiÚre puissance mondiale, Steven Mnuchin a monopolisé l'attention. Il a appelé la Chine et l'Union européenne à faire des concessions pour parvenir à une relation commerciale plus équilibrée, aprÚs les déclarations fracassantes de Donald Trump qui a traité d'"ennemis" commerciaux Pékin, Bruxelles et Moscou.

Face Ă  la Chine, les États-Unis accusent un dĂ©ficit commercial de 376 milliards USD en 2017 et compte le rĂ©duire. L'administration Trump a menacĂ© d'imposer des taxes punitives sur la totalitĂ© des importations chinoises, qui reprĂ©sentaient 500 milliards de dollars en 2017.
Pékin accuse Washington de vouloir déclencher "la pire guerre commerciale de l'histoire économique" et a réagi en imposant de nouvelles taxes sur des produits américains.

Les parties ont campĂ© sur leurs positions Ă  Buenos Aires. Face au cavalier seul des États-Unis, la plupart des autres pays se font les apĂŽtres du multilatĂ©ralisme.
Le communiqué final fait également état d'avancées dans les travaux sur la taxation du commerce numérique et l'encadrement des crypto actifs.

AFP

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