Australie

Le cardinal Pell rejette les accusations d'agression sexuelle devant le tribunal de Melbourne

  • PubliĂ© le 26 juillet 2017 Ă  08:43
Le cardinal australien George Pell (d), numéro trois du Vatican, arrive au tribunal de Melbourne, le 26 juillet 2017

Le cardinal australien George Pell, numéro trois du Vatican, a rejeté mercredi les accusations d'agression sexuelle dont il est l'objet lors de sa premiÚre audition devant un tribunal de Melbourne.


Le prélat de 76 ans, l'un des plus proches conseillers du pape, était rentré il y a deux semaines de Rome pour répondre à sa convocation en justice dans la grande ville du sud-est de l'Australie. Le responsable des finances du Vatican avait été inculpé fin juin pour "des délits d'agressions sexuelles anciennes", selon la police australienne qui avait fait état de "nombreux plaignants" mais n'avait livré aucune précision sur les faits supposés ni l'ùge des victimes présumées.

La mine sombre et l'allure frĂȘle, le cardinal a assistĂ© mercredi Ă  l'audience avec son avocat, le tĂ©nor Robert Richter, qui a dĂ©clarĂ© au tribunal que son client Ă©tait innocent, et ce mĂȘme si on ne lui demandait pas Ă  ce stade de la procĂ©dure de plaider coupable ou non coupable.

"Pour lever toute incertitude et en raison de l'intĂ©rĂȘt, j'indique que le cardinal Pell plaide non coupable de toutes les accusations et rappelle qu'il est prĂ©sumĂ© innocent", a dĂ©clarĂ© l'avocat au tribunal, selon la chaĂźne nationale de tĂ©lĂ©vision ABC. Le cardinal ne s'est pas exprimĂ© pendant cette audience. Le prĂ©sident du tribunal Duncan Reynolds, qui a prĂ©cisĂ© que les preuves rassemblĂ©es par les enquĂȘteurs devaient lui ĂȘtre soumises le 8 septembre, a fixĂ© la prochaine audience au 6 octobre.

- 'ProcĂšs spectacle' -

M. Pell est Ă©galement demeurĂ© silencieux quand, escortĂ© par des policiers, il a fendu la foule de journalistes dans une cohue rare. Sa sortie du tribunal a dĂ©clenchĂ© une mĂȘme bousculade chez les photographes et reporters prĂ©sents. "ProcĂšs spectacle", "Innocent", clamaient ses partisans sur le trajet d'une centaine de mĂštres sĂ©parant le tribunal du cabinet de son avocat.

Le cardinal Pell n'Ă©tait pas tenu d'assister Ă  cette audience prĂ©liminaire trĂšs procĂ©durale. Mais le prĂ©lat, qui rejette catĂ©goriquement ces accusations, a toujours affirmĂ© son intention de se battre pour laver son honneur. "Je suis innocent, ces accusations sont fausses", avait martelĂ© fin juin l'argentier du Saint-SiĂšge dans une courte dĂ©claration lue devant la presse au Vatican, le jour de son inculpation. "L'idĂ©e mĂȘme d'abus sexuel m'est odieuse", avait-il ajoutĂ©, dĂ©nonçant une entreprise "sans relĂąche de dĂ©molition de (son) image" durant l'enquĂȘte. "J'ai toujours Ă©tĂ© complĂ©tement cohĂ©rent et clair dans mon rejet total de ces allĂ©gations."

La hiĂ©rarchie de l'Eglise australienne s'est portĂ©e au secours de son plus Ă©minent reprĂ©sentant, prĂ©sentant le cardinal comme un "homme on ne peut plus honnĂȘte". En dĂ©pit de sa trĂšs haute fonction au Vatican, aucune disposition particuliĂšre n'avait Ă©tĂ© prise au tribunal, oĂč M. Pell est entrĂ©e par l'accĂšs normal, oĂč il a dĂ» se plier aux contrĂŽles de sĂ©curitĂ©. Le pape François lui a accordĂ© un congĂ© pour lui permettre d'assurer sa dĂ©fense, ce qui lui Ă©vite de devoir dĂ©missionner.

Ce scandale n'en a pas moins provoquĂ© une onde de choc, puisque M. Pell est le plus haut reprĂ©sentant de l'Eglise inculpĂ© dans une affaire de crime sexuel. L'annonce de son inculpation avait coĂŻncidĂ© avec la fin, par ailleurs, d'une longue enquĂȘte nationale portant sur les rĂ©ponses institutionnelles apportĂ©es en Australie aux abus sexuels commis sur des enfants, finalement demandĂ©e par le gouvernement en 2012 aprĂšs une dĂ©cennie de pressions de la part des victimes.

La commission d'enquĂȘte royale ayant conduit pendant quatre ans ces investigations avait recueilli des tĂ©moignages Ă©prouvants de milliers de victimes. Le cardinal Pell avait Ă©tĂ© entendu trois fois dans ce cadre et avait reconnu devant la commission d'enquĂȘte avoir "failli" dans sa gestion des prĂȘtres pĂ©dophiles dans l'Etat de Victoria dans les annĂ©es 1970. L'ecclĂ©siastique avait Ă©tĂ© ordonnĂ© prĂȘtre en 1966 Ă  Rome, avant de revenir en Australie en 1971 oĂč il avait gravi les Ă©chelons de la hiĂ©rarchie catholique.

NommĂ© archevĂȘque de Melbourne en 1996, puis de Sydney en 2001, il avait Ă©tĂ© accusĂ© en 2002 d'abus sexuels pour des faits prĂ©sumĂ©s trĂšs anciens mais avait Ă©tĂ© innocentĂ© par la suite. Il avait Ă©tĂ© choisi en 2014 par le pape François pour mettre davantage de transparence dans les finances du Vatican.

AFP

guest
0 Commentaires