Affaire Vincent Lambert

Le CHU se prononce de nouveau pour un "arrĂȘt des traitements"

  • PubliĂ© le 9 avril 2018 Ă  18:09
  • ActualisĂ© le 9 avril 2018 Ă  18:35
Le CHU de Reims (Marne) s'est de nouveau prononcĂ© lundi en faveur d'un "arrĂȘt des traitements" de Vincent Lambert, dans un Ă©tat vĂ©gĂ©tatif aprĂšs un accident de la circulation depuis 2008

Au terme d'une quatriĂšme procĂ©dure collĂ©giale, le CHU de Reims s'est de nouveau prononcĂ© lundi en faveur d'un "arrĂȘt des traitements" de Vincent Lambert, dans un Ă©tat vĂ©gĂ©tatif depuis 2008 et dont le sort dĂ©chire la famille devant les tribunaux depuis cinq ans.


La décision a été prise par le Dr Vincent Sanchez à l'issue d'une procédure collégiale d'environ cinq mois qui a conclu à une "obstination déraisonnable" à l'endroit du patient tétraplégique, de source proche du dossier.
"C'est un maintien artificiel en vie, il y a un corps qui souffre, il (le médecin) le dit. Ca veut dire qu'on n'est pas sûr que Vincent ne ressent pas la souffrance", a déclaré François Lambert, le neveu de Vincent Lambert, à la sortie d'un rendez-vous au CHU de Reims (Marne).
"Il est possible, il est envisageable que Vincent vive un calvaire depuis cinq ans", a-t-il ajouté.
Ce qui lui faire dire que, selon lui, le mĂ©decin "est arrivĂ© Ă  la dĂ©cision qui s'imposait" celle "d'arrĂȘter les traitements".
Les membres de la famille de Vincent Lambert, 41 ans, ont Ă©tĂ© reçus sĂ©parĂ©ment Ă  l'hĂŽpital SĂ©bastopol de Reims oĂč il est hospitalisĂ©.
Rachel Lambert, sa femme et tutrice lĂ©gale depuis 2016, son neveu et une partie de sa famille sont favorables Ă  un arrĂȘt des soins tandis que ses parents et une autre frange familiale y sont farouchement opposĂ©s.
L'avocat des parents de Vincent devait s'exprimer plus tard dans l'aprĂšs-midi.
Les parties dĂ©favorables Ă  cette dĂ©cision ont 10 jours pour dĂ©poser un recours, dĂ©lai au-delĂ  duquel l'Ă©quipe mĂ©dicale pourra mettre en place l'arrĂȘt des traitements.

- "Travail de sape" -

Cette décision est similaire à celle prise initialement par le Dr Eric Kariger le 10 avril 2013, qui avait engagé un protocole de fin de vie en accord avec Rachel Lambert, sans consulter explicitement les parents de Vincent Lambert, catholiques et fermement opposés à l'euthanasie passive.
Deux autres procédures avortées avaient suivi : l'une en 2014 de nouveau intentée par M. Kariger, l'autre en 2015 par le Dr Daniéla Simon, confortée par la décision favorable de la Cour européenne des droits de l'Homme rendue le 24 juin 2014.
Mais cette procédure n'avait pas non plus abouti car Mme Simon avait jugé que "les conditions de sérénité" requises n'étaient pas rassemblées.
ParallÚlement aux décisions médicales, la question du maintien en vie ou non de Vincent Lambert, tétraplégique depuis un accident de la circulation, s'inscrit dans une longue bataille judiciaire.
La Cour de cassation a jugĂ© en dĂ©cembre 2017 que seule Rachel Lambert Ă©tait autorisĂ©e Ă  demander le transfert de son mari vers un autre Ă©tablissement de soins, une requĂȘte formulĂ©e par les parents qui remettent rĂ©guliĂšrement en cause la prise en charge de leur fils au CHU.
"Les décisions de justice traßnent, prennent du temps, les parents de Vincent font leur travail de sape (...) On n'est pas à l'abri que le médecin s'en aille et que tout doive reprendre depuis le début", a souligné François Lambert, qui a toutefois qualifié le Dr Sanchez, arrivé début 2017, de "déterminé" et "trÚs indépendant".
Contacté, le CHU n'était pas immédiatement joignable dans le courant de l'aprÚs-midi.

2018 AFP

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