France

Le Corse Talamoni claque la porte des réunions avec Matignon

  • PubliĂ© le 24 juin 2018 Ă  21:02
  • ActualisĂ© le 25 juin 2018 Ă  05:41
Jean-Guy Talamoni, à gauche, et Gilles Simeoni, président de la collectivités de Corse, le 13 février 2018 à Paris

Le président nationaliste de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni a annoncé dimanche qu'il refusait de rencontrer le Premier ministre le 2 juillet pour conclure un cycle de réunions sur l'avenir de l'ßle, dénonçant le "mépris" du gouvernement".


"A défaut d'un signal fort, public - peu probable en l'état - indiquant que Paris entend rompre avec (sa) politique méprisante pour négocier loyalement avec la Corse, je ne me rendrai pas" à cette rencontre censée "conclure" ce cycle de réunions, écrit Jean-Guy Talamoni dans une lettre à Edouard Philippe. L'élu indépendantiste avait déjà fait part à plusieurs reprises de sa déception sur ce dialogue ouvert entre le gouvernement, qui prévoit de dédier un article à la Corse dans sa réforme constitutionnelle, et les nationalistes. Ceux-ci ont notamment été déçus par une visite en mars d'Emmanuel Macron, qui avait écarté plusieurs de leurs revendications.

Le dialogue entre le gouvernement et la majoritĂ© nationaliste Ă©lue dans l'Ăźle a tournĂ© court, regrette dimanche le prĂ©sident de l'AssemblĂ©e insulaire : "nos diffĂ©rentes demandes ont Ă©tĂ© traitĂ©es par le mĂ©pris et (...) Paris a fait ce qu'il avait dĂ©jĂ  dĂ©cidĂ© de faire avant mĂȘme l'ouverture des dĂ©bats", Ă©crit-il dans cette lettre qu'il a postĂ© sur Twitter.

"Ces derniers mois ont été l'occasion d'un terrible gùchis et d'un véritable déni de démocratie. Gùchis car tous les éléments étaient réunis dans l'ßle pour un rÚglement définitif de la question corse, avec notamment, en juin 2014, la décision du FLNC de sortie de la clandestinité", souligne-t-il. Les électeurs ont donné lors des élections territoriales fin 2017 "une majorité absolue à une liste se réclamant du mouvement national corse (mais) Paris n'a voulu en tenir aucun compte".

"Étant l'un des responsables d'un petit pays (...) soumis jusqu'Ă  aujourd'hui au dĂ©dain et Ă  l'arbitraire, je n'ai que peu de moyens pour combattre l'injustice qui continue Ă  ĂȘtre faite Ă  mon peuple", poursuit M. Talamoni. "Je ne peux vous empĂȘcher de considĂ©rer mon pays comme un territoire soumis Ă  votre bon vouloir, mais j'ai encore un pouvoir : celui de dire non", ajoute-t-il.

En mars, M. Talamoni avait réclamé du gouvernement davantage de garanties en matiÚre de fiscalité du patrimoine, de protection du foncier et de reconnaissance de la langue corse.

AFP

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