Le constructeur automobile Renault dévoile vendredi un vaste plan d'économies avec prÚs de 5.000 suppressions de postes attendues en France en raison de difficultés accentuées par la crise sanitaire, alors que la deuxiÚme phase du déconfinement s'organise dans le pays.
Le gouvernement a donné jeudi son feu vert à la levée de nombreuses restrictions, notamment la suppression de la limite des déplacements à plus de 100 km de son domicile, la réouverture des lycées, des cafés-restaurants et des parcs. Mais avec une plus grande prudence en Ile-de-France, à Mayotte et en Guyane. "Le déconfinement va nous permettre de vivre une vie presque normale" et "de souffler aprÚs l'épreuve" du coronavirus, a déclaré Edouard Philippe en présentant à Matignon le plan qui entrera en vigueur le 2 juin dans la grande majorité des départements.
Plus aucun département n'est en zone rouge, mais ceux de l'Ile-de-France, la Guyane et Mayotte sont en orange. Le déconfinement y sera donc "un peu plus prudent que dans le reste du territoire" parce que "le virus y circule un peu plus qu'ailleurs", a précisé M. Philippe. Cet assouplissement marqué a été rendu possible par les "bons résultats" sur le front de l'épidémie. Celle-ci recule jour aprÚs jour, aprÚs avoir déjà provoqué la mort de 28.662 personnes en France, dont 66 de plus dans les hÎpitaux en 24 heures, selon les statistiques de jeudi.
- Quatre sites Renault touchés -
L'urgence pour l'exécutif est aussi de relancer la machine économique aprÚs un bon du chÎmage de 22% en avril, avec 843.000 demandeurs d'emploi supplémentaires selon PÎle emploi. Autre mauvaise nouvelle: l'annonce par Renault de la suppression de quelque 15.000 emplois dans le monde, dont 4.600 en France, dans le cadre d'un plan d'économies de 2 milliards d'euros sur trois ans.
Le projet doit ĂȘtre rendu public vendredi matin. Il s'agirait d'une rĂ©duction des effectifs "sans licenciement sec", via des dĂ©parts volontaires, des dĂ©parts Ă la retraite non remplacĂ©s et des mesures de mobilitĂ© interne ou de reconversion, ont indiquĂ© des sources concordantes Ă l'AFP.
Il devrait toucher quatre sites en France, dans des conditions qui restent en partie Ă dĂ©finir: Caudan (Morbihan), Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), Dieppe (Seine-Maritime) et Maubeuge (Nord). Le projet inclut en France l'arrĂȘt de la production automobile Ă Flins (Yvelines), aprĂšs la fin de la Zoe d'ici quelques annĂ©es. L'usine, qui compte actuellement 2.600 salariĂ©s, sera reconvertie et rĂ©cupĂšrera l'activitĂ© du site de Choisy-le-Roi, qui emploie 260 personnes dans une activitĂ© de recyclage de piĂšces.
- Orly rouvre le 26 juin -
Renault avait publié en février ses premiÚres pertes annuelles en dix ans et annoncé dans la foulée une réduction de ses coûts fixes de 2 milliards d'euros par an. Les difficultés du constructeur, qui souffre de surcapacités de production, étaient antérieures à la pandémie de Covid-19, mais ont été aggravées par la crise.
Par ailleurs, l'aĂ©roport de Paris-Orly, fermĂ© depuis le 31 mars, reprendra ses vols commerciaux de passagers le 26 juin, a annoncĂ© son gestionnaire, le groupe ADP. OĂč iront les avions? Probablement vers les autres pays europĂ©ens puisque Paris est "favorable" Ă la rĂ©ouverture des frontiĂšres intĂ©rieures de l'UE Ă compter du 15 juin, selon Edouard Philippe. Il promet la rĂ©ciprocitĂ©" si certains pays imposent des quatorzaines aux Français.
Pour les frontiÚres extérieures, "la décision sera prise collectivement avec l'ensemble des pays européens, à l'horizon du 15 juin", a dit le Premier ministre. Vers les Outre-mer, des mesures de contrÎles "trÚs strictes des déplacements" sont maintenues avec une "quatorzaine" à l'arrivée.
Enfin, le chef du gouvernement a "invité" tous les Français à utiliser l'application controversée pour smartphones StopCovid, un outil de traçage destiné à aider à lutter contre l'épidémie. Il a insisté sur le fait que l'exécutif avait "pris toutes les garanties", sur le respect de la vie privée et des libertés.
AFP





