Il avait perdu la vie dans un accident d'avion

Le dernier adieu au footballeur Emiliano Sala

  • PubliĂ© le 16 fĂ©vrier 2019 Ă  14:48
  • ActualisĂ© le 16 fĂ©vrier 2019 Ă  16:13
Vue extérieure du club de football San Martin de Progreso, théùtre des premiers exploits de l'Argentin Emiliano Sala, le 15 février 2019 à Progreso, province de Santa Fe

Le club San Martin de Progreso, théùtre des premiers exploits d'Emiliano Sala, rend hommage samedi au footballeur argentin, fauchĂ© en pleine ascension, alors qu'il s'apprĂȘtait Ă  faire trembler les filets de la Premier League.

Dans le gymnase du club, une chapelle ardente a été dressée pour accueillir la famille, les amis, les habitants de ce village de 3.000 habitants qui connaissaient tous "Emi" et les émissaires des clubs de Nantes et Cardiff.

Un petit avion privĂ© qui transportait le joueur, ĂągĂ© de 28 ans, entre les deux villes avait disparu au-dessus de la Manche le 21 janvier. ExtirpĂ© de l'Ă©pave, avant d'ĂȘtre identifiĂ©, son corps a Ă©tĂ© rapatriĂ© en Argentine vendredi. La dĂ©pouille du pilote n'a toujours pas Ă©tĂ© retrouvĂ©e. "Les gens vont pouvoir se recueillir devant son cercueil, dĂ©poser une lettre, un dessin, des fleurs. Il reprĂ©sentait beaucoup pour nous, c'est un village ici, Emi Ă©tait la cĂ©lĂ©britĂ©, l'unique footballeur Ă  rĂ©ussir Ă  devenir professionnel", a dit Ă  l'AFP le prĂ©sident du club San Martin, Daniel Ribero.

A Progreso, on se souvient d'Emi à bicyclette, de ses footings, de ses buts. Quand il marquait dans le championnat de France, le défi permanent était de dénicher une vidéo de l'action de but. "On va lui donner les adieux qu'il mérite", promet le maire de Progreso, Julio Muller. "Emi, pour Progreso... Nous nous sentions tous Emiliano Sala". "Sa carriÚre n'a pas été facile, rappelle le maire, il est parti de chez lui à 15 ans, il a dû surmonter de nombreux obstacles, et il y est arrivé. C'était notre idole".

- RĂȘve d'Argentine -

Avec son groupe d'amis de Progreso, Emiliano vivait pour le football toute l'année. En été, ils campaient prÚs d'un terrain de football dans la propriété d'un d'eux, et y jouaient le 31 décembre le dernier match de l'année. Quand ses amis ou sa mÚre lui rendaient visite en France, Il passait commande de "dulce de leche" (confiture de lait) et d'alfajores, pùtisseries typiques d'Argentine.

Parti vers la France avant d'avoir jouĂ© un match de championnat d'Argentine, il confiait Ă  ses amis qu'il rĂȘvait de jouer pour un club argentin, pour sentir depuis le terrain la passion qui rĂšgne dans les stades. Diego Solis a les larmes aux yeux quand il Ă©coute Ă  nouveau les messages whatsapp du footballeur, qu'il a entraĂźnĂ© lors de ses deux derniĂšres annĂ©es au club de Progreso. "Pour son anniversaire, le 31 octobre, nous lui avons envoyĂ© un message vocal avec mes filles, il nous a rĂ©pondu qu'il offrirait des maillots de Nantes en Ă©change d'un barbecue (Ă  Progreso)". "Au-delĂ  de son talent de footballeur, souligne-t-il, on se souviendra de ses qualitĂ©s humaines, sa simplicitĂ©".

Il aurait préféré que les journalistes qui défilent à Progreso soient venus dans d'autres circonstances que la tragédie aérienne du 21 janvier. Par exemple une sélection en équipe d'Argentine, car à Progreso, tout le monde est convaincu qu'il avait sa place aux cÎtés de Messi et Di Maria, originaires eux aussi de la province de Santa Fe.

- Travailler plus -

Nicolas Silva, ancien compagnon d'attaque d'Emiliano Sala, regrette de ne pas pouvoir se rendre Ă  Progreso. Joueur du club de Banfield, son entraĂźneur Hernan Crespo ne lui a pas donnĂ© de bon de sortie. "Pendant deux saisons, 2008 et 2009, nous avons Ă©tĂ© prĂȘtĂ©s ensemble au club de Juventud Guadalupe par Proyecto Crecer, l'acadĂ©mie des Girondins de Bordeaux en Argentine. Nous habitions dans la mĂȘme maison, avec d'autres jeunes footballeurs. C'Ă©tait un crack. Il Ă©tait au-dessus du lot". "Nous nous entendions bien sur le terrain. Quand on terminait l'entrainement, on restait, je lui envoyait des centres et il travaillait son efficacitĂ© devant le but. Il disait toujours: +si tu as du mal, entraĂźne-toi deux fois plus+".

A des milliers de kilomÚtres de Progreso, le FC Nantes jouera dimanche à Monaco; les joueurs ont prévu deux séquences d'hommage, avant le match puis à la 9e minute, en souvenir du numéro qu'il portait sur le terrain. Nicolas Pallois, défenseur central de Nantes, a lui été excusé par l'entraßneur Vahid Halilodzic pour cette rencontre de championnat. Avec le secrétaire général du FC Nantes, Loïc Morin, il sera à Progreso auprÚs de la famille Sala.

Le directeur général de Cardiff Ken Choo et l'entraßneur des Blue Birds Neil Warnock, qui avaient fait signer l'Argentin moyennant une indemnité de transfert de 17 millions d'euros, seront également présents aux obsÚques. Nantes et Cardiff sont en conflit car le club gallois n'a pas honoré le premier versement prévu dans le cadre du transfert.

L'hommage se terminera par une messe, donnĂ©e par le curĂ© d'une paroisse voisine. Puis le corps sera incinĂ©rĂ©. "Contre l'avis du pĂšre, et peut-ĂȘtre mĂȘme d'Emi", confie du bout des lĂšvres un membre du club.

- © 2019 AFP

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