La police fédérale américaine (FBI) a perquisitionné vendredi le domicile de John Bolton, ex-conseiller de Donald Trump à la sécurité nationale lors du premier mandat du républicain et qui en est devenu depuis l'un des plus ardents critiques.
Des agents du FBI entraient et sortaient tÎt vendredi de la maison en banlieue de la capitale Washington de cet ancien haut responsable américain, a constaté un journaliste de l'AFP.
"PERSONNE n'est au-dessus de la loi... Les agents du FBI sont en mission", a déclaré sur X le directeur de la police fédérale, Kash Patel, sans que ce fidÚle de Donald Trump ne précise à quelle affaire il faisait référence.
Selon le tabloĂŻd New York Post, qui cite un responsable de l'administration Trump, l'enquĂȘte aurait Ă©tĂ© ordonnĂ©e directement par Kash Patel.
Sollicité par l'AFP, le FBI a indiqué n'avoir "aucun commentaire" à faire sur la perquisition.
Lors de sa campagne prĂ©sidentielle de 2024, Donald Trump avait fait grand cas de sa volontĂ© d'enquĂȘter et de poursuivre ses "ennemis de l'intĂ©rieur". En 2020, il avait affirmĂ© que John Bolton devrait ĂȘtre "en prison" pour un livre que l'ancien conseiller avait Ă©crit sur son passage Ă la Maison Blanche entre 2018 et 2019.
- "Antipatriotique" -
Interrogé par la presse vendredi, Donald Trump a déclaré ne pas avoir été informé par le FBI de cette perquisition, avant de lancer plusieurs piques à son ancien conseiller.
"Je ne suis pas fan de John Bolton. C'est vraiment un moins-que-rien", a déclaré le président américain.
"Ce n'est pas un gars intelligent, mais il pourrait aussi ĂȘtre trĂšs antipatriotique, on va voir ça", a ajoutĂ© Donald Trump.
Selon le New York Times et d'autres médias américains, la perquisition a été ordonnée pour déterminer si John Bolton avait partagé ou était en possession illégalement de documents confidentiels.
De retour Ă la Maison Blanche en janvier, Donald Trump avait signĂ© un dĂ©cret exĂ©cutif accusant son ex-conseiller d'avoir rĂ©vĂ©lĂ© "des informations sensibles du temps oĂč il Ă©tait" Ă la Maison Blanche.
Il avait également privé son ancien conseiller de la protection du Secret Service, l'agence chargée de protéger les hautes personnalités politiques aux Etats-Unis et lui avait coupé tout accÚs à des données de sécurité et de renseignement.
John Bolton avait alors dĂ©clarĂ© ĂȘtre "déçu mais pas surpris" de la dĂ©cision. Se disant la cible d'un projet d'assassinat fomentĂ© par l'Iran entre 2021 et 2022, il avait Ă©galement affirmĂ© en janvier: "La menace demeure". TĂ©hĂ©ran aurait ainsi voulu venger la mort de son gĂ©nĂ©ral Qassem Soleimani, tuĂ© le 3 janvier 2020 dans une frappe de drone en Irak ordonnĂ©e par Donald Trump lors de son premier mandat (2017-2021).
- "Présidence de représailles" -
Avec son visage barré d'une épaisse moustache, ce républicain de 76 ans s'était fait connaßtre à l'international comme ambassadeur à l'ONU sous la présidence de George W. Bush, durant la guerre en Irak.
AprÚs son limogeage par Donald Trump, il avait commencé à prendre position contre les politiques menées par le républicain. Dans un livre paru en 2020, John Bolton avait présenté son ancien patron comme obnubilé par sa seule réélection et "inapte" à diriger la premiÚre puissance mondiale.
Récemment, il a critiqué le sommet entre le président américain et son homologue russe, Vladimir Poutine, en Alaska.
Dans une interview la semaine derniÚre à la chaßne ABC News, l'ancien ambassadeur avait regretté le fait que Donald Trump s'en prenne à lui et d'autres, estimant que le second mandat du républicain était une "présidence de représailles".
Il a Ă©galement critiquĂ© Ă plusieurs reprises la nomination de Kash Patel Ă la tĂȘte du FBI, qui selon lui "montre ce que Trump veut vraiment, c'est-Ă -dire une allĂ©geance Ă Trump".
Au moment de cette nomination, des élus démocrates avaient aussi exprimé leur forte opposition. Le sénateur démocrate Dick Durbin avait ainsi dit craindre que cet ancien procureur fédéral n'utilise son nouveau rÎle pour "se venger de ses ennemis politiques".
En 2023, Kash Patel avait assuré que s'il était amené à prendre la direction du FBI, les agences de police "s'en prendraient" aux journalistes ainsi qu'aux responsables du gouvernement de Joe Biden.
AFP


