Le gouvernement et ArcelorMittal ont rĂ©affirmĂ© vendredi leur opposition ferme Ă toute nationalisation des actifs français de l'aciĂ©riste, au lendemain de l'adoption en premiĂšre lecture Ă l'AssemblĂ©e nationale d'une proposition de loi LFI en ce sens, qui risque fort d'ĂȘtre retoquĂ©e par le SĂ©nat.
Nationaliser le sidérurgiste ArcelorMittal France serait "une réponse populiste à un problÚme structurel", a déploré vendredi le ministre de l'Economie Roland Lescure, au lendemain de ce vote.
"La France a besoin d'un cap industriel clair, pas d'une prétendue formule magique que serait la nationalisation", a déclaré le ministre dans un message publié sur le réseau Bluesky.
LâAssemblĂ©e nationale a adoptĂ© jeudi en premiĂšre lecture une proposition de loi LFI visant Ă nationaliser ArcelorMittal France, qui a annoncĂ© en avril des mesures de rĂ©organisation qui entraĂźneront des suppressions d'emplois, Ă©valuĂ©es Ă 260 Ă ce stade.
"C'est un vote historique, c'est une victoire qui a été arrachée grùce à la mobilisation des travailleurs et des travailleuses et de toute la CGT", a réagi la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet aprÚs de l'AFP, appelant le gouvernement à "respecter le vote qu'il y a eu au Parlement".
Le texte a Ă©tĂ© adoptĂ© avec le soutien de la gauche (insoumis, socialistes, Ă©cologistes et communistes), tandis que le RN s'est abstenu et que le camp gouvernemental a votĂ© contre. Son avenir est toutefois hautement incertain, car il lui sera difficile d'ĂȘtre adoptĂ© au SĂ©nat, dominĂ© par la droite et le centre.
"Le véritable enjeu, ce n'est pas de nationaliser Arcelor, c'est de se battre contre les importations massives d'acier chinois, c'est un débat au niveau européen", a relevé vendredi le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, opposé comme l'ensemble du gouvernement à une nationalisation chiffrée à trois milliards d'euros, sur fond de disette budgétaire.
Le ministre de l'Industrie Sébastien Martin a estimé auprÚs de l'AFP que "ce vote crée l'illusion d'une protection, mais il ne résout ni la chute de la demande européenne, ni la concurrence mondiale faussée, ni les coûts de production qui pÚsent sur la filiÚre".
"L'avenir de la sidérurgie française ne se joue pas dans les postures. Il se joue dans des décisions courageuses : protéger l'acier européen à Bruxelles, investir, alléger les impÎts de production, sécuriser les sites, lutter contre la concurrence déloyale", a ajouté Sébastien Martin.
- "Les leviers sont européens" -
Le plan acier de la Commission europĂ©enne prĂ©voit de diviser par deux environ les quotas d'acier Ă©tranger pouvant ĂȘtre importĂ©s dans l'UE sans droits de douane, tout en doublant les droits de douane pour les importations dĂ©passant ces quotas, Ă hauteur de 50% contre 25% prĂ©cĂ©demment.
En dépit de ces mesures de protection annoncées, les Insoumis voient dans une nationalisation "l'unique solution" pour sauver la filiÚre et ses 15.000 emplois directs, lutter contrer le plan social et relancer la décarbonation des hauts-fourneaux.
Les socialistes, défendent davantage une "mise sous tutelle" qu'une nationalisation, mais ont voté pour le texte.
ArcelorMittal a estimé vendredi matin qu'une nationalisation "ne permettrait en aucun cas de résoudre les problÚmes rencontrés par l'industrie de l'acier en France et en Europe", appelant à "agir sur les facteurs structurels de compétitivité", et soulignant que "les leviers sont européens".
"Le marché européen de l'acier est inondé d'importations massives à bas prix, qui ont un effet dévastateur pour les producteurs européens. L'Europe doit défendre son marché de l'acier et appliquer au plus vite les mesures de défense commerciale annoncées en octobre, ainsi qu'un mécanisme d'ajustement carbone aux frontiÚres efficace", plaide le groupe dans un communiqué.
ArcelorMittal, deuxiÚme sidérurgiste mondial, emploie plus de 7.000 salariés dans son pÎle du nord de la France qui compte sept usines.
Un récent rapport d'experts mandatés par le comité social et économique central (CSEC) a mis en avant les problÚmes "multifactoriels" du groupe, pointant du doigt notamment le sous-investissement dans l'outil de production.
Le groupe a fait le "choix stratégique assumé de privilégier la distribution" de liquidités "aux actionnaires, au détriment de l'anticipation" et de l'investissement, estime le cabinet d'expertise Secafi, dans ce rapport contesté par l'entreprise.
AFP




Rien d'inattendu de la part d'A-M., ni-mĂȘme du Gouvernement qui regroupe des traites Ă la Nation, Ă commencer par E.Macron !