Réponse à la crise des "Gilets jaunes"

Le gouvernement réuni pour orchestrer les annonces de Macron

  • PubliĂ© le 29 avril 2019 Ă  09:38
  • ActualisĂ© le 29 avril 2019 Ă  09:43
Le président français Emmanuel Macron, lors de sa conférence de presse le 25 avril 2019 à l'Elysée à Paris.

Quelques jours aprĂšs les annonces d'Emmanuel Macron en rĂ©ponse Ă  la crise des "gilets jaunes", le gouvernement s'attelle lundi au casse-tĂȘte de l'application et du financement des mesures, en invitant les parlementaires Ă  se joindre Ă  sa rĂ©flexion lors d'un sĂ©minaire.

La politique étant avant tout "un art de l'exécution", comme aime à le répéter Edouard Philippe, charge donc aux ministres de M. Macron de décliner concrÚtement la panoplie de mesures de sortie du grand débat, dévoilées jeudi dernier par le chef de l'Etat.

Baisse de l'impÎt sur le revenu, réorganisation profonde de l'administration, décentralisation, gestes pour les retraités, les aidants et les mÚres vivant seules...: "Une révolution", s'enthousiasme le président du MoDem François Bayrou, qui donnera à chacun matiÚre à plancher dans les semaines à venir.
L'équipe gouvernementale, autour du Premier ministre qui devrait s'exprimer devant la presse à son arrivée, se réunit donc à partir de 09H00 pour une journée de travail. "L'occasion de discuter des mesures, de la méthode, du calendrier, donc de toute la mise en oeuvre opérationnelle des annonces du président", résume-t-on à Matignon.
Mais ce "ne sera pas un simple séminaire gouvernemental comme on a pu les connaßtre depuis le début du quinquennat", au rythme d'un par trimestre, avait prévenu la semaine passée la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

Des représentants de la majorité (présidents de groupe à l'Assemblée et au Sénat, présidents de commissions, rapporteurs généraux) sont effectivement conviés à partir de midi. Une façon de mettre de l'huile dans les rouages de l'axe majorité parlementaire - exécutif, alors que des députés avaient vivement déploré ne pas avoir été mieux écoutés et associés lors de la crise des "gilets jaunes".

Quatre ateliers sont prévus dans l'aprÚs-midi, dont l'un sur le calendrier parlementaire, qui devra anticiper l'embouteillage de textes législatifs jusqu'à l'été, et un autre sur la méthode de travail.
Le séminaire se penchera aussi sur la réforme constitutionnelle, alors qu'Emmanuel Macron envisage désormais 20% de proportionnelle pour élire les députés, tout en concédant au Sénat une réduction moindre du nombre de parlementaires par rapport à son intention de départ (25% plutÎt que 30%).
Un atelier abordera enfin "les nouvelles solidarités", à savoir la dépendance, le statut des aidants etc.

L'enveloppe manquante

Mais l'équation la plus délicate revient à Bercy qui devra trouver des pistes de financement des mesures, comme les 5 milliards de baisse d'impÎt sur le revenu.
Les oppositions se sont d'ailleurs rapidement engouffrées dans cette brÚche. Le patron des Républicains Laurent Wauquiez a ainsi fustigé le manque d'annonces "sérieuses" sur la baisse de la dépense publique quand Marine Le Pen a épinglé dimanche le "flou" de ces annonces qui ne seront "pas suivies d'effet".
"La trajectoire budgétaire n'est pas modifiée", a crùnement assuré en retour vendredi le patron des députés LREM Gilles Le Gendre pour récuser toute incertitude.

MĂȘme en s'attaquant Ă  certaines niches fiscales comme l'a annoncĂ© M. Macron, cela s'apparente Ă  une gageure: l'Ă©conomiste Jean Pisani-Ferry, coordinateur du programme prĂ©sidentiel, a estimĂ© dans le Journal du Dimanche Ă  "20 milliards d'euros, soit 1% du PIB du pays" l'enveloppe Ă  trouver d'ici 2021. Et, pour compliquer la donne, le prĂ©sident s'est dit prĂȘt Ă  transiger sur la coupe attendue de 120.000 fonctionnaires d'ici Ă  la fin du quinquennat, afin d'assurer un meilleur maillage du territoire.

Alors que Jean-Paul Delevoye travaille depuis des mois sur une réforme globale du systÚme des retraites, des précisions sont attendues pour compenser la réindexation des pensions sur l'inflation et la promesse d'une retraite minimale de 1.000 euros pour ceux qui auront une carriÚre complÚte. Le chef de l'Etat a indiqué vouloir actionner deux leviers: l'allongement de la durée de cotisation et des incitations à travailler plus longtemps.

D'autres points pourraient ĂȘtre abordĂ©s, Ă  l'image de l'abaissement de la vitesse Ă  80 km/h, selon Sibeth Ndiaye. Il s'agira de rĂ©flĂ©chir Ă  "la maniĂšre dont on peut faire en sorte qu'il n'y ait pas une application brutale, uniforme sur l'ensemble du territoire", a-t-elle lancĂ© dimanche.

AFP

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