AprÚs 50 jours d'incarcération

Le journaliste Loup Bureau devrait arriver dimanche matin Ă  Paris

  • PubliĂ© le 16 septembre 2017 Ă  20:17
  • ActualisĂ© le 16 septembre 2017 Ă  20:24
Un portrait du journaliste français Loup Bureau à Nantes le 31 août 2017

Le journaliste Loup Bureau devrait regagner Paris, probablement dimanche matin, aprÚs plus de 50 jours d'incarcération dans une prison turque sous l'accusation d'appartenance à "une organisation terroriste armée". "Le plus probable est qu'il arrive demain (dimanche) matin", a dit à l'AFP Martin Pradel, l'avocat français du journaliste, dont le retour avait d'abord été annoncé pour samedi soir.


"Nos informations sont peu prĂ©cises. Il n'est d'ailleurs pas certain qu'il n'arrive pas ce (samedi) soir, mais cela nous semble extrĂȘmement improbable, impossible", a ajoutĂ© le conseil. Selon lui, son client, sous le coup d'une expulsion, a bien quittĂ© Sirnak, ville du sud-est de la Turquie oĂč il est restĂ© dĂ©tenu 51 jours, pour se rendre Ă  Diyarbakir, et ensuite gagner Istanbul. Son pĂšre, LoĂŻc Bureau, a quittĂ© samedi la banlieue de Nantes en direction de Paris pour ĂȘtre reçu au ministĂšre de la Culture.


"Tout le comité de soutien, sa petite amie, viennent à Paris" mais "tant qu'il n'est pas sur le sol français, je garderai une petite appréhension", a-t-il ajouté. Le reporter de 27 ans, dont la libération avait été annoncée vendredi par son comité de soutien et son avocat, a passé la nuit de vendredi à samedi dans un poste de police. Cette libération, intervenue dans la foulée d'une visite à Ankara du ministre français des Affaires étrangÚres Jean-Yves Le Drian, est "un grand soulagement", avait estimé le président Emmanuel Macron.


InterrogĂ© sur une Ă©ventuelle contrepartie Ă  cette libĂ©ration, l'avocat a dĂ©clarĂ©: "Je n'ai aucune raison de le penser". "Simplement faire comprendre aux autoritĂ©s turques tout le tort qu'elles se faisaient en persistant Ă  emprisonner un journaliste français (...) a pu ĂȘtre suffisant", a-t-il dit.

Le journaliste avait été interpellé le 26 juillet à la frontiÚre entre l'Irak et la Turquie, aprÚs la découverte en sa possession de photos le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens des YPG (mouvement considéré comme une émanation du PKK et donc comme "terroriste" par Ankara). Ces images datent, selon sa défense, d'un reportage sur les conditions de vie des populations syriennes réalisé en 2013 et diffusé sur TV5 Monde.


- "Plus de 100 journalistes en détention" -


Loup Bureau est soupçonnĂ© par la justice turque d'ĂȘtre un "membre" des YPG, selon son acte d'accusation relayĂ© par son avocat français. La justice turque avait rejetĂ© Ă  deux reprises une demande de libĂ©ration conditionnelle. "Tout a basculĂ© au milieu de la semaine derniĂšre avec l'acte d'accusation et la fixation d'une audience", a expliquĂ© Martin Pradel. A la suite de la rĂ©daction de cet acte d'accusation, le dossier de Loup Bureau a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© Ă  un juge.


"Le juge a immĂ©diatement voulu recevoir Loup et a immĂ©diatement statuĂ© sur la question de sa libĂ©ration, alors que par ailleurs l'enquĂȘte se poursuit", a ajoutĂ© l'avocat. "Cette expulsion, mĂȘme si le combat n'est pas terminĂ©, permettra Ă  Loup de retrouver sa famille", a-t-il soulignĂ©, Ă©voquant des conditions de dĂ©tention "extrĂȘmement dures". "Il a toujours au-dessus de lui un risque de condamnation, une condamnation extrĂȘmement grave puisque cela voudrait dire que Loup est un terroriste", a-t-il rappelĂ©.


"La libération de Loup Bureau est une bonne nouvelle en soi, c'est la fin d'un déni de justice qui a été trop long, mais la liberté de la presse en Turquie demeure absolument déplorable", a pour sa part estimé Christophe Deloire, le secrétaire général de Reporters sans frontiÚres (RSF).

"Malheureusement je ne crois pas qu'on puisse l'interpréter comme un signe positif plus global pour la liberté de la presse en Turquie, puisqu'il y a toujours plus de 100 journalistes en détention parce qu'ils font leur métier", a-t-il conclu.
 

AFP

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