Etats-Unis

Le juge au procès Trump en Géorgie autorise le maintien de la procureure, sous conditions

  • Publié le 15 mars 2024 à 19:36
  • Actualisé le 15 mars 2024 à 19:57

Le juge au procès de Donald Trump dans l'Etat de Géorgie pour tentatives illégales d'inverser les résultats de l'élection présidentielle américaine de 2020 a rejeté vendredi la demande de dessaisissement de la procureure mais posé des conditions à son maintien.

Cette décision lève un obstacle majeur à la tenue du procès de l'ex-président et de ses 14 coprévenus, pour lequel aucune date n'a encore été fixée. Visé par quatre procédures pénales distinctes, le candidat républicain à l'élection de novembre cherche par ses multiples recours à passer en jugement le plus tard possible, en tout cas après le scrutin.

Le juge Scott McAfee a conclu qu'il n'existait pas suffisamment de preuves d'un "conflit d'intérêts" lié à la relation intime de la procureure Fani Willis avec un enquêteur qu'elle a engagé dans cette affaire.

Mais, concluant à "une apparence de comportement inconvenant" et dénonçant un "énorme manque de jugement" de la part de la procureure, il exige qu'elle se retire du dossier, avec l'ensemble de son équipe, ou que cet enquêteur, Nathan Wade, s'en retire.

"Nous utiliserons toutes les options juridiques disponibles en continuant à nous battre pour mettre fin à cette procédure", a réagi dans un communiqué l'avocat de Donald Trump en Géorgie, Steve Sadow.

Un dessaisissement de Fani Willis aurait considérablement reporté la tenue de ce procès. En novembre, la procureure avait proposé qu'il s'ouvre le 5 août et réclamé que les 15 prévenus restants soient jugés ensemble.

Le juge ne s'était pas prononcé sur un éventuel calendrier, mais avait indiqué pencher pour deux procès distincts s'il restait toujours autant de prévenus.

Quatre des 19 personnes initialement visées par l'acte d'accusation délivré le 14 août, en vertu notamment d'une loi de Géorgie (sud-est) sur la criminalité en bande organisée, ont déjà plaidé coupable. Elles ont été condamnées à des peines réduites, sans prison ferme, en échange de leur témoignage au futur procès des autres accusés.

Parmi les coprévenus de M. Trump figurent son ancien avocat personnel, Rudy Giuliani, et son dernier chef de cabinet à la Maison Blanche, Mark Meadows.

- Décision attendue de la Cour suprême -

La décision du juge McAfee intervient au lendemain d'une annonce du parquet dans un autre procès pénal de Donald Trump, dans l'Etat de New York, qui pourrait conduire à un report.

Le parquet de Manhattan s'est déclaré ouvert à un report de 30 jours de son procès prévu à partir du 25 mars à New York dans une affaire de paiements dissimulés à une actrice de films X lors de la campagne électorale de 2016.

Le candidat républicain, opposé au président sortant démocrate Joe Biden, a déjà réussi à différer son procès fédéral à Washington, initialement prévu à partir du 4 mars, pour tentative d'inverser illégalement les résultats de l'élection de 2020, en invoquant une immunité pénale en tant qu'ex-président.

La Cour suprême des Etats-Unis a accepté de se saisir de la question et fixé les débats au 25 avril, avant une décision attendue en juin, voire juillet, la procédure étant suspendue d'ici là.

Par ailleurs, le procès de Donald Trump pour sa gestion présumée désinvolte de documents classifiés, prévu à partir du 20 mai, devrait également être reporté de plusieurs mois.

Il est poursuivi dans cette affaire pour avoir compromis la sécurité nationale en conservant dans sa résidence privée de Floride (sud-est) des documents classés confidentiel après son départ de la Maison Blanche en janvier 2021, dont des plans militaires ou des informations sur des armes nucléaires.

S'il était de nouveau élu, il pourrait, une fois investi en janvier 2025, ordonner l'arrêt des poursuites fédérales à son encontre.

AFP

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1 Commentaires
Missouk
Missouk
4 mois

Un ancien (futur?) président au-dessus de tout soupçon... Quel beau pays démo cratique!