AprÚs une longue procédure

Le mouvement catholique intégriste Civitas dissout par le gouvernement

  • PubliĂ© le 4 octobre 2023 Ă  19:15
  • ActualisĂ© le 5 octobre 2023 Ă  05:08
Des membres de Civitas lors d'une manifestation Ă  Paris, le 10 mai 2015

Le couperet est tombĂ© pour Civitas, dissout en Conseil des ministres mercredi, au terme d'une procĂ©dure engagĂ©e Ă  l'Ă©tĂ© contre ce mouvement catholique intĂ©griste, et dont l'idĂ©ologie proche de l'extrĂȘme droite flirte parfois avec la thĂ©orie du complot.

"Les valeurs portées par ce mouvement n'ont pas leur place dans notre République", a affirmé sur X (ex-Twitter) le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, postant le décret à l'appui, aprÚs avoir initié la dissolution début août.

Le mouvement, trÚs présent sur les réseaux sociaux, est notamment accusé d'appeler à "entrer en guerre contre la République", y compris en recourant "à la force", a de son cÎté souligné le porte-parole du gouvernement Olivier Véran.

"Civitas considÚre les droits de l'Homme comme des outils de destruction de la civilisation chrétienne, Civitas a organisé des rassemblements en hommage à des personnalités emblématiques de la collaboration, Civitas assure la promotion d'une hiérarchie entre les citoyens français avec des thÚses clairement antisémites et islamophobes", a énuméré le porte-parole du gouvernement lors de son compte-rendu du Conseil des ministres.

Il a également critiqué sa vision des LGBT+ comme "une communauté néfaste".

- Recours en justice -

Des "déclarations stupéfiantes" pour le président de Civitas, Alain Escada, qui a assuré à l'AFP que "Civitas n'a jamais été auteur d'une violence quelconque".

Des recours en justice vont ĂȘtre "rapidement dĂ©posĂ©s", a-t-il assurĂ©, que ce soit "en rĂ©fĂ©rĂ©, au fond" ou par le biais d'une Question prioritaire de constitutionnalitĂ©.

"C'est un test pour le Conseil d'Etat: est-ce qu'il fera son boulot, est-ce qu'il fera du droit ou de la politique?" s'est-il interrogé, en rappelant que Civitas "est un parti politique" depuis 2016.

Le lancement de la procédure par Gérald Darmanin, en août, suivait de peu l'annonce de la dissolution du collectif écologiste Les SoulÚvements de la Terre (suspendue depuis en référé par le Conseil d'Etat).

Civitas a depuis fortement contesté sa mise à l'index, vilipendant en septembre dans une vidéo le "rouleau compresseur de la répression gauchiste" et une nouvelle illustration de la "Terreur française".

L'annonce de la dissolution a en revanche été saluée mercredi par plusieurs associations (SOS Homophobie, la Licra, Progressistes LGBT+...).

FondĂ© en 1999, l'"Institut Civitas" s'inscrit alors dans une lignĂ©e traditionaliste, proche de la FraternitĂ© sacerdotale Saint-Pie X (fondĂ©e par l'Ă©vĂȘque français Marcel Lefebvre).

- "Satanisme" -

Le mouvement sort de l'ombre en 2011 avec des actions spectaculaires contre plusieurs manifestations culturelles, notamment la piĂšce Golgotha Picnic de Rodrigo Garcia, qu'il juge "christianophobe". Plusieurs milliers de personnes descendent dans la rue en novembre.

Fer de lance des premiĂšres manifestations contre le mariage pour tous en 2012, Civitas avait fait reparler de lui Ă  l'occasion de la pandĂ©mie de Covid-19, se mobilisant contre le pass sanitaire. M. Escada avait alors dĂ©noncĂ© "une mascarade dont l'objectif rĂ©el est de mettre en place l'ensemble des rouages d’une tyrannie mondialiste".

Mais c'est l'antisémitisme qui a marqué son dernier fait d'armes, entraßnant le lancement de la procédure de dissolution, lors des universités d'été de Civitas consacrées au "satanisme du nouvel ordre mondial".

L'essayiste controversé Pierre Hillard avait alors suggéré de revenir à "la situation d'avant 1789" lorsqu'un Juif "ne pouvait pas devenir Français". "Une boutade" diffusée "hors contexte" par des adversaires de La France insoumise, a tenté mardi de justifier

Alain Escada sur Radio Courtoisie, en regrettant un "déchaßnement médiatique".

La branche belge de l'organisation a elle Ă©tĂ© en pointe en septembre de la fronde contre un cours d'Ă©ducation Ă  la sexualitĂ© Ă  l'Ă©cole, qui s'est traduite par plusieurs manifestations. La justice belge a ouvert une enquĂȘte pour "incendies criminels", aprĂšs des dĂ©parts de feu constatĂ©s dans quatre Ă©coles prises pour cibles par des opposants Ă  ces cours.

AFP

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1 Commentaires
Dom
Dom
2 ans

Reste plus qu'Ă  dissoudre l'Opus Dei.