Universités

Le mouvement se durcit sans s'étendre

  • PubliĂ© le 14 avril 2018 Ă  00:04
  • ActualisĂ© le 14 avril 2018 Ă  03:39
Des étudiants manifestent contre la réforme de l'accÚs à l'enseignement supérieur, le 10 avril 2018 devant la Sorbonne, à Paris

La Sorbonne, symbole de la contestation estudiantine en Mai 68, Ă©vacuĂ©e et fermĂ©e, des prĂ©sidents d'universitĂ© "sous pression extrĂȘme": le mouvement d'opposition Ă  la rĂ©forme de l'accĂšs Ă  l'enseignement supĂ©rieur se durcit mais sans s'Ă©tendre.


Quatre universités (sur environ 70 au total) sont entiÚrement bloquées ou fermées et dix sites universitaires (sur 400) connaissent de sérieuses perturbations (blocages, occupations, etc.), selon le dernier comptage du ministÚre de l'Enseignement supérieur, en date de vendredi. La situation est fluctuante et évolue de jour en jour.
La ministre Frédérique Vidal, dont la réforme est accusée par ses détracteurs d'instaurer une "sélection" à l'entrée à la fac, s'est rendue dans l'aprÚs-midi à l'université de Cergy-Pontoise, en région parisienne, qui n'est pas perturbée.
Sur place, elle a jugĂ© "important de ne pas apporter de la violence Ă  la violence". Elle a distinguĂ© "les AG oĂč l'on dĂ©bat, et c'est normal" et celles qui deviennent "des lieux de mise en scĂšne, d'affrontement et des lieux de violence".
Dans ce contexte, "les prĂ©sidents ont un travail extrĂȘmement difficile Ă  faire. Ils sont sous une pression extrĂȘme", a-t-elle dĂ©clarĂ© Ă  France Culture. Ils "estiment la dangerositĂ© de ce qui est en train de se dĂ©rouler" et, lorsqu'ils pensent "qu'il peut y avoir des risques, ils doivent faire appel aux forces de l'ordre", a-t-elle ajoutĂ©.
Jeudi soir, la Sorbonne, bùtiment co-géré par le rectorat de Paris et deux universités, a été évacuée sur ordre du recteur. Quelque 200 étudiants et militants opposés à la réforme Vidal avaient voté dans l'aprÚs-midi "l'occupation" de ce site emblématique de Mai 68, au c?ur du Quartier latin, selon le cabinet du recteur.
"AprÚs trois heures de négociations infructueuses", la police est intervenue et l'évacuation "s'est déroulée dans le calme et sans aucun incident", ont affirmé le rectorat et la préfecture.

- Tolbiac toujours occupé -

A Lyon, la présidence de l'université LumiÚre-Lyon-2 a fait intervenir vendredi à l'aube les forces de l'ordre pour évacuer des locaux du campus des Berges du RhÎne, occupés depuis la veille.
L'universitĂ© a dit regretter "profondĂ©ment" d'avoir eu Ă  prendre cette dĂ©cision. "Mais nous n'Ă©tions plus Ă  mĂȘme de satisfaire Ă  l'obligation qui est celle de l'Ă©tablissement d'assurer la sĂ©curitĂ© des personnes dans ses murs", a-t-elle expliquĂ©.
Une mesure qui a suscité les protestations de l'union départementale de la CGT du RhÎne.
D'autres sites ont Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©s ces derniers jours, dont Nanterre, qui a rouvert au lendemain d'une intervention jugĂ©e "musclĂ©e" par les occupants, avant d'ĂȘtre Ă  nouveau bloquĂ©e.
Dans le sud-est de la capitale, l'université de Tolbiac, devenue en trois semaines d'occupation l'un des points chauds du mouvement, s'est préparée cette semaine à l'arrivée des forces de l'ordre. Le président de Paris-1 (dont dépend Tolbiac) avait en effet demandé l'intervention de la police, mais la préfecture avait refusé.
Georges Haddad, président de Paris-1, justifiait son appel à la police par "la gravité des violences" qui s'y étaient produites les jours précédents: projectiles lancés contre les occupants par des jeunes casqués et armés de battes de baseball, découverte de cocktails Molotov dans l'enceinte du bùtiment.
Cette demande d'intervention reste valable, selon une décision du tribunal administratif rendue jeudi.
Par ailleurs, le président de l'université Grenoble Alpes (UGA) Patrick Lévy a annoncé vendredi la tenue d'un vote électronique à la rentrée afin qu'étudiants et personnels s'expriment sur les blocages.
A Marseille, le bùtiment principal de la faculté des sciences Saint-Charles à Marseille était bloqué vendredi. Les bùtiments annexes, dont les accÚs étaient bloqués la veille, étaient en revanche de nouveau accessibles.
Jeudi lors de son interview sur TF1, Emmanuel Macron a mis en cause "agitateurs professionnels" et "professionnels du désordre". "Les étudiants, s'ils veulent avoir leurs examens en fin d'année, c'est mieux de les réviser, parce qu'il n'y aura pas d'examen en chocolat dans la République", a averti le chef de l'Etat.

2018 AFP

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