Objectif vendredi: le Conseil des ministres adopte lundi le projet de loi comportant les nouvelles mesures anticoronavirus, dont l'extension du pass sanitaire, avant un examen au pas de charge cette semaine par le Parlement, sous la pression de la reprise de l'épidémie de Covid-19.
Le texte est prĂ©sentĂ© alors que les Français ont, sans attendre la loi, dĂ©jĂ repris massivement le chemin des vaccinodromes. Il sera discutĂ© dans la semaine tandis que la colĂšre des anti-pass sanitaire monte, comme ils l'ont manifestĂ© samedi, et que les mauvais chiffres sanitaires se multiplient. Le nombre de nouveaux cas quotidiens a bondi, selon les chiffres publiĂ©s dimanche par SantĂ© publique France, Ă un moment oĂč le gouvernement tirait la "sonnette d'alarme" face Ă cette recrudescence.
L'agence sanitaire a fait Ă©tat de 12.532 cas dĂ©tectĂ©s en 24 heures, le niveau le plus Ă©levĂ© pour un dimanche depuis mi-mai. Une semaine aprĂšs les annonces d'Emmanuel Macron, sur lesquelles le chef de l'Etat joue une bonne partie de son crĂ©dit en vue de l'Ă©lection prĂ©sidentielle de 2022, le projet de loi doit ĂȘtre adoptĂ© dans la matinĂ©e en Conseil des ministres.
- Record d'injections -
Les mesures fortes du texte --vaccination obligatoire pour les soignants et extension du pass sanitaire (prouvant la vaccination complÚte, un test négatif récent ou l'immunisation) pour accéder aux trains ou aux bars et restaurants notamment-- sont soutenues par une grande majorité de la population.
L'objectif, partagĂ© dans d'autres pays europĂ©ens confrontĂ©s Ă la propagation fulgurante du variant Delta du coronavirus, est de relancer massivement la vaccination et d'Ă©viter qu'une quatriĂšme vague Ă©pidĂ©mique n'entraĂźne un retour de mesures de confinement ou de couvre-feu au moment oĂč l'Ă©conomie repart.
Les Français n'ont pas attendu la loi: un record de 879.597 injections a Ă©tĂ© atteint vendredi. Le projet de loi doit ĂȘtre prĂ©sentĂ© mardi en fin de journĂ©e en commission Ă l'AssemblĂ©e nationale, avant l'hĂ©micycle le lendemain.
Ce sera jeudi au tour du Sénat, dominé par la droite, en vue d'une adoption définitive d'ici la fin de la semaine, au bout de la session extraordinaire de juillet.
Députés et sénateurs pourraient assez rapidement tomber d'accord sur ce texte qui fait l'objet sur ses principes d'une assez large approbation, hormis La France insoumise et le Rassemblement national.
Cependant dans le détail des mesures, les élus de gauche, de droite et également de la majorité présidentielle comptent chercher le meilleur équilibre entre protection de la population et restriction des libertés.
- Convaincre les dubitatifs -
Face à ces mesures, une mobilisation plus forte qu'attendue des antivaccins s'est manifestée ces derniers jours. Le ministÚre de l'Intérieur a compté samedi 136 rassemblements ayant réuni 114.000 personnes, dont 18.000 à Paris, pour protester contre l'extension du pass sanitaire et la "dictature" qu'elle représente pour certains.
En tĂȘte de cortĂšge figuraient Ă Paris l'ex-numĂ©ro 2 du Front national Florian Philippot et le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan --tous les deux candidats Ă la prĂ©sidentielle-- mais aussi le chanteur Francis Lalanne ou encore la dĂ©putĂ©e ex-LREM covidosceptique Martine Wonner --Ă©vincĂ©e du groupe parlementaire LibertĂ©s et territoires pour avoir appelĂ© les manifestants Ă "envahir les permanences" des autres dĂ©putĂ©s.
Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a qualifié ces manifestants anti-vaccins de "frange capricieuse et défaitiste, trÚs minoritaire, qui se satisferait bien de rester dans le chaos et l'inactivité", dans un entretien dimanche au quotidien Le Parisien. Il leur a opposé "la France laborieuse et volontariste, qui veut mettre le virus derriÚre elle et travailler".
Mais entre les convaincus et les plus hostiles, "il y a évidemment des Français qui doutent sincÚrement, à convaincre", a admis le porte-parole du gouvernement, appelant chacun des 37 millions de vaccinés à l'y aider, "dans son cercle familial, amical ou professionnel".
AFP


